Crête des Éparges : Chronologie de la guerre des mines – Journal de marche des compagnies de pionniers-mineurs 329/330

Développement de la guerre des mines sur Combres.

Aux Archives fédérales (Bundesarchiv), section des archives militaires (Abt. Militärarchiv) à Fribourg-en-Brisgau (Freiburg i.Br.), est conservé un ouvrage jusqu’à présent inaperçu, parvenu uniquement sous forme de copie en noir et blanc, qui met en lumière et permet d’étudier, comme aucun autre, les événements de la guerre des mines sur la Crête des Éparges du point de vue allemand : le journal de marche des compagnies de pionniers-mineurs 329 et 330. Le document fait partie d’un ensemble de documents provenant des possessions de l’ancien chef de compagnie, Hauptmann d.R. (capitaine) Hans Barry. Les deux compagnies, aux côtés de diverses troupes de pionniers changeant au fil du temps, ont été pour l’essentiel responsables de la conduite de la guerre des mines sur la Crête des Éparges pendant toute la durée de la guerre.

L’ouvrage, rédigé à la main en écriture Sütterlin/Kurrent, est reproduit ci-dessous en termes modernes. Y sont incorporées diverses informations complémentaires, des photos, des extraits de cartes et des croquis de positions.

Crête des Éparges, compagnie de mineurs de la 10. I.D., appartenance
Crête des Éparges, compagnie de mineurs de la 10. I.D. (10e division d’infanterie), appartenance
Crête des Éparges, compagnie de mineurs de la 10. I.D., rôle d'effectifs de guerre
Crête des Éparges, compagnie de mineurs de la 10. I.D. (10e division d’infanterie), rôle d’effectifs de guerre

(Introduction)

Déjà avant la constitution de la compagnie de mineurs de la 10. I.D. le 3 juin 1915 (3.6.15), les travaux de minage ont commencé des deux côtés.

Ainsi eut lieu le 18 février la première explosion de la 2e compagnie du 5e bataillon de pionniers (2 Pi. 5.) avec 8 quintaux (Ztr.) de munitions, plutôt au milieu du mont Combres. Par la suite également, le minage a été poursuivi par les 2e et 3e compagnies du 5e bataillon de pionniers (2. u. 3. Pi. 5.). Globalement, il s’agissait de plus petites explosions tant du côté français que du côté allemand, afin de se tenir l’adversaire à distance.

En mai 1915, cependant, la garnison de tranchée ainsi que les quelques galeries exploitées par la 2e compagnie de réserve du IIe bataillon de pionniers 16 (2. Res.-Komp. II. Pion.Batl. 16 – (16e bataillon de pionniers)) ont constaté de nombreux travaux de minage français. On en vint à la ferme conviction que le minage des Français ne servait pas à des fins défensives, mais que l’ennemi planifiait une attaque par mines contre notre position, principalement dans la région du point H.

Pour y faire face, la compagnie de mineurs fut constituée le 3 juin 1915 (3.6.15). Cette compagnie, qui lors de sa création avait un effectif combattant à peine de 150 hommes, se trouva confrontée à des difficultés considérables. Pour sécuriser une longueur de tranchée de 500 m, il n’y avait que 13 galeries d’attaque, dont 8 seulement avaient poussé leurs travaux jusqu’à plus de 8 m en avant de notre tranchée. De plus, il faut considérer que les galeries G, H et I, en tant que trois galeries situées le plus à l’est du point H, ne pouvaient pas entrer en ligne de compte pour la sécurisation du secteur le plus menacé (au milieu de l’actuel secteur 16). Ces galeries ne pouvaient pas non plus être exploitées par manque d’hommes. Elles ne servaient par conséquent qu’à des essais d’écoute régulièrement effectués.

Crête des Éparges, panorama depuis le poste d'observation du clocher d'Hannonville-sous-lès-Côtes, section de mensuration 2 (Verm.Abt. 2), détachement d’armée Strantz (A.Abt. Strantz), 17 juin 1915
Crête des Éparges, panorama depuis le poste d’observation du clocher d’Hannonville-sous-lès-Côtes, section de mensuration 2 (Verm.Abt. 2), détachement d’armée Strantz (A.Abt. Strantz), 17 juin 1915

Parmi les 10 autres galeries, seules 5 galeries (U2, E1, F1, E2 et C) auraient alors pu pousser leurs travaux jusqu’à environ 8 m ou parfois un peu plus en avant de notre première ligne. Lorsque l’ennemi détruisit ensuite notre galerie E1 par une explosion le 4 juin (4.6.) et que nous rendîmes inutilisable la galerie D2 le 10 juin (10.6.) par notre propre explosion pour sécuriser une longueur de tranchée de 180 m, au milieu de laquelle se trouvait approximativement le point H extrêmement menacé, il ne resta en tout que 3 galeries (D2, E1 et F1). De plus, les galeries A1 et A2, qui se trouvaient sur l’aile droite du secteur 16 et donc en dehors du système de mines français, ne pouvaient plus entrer en ligne de compte pour des contre-opérations.

Le Français nous était à cette époque de loin supérieur dans la guerre de mines ; c’est ainsi que l’on constata par exemple, devant les trois galeries C2, E1 et F1, 5 chantiers ennemis. Dès le deuxième jour de la constitution de la compagnie de mineurs, l’adversaire détruisit également cette galerie pour nos besoins par la 1re explosion devant E1.

Cette explosion fut suivie au cours du mois de juin par 4 autres, à savoir le 17 juin une respectivement en C1 et C2, le 21 juin à nouveau une en C2 et le 29 juin enfin encore une en E1. Comme contre-mesure à ces 5 explosions françaises, nous ne pûmes réaliser que 3 explosions, ainsi le 10 juin la 1re devant C2, le 14 juin celle devant C1 et le 24 juin celle devant (laissé en blanc).

Crête des Éparges, système de positions allemand et terrain de cratères, 1916
Crête des Éparges, système de positions allemand et terrain de cratères, 1916

Au mois de juillet suivant, les explosions françaises atteignirent leur point culminant et probablement aussi leurs derniers succès majeurs. Il ne restera plus qu’à mentionner ici qu’en un seul cas, il fut donné à l’adversaire de nous surprendre et de nous infliger quelques dommages. Le 20 septembre, jour où le Français en E nous avait déjà dépassés de 10 m et fit immédiatement sauter [la mine] après que nous l’avions perçu vers le 26 août précédent. Nos 4 explosions, dont 2 ne consistaient qu’en une charge de 7 quintaux, servaient uniquement à la défense. Le 11 juillet, les galeries françaises étaient parvenues à un point tel que, du côté ennemi, on pouvait espérer le succès par l’explosion des galeries les plus longues. Le 11 juillet eurent alors lieu 4 fortes détonations françaises, suivies d’une attaque d’infanterie. Comme l’intention ennemie avait cependant été reconnue dès le 8 juillet et que des contre-mesures avaient été prises, ces entreprises restèrent sans aucun succès.

Crête des Éparges, Combres-Ost, août 1916
Crête des Éparges, Combres-Ost, août 1916

Par ces vastes et importantes explosions, le Français had cependant aussi détruit ses meilleures galeries, il dut recommencer depuis le début et était arrivé au point où nous en étions à cette époque.

Certes, nous étions devenus plus riches de deux expériences : d’une part, par le fait que l’on court le risque, en procédant trop tôt à ses propres explosions, de détruire ses propres galeries. Si la longueur de ses propres galeries est encore insuffisante, on doit laisser l’ennemi procéder aux explosions, attendre soi-même et accepter calmement lors d’une explosion ennemie que ses propres galeries soient quelque peu détruites ou que les tranchées soient arasées. La seconde expérience est que les explosions par écrasement causent dans la très grande majorité des cas plus de dommage à ses propres galeries qu’aux ennemies.

Le mois d’août suivant prouva l’exactitude de cette hypothèse, à savoir que le Français avait détruit ses propres galeries par ces explosions.

Si le mois d’août s’écoula assez calmement en ce qui concerne les explosions, l’ennemi était pourtant affairé de manière fébrile au déblaiement de ses galeries, tandis que nous poussions nos galeries en avant de manière accélérée. De cette manière, nous nous rapprochâmes progressivement à une distance inquiétante, tout en évitant toute explosion. Même dans la galerie S, où nous étions passés à 8 m sous l’adversaire, on continua à travailler, fût-ce avec toute la prudence voulue, jusqu’à ce que le Français y fasse sauter [une mine] le 23 août sans aucun succès. Notre attitude d’attente s’était ici brillamment avérée et nous avait procuré un avantage face à l’adversaire, même si l’on fit à nouveau sauter [une mine] au même endroit le 4 septembre sans succès notable. Malgré ces deux explosions par écrasement de l’ennemi, notre galerie était enfin parvenue le 15 septembre à un point tel qu’on pouvait y placer avec avantage une charge plus importante. Le 14 septembre, la charge fut mise à feu et eut un plein succès. À partir de ce moment, le Français fut définitivement relégué au second plan, même si l’explosion du 21 septembre en E1 pouvait laisser croire que l’adversaire n’était pas encore repoussé en tous points. Il s’agissait sans aucun doute pour cette explosion française d’une galerie ajournée depuis longtemps, car malgré l’occupation constante de cette galerie, l’ennemi y fut perçu tout à fait soudainement et pour la première fois.

L’explosion eut lieu dès le lendemain. Quelques explosions ennemies attendues eurent encore lieu devant E2 et C1, et ce à une telle distance de notre ligne qu’aucun dommage important ne pouvait en résulter. Des mesures de précaution avaient néanmoins été prises à temps.

Pendant cette période d’explosions françaises, nos galeries avaient toutes progressé au point que nous pouvions passer à l’attaque par mines. Cette attaque devait être menée simultanément sur deux points d’attaque avec deux échelons différents, un premier et un second échelon. Les galeries du premier échelon avaient été amorcées sur la première ligne, étayées en bois de revêtement et poussées avec de fortes pentes pour gagner une profondeur suffisante. Elles présentaient toutes l’inconvénient d’être très exposées au feu de l’artillerie ennemie. Le transport des déblais était extrêmement pénible et les déblais eux-mêmes très difficiles à loger dans la tranchée. L’espace de travail au front de taille était limité et, de plus, le front de taille était inondé par temps de pluie.

Hauteur de Combres, Combres-Est, septembre 1916
Hauteur de Combres, Combres-Est, septembre 1916
Hauteur de Combres, versant sud, secteur 16, milieu 1916
Hauteur de Combres, versant sud, secteur 16, milieu 1916

Les galeries C2 et C3 du 2e échelon partaient de l’abri de rassemblement inférieur et furent creusées en grande section (150 x 180) de manière rectiligne et horizontale.

En raison de l’espace de travail plus grand au front de taille, le travail à l’explosif put être utilisé. Les déblais furent évacués à l’aide de wagonnets et jetés sur le terril devant l’entrée de la galerie.

Les galeries devaient certes devenir plus longues, mais en contrepartie les rendements augmentèrent du double au quadruple. Aux deux galeries C2 et C3 s’ajoutèrent bientôt C4, C5 et C6, puis les galeries U1, U2, U3, R et S reprises par la 1. Komp. II. Pion. 16.

Après avoir pris le dessus sur l’aile droite du secteur 16, le Français déplaça son activité d’attaque sur l’aile gauche du secteur 16 et au-delà, jusqu’en face de nos galeries C – S.

Mais ici aussi, ses travaux ne restèrent pas seulement sans succès, il y fut également repoussé. Avec la progression du 2e échelon, le premier échelon fut progressivement abandonné et, le 11 juillet 1916, lorsque le 2e échelon fut en service, dont les galeries étaient avancées au point que notre position dans les secteurs 16 et 17 semblait assurée, la dernière galerie R1 fut également mise à sautée avec un beau succès. À partir de ce moment, seul le 2e échelon resta en service, dont les galeries étaient avancées au point que l’on pouvait envisager sereinement les contre-travaux ennemis en tous points des secteurs 16 et 17.

Hauteur de Combres, installation de guerre de mines de Combres-Ost, fin septembre 1916
Hauteur de Combres, installation de guerre de mines de Combres-Ost, fin septembre 1916

Août 1916.

Le 3 juin 1915, une compagnie spéciale fut formée pour les travaux de mines sur la hauteur de Combres, qui reçut le nom de Bergmannskompagnie 10. ID. Elle était composée de mineurs du V. A.K. Sur demande adressée au ministère de la Guerre d’officialiser la compagnie, les compagnies de pionniers (de mineurs) indépendantes nos 329 et 330 furent formées à partir de la B.K. du 10. A.K. en date du 11 août 1916. La direction supérieure pour les affaires techniques est conservée par Hauptmann Karau, qui est en même temps chef de la comp. 329. Comme chef de la comp. 330 est nommé Leutnant d. L. (sous-lieutenant) Blau, qui, le 14 août, est transféré à l’hôpital militaire de Jarny des suites d’une maladie. L’intérim du commandement de la compagnie est assuré par le Lt.d.R. Schmieding.

Le journal de marche tenu par la Bergmannskomp. reste auprès de la comp. 329. Les galeries de combat de la B.K., à l’exception de U1 et U2, restent également à la comp. 329.

La comp. 330 übernimmt am 19. Aug. sämtliche Kampfstollen der 1. Res. Pi. 16 im Abschn. 17 und die beiden U-Stollen, die komp. die Kampfstollen U1, U2, U3, R, S und P besitzt. Die Lage der Stollen ist aus dem beiliegenden Stollenplan zu ersehen.

Le but de ces galeries de combat est de faire sauter l’adversaire du Storchnest, c’est-à-dire le point culminant de la Crête des Éparges, afin de lui ôter l’observation depuis cet endroit. Pour cette raison, un projet de galerie, le soi-disant projet du Storchnest, a été conçu par les Offz. de la B.K. (voir plan 2). Pendant la période d’élaboration du projet, les galeries n’ont pas été creusées par la 1. Res. Pi. 16 dans le sens prévu par le projet, de sorte que diverses modifications ont dû être apportées lors de l’exécution technique, comme le montre le plan 3.

U1 et U2 restent prévus comme initialement.

U3 ne devait initialement pas être bifurqué. Mais des difficultés importantes s’étant présentées dans le prolongement de la galerie P, celle-ci ne fut plus considérée que comme galerie d’écoute et l’emplacement de la chambre de mine prévue fut abordé depuis U3-l. La distance entre U2 et U3 nécessita également la galerie U3-rechts.

Officiers mineurs mettant à feu une mine, lieu inconnu, 1916
Officiers mineurs mettant à feu une mine, lieu inconnu, 1916

La galerie S est également bifurquée pour soulager la galerie R, qui ne reçoit maintenant elle aussi qu’une seule bifurcation. Une modification supplémentaire du projet a dû être effectuée parce que le Français a abandonné la partie droite de sa position. Elle a été occupée par nous. La conséquence fut que nous avons tracé une seconde parallèle à l’axe du col, ce qui a rallongé toutes les galeries d’environ 30 m.

Le 19 août, toutes les galeries sont occupées par la Komp. 330. C’est également ce jour-là que s’effectue la division proprement dite de la B.K. La Komp. est divisée en 4 équipes, le temps de travail est de 8 heures. Comme il y a un manque de chefs de section indépendants, le porteur d’épée le plus ancien, quelle que soit la Komp., est responsable des deux secteurs.

Dans toutes les galeries, on a commencé un nettoyage approfondi (drainage), qui s’est étendu, à l’exception de U1 et U2, jusqu’au 1er septembre. Le 20 août, 3 équipes ont été requises pour le chargement de C4 à droite depuis PMK 329.

O. U., 1. 10. 16
Pour l’exactitude :
I.A.
Schmieding,
Lt. et Komp.Führer.

Combreshöhe, 3 octobre 1916
Combreshöhe, 3 octobre 1916

Septembre 1916.

Au cours du mois de septembre, toutes les galeries sont prolongées, à l’exception de la galerie P, qui n’est plus envisagée que comme galerie d’écoute, et de la galerie R, dont le nettoyage se prolonge jusqu’à la fin du mois. La galerie U2 est mise en état de fonctionnement.

Le 2 sept., tous les Uffze. de la Komp. participent aux travaux de secours dans le Blauschachtstollen, où des gaz toxiques ont été rencontrés. Quatre braves pionniers y ont trouvé une mort héroïque. Les travaux de secours sont dirigés par le Leutnant Göbel, qui contracte une grave intoxication par les gaz.

L’abri pour chefs de section approuvé par la Div. dans le Combrestunnel est commencé. Le 3, tout le monde de la Komp. est requis pour le chargement et le bourrage du front de taille de la galerie C3.

6 sept. Le Leutnant Göbel obtient un congé de convalescence de 28 jours pour rétablir sa santé.

7 sept. La galerie U3-rechts est commencée.

9 sept. U3-links est commencé. Étant donné que le front de taille de la galerie U3 a atteint sa longueur prescrite, on commence le creusement de la chambre de mine.

Combres-Tunnel, secteur 16, septembre 1916
Combres-Tunnel, secteur 16, septembre 1916

Le 20 sept., l’Offz.Stellv. Rössel se foule le pied droit et est indisponible comme chef de section pour la Komp. Les 26 et 27, le personnel est de nouveau requis pour le chargement du puits C2 (puits Göbel).

Le 28, C5-rechts est chargé et bourré par le Lt. Schmieding, pour quoi trois équipes de la Komp. ont également été requises.

La chambre de mine de U1 est achevée.

O.K. 1.10.16.
Pour l’exactitude
I.A.
Schmieding,
Lt. et Komp.Führer.

Hauteur de Combres, galerie de sécurité pour le Rössinggraben
Hauteur de Combres, galerie de sécurité pour le Rössinggraben

Octobre 1916.

Au cours du mois d’octobre, toutes les galeries ont été prolongées pour la réalisation du projet de galerie. Les résultats d’écoute à U1-Ort ont été négatifs.

Le 28.10., U3-Ort a été suspendu à la longueur prévue de 220 m.

Sur ordre supérieur, plus aucune chambre de mine n’a été creusée jusqu’à nouvel ordre. Ici aussi, on a écouté quotidiennement au moyen de l’appareil d’écoute.

Dans U1-links, il manque encore environ 5 m pour atteindre la longueur finale de 112 m.

P a été utilisé exclusivement comme galerie d’écoute.

R et S ont été poussés en avant de manière accélérée. À partir de S, un tronçon a été dévié vers la droite.

Pour avoir une sécurité pour le Rössing-Graben (voir croquis), on a dévié le 27.10. dans la galerie R à 150 m un tronçon vers la gauche, qui longe approximativement la ligne de fuite 345 et aura une longueur d’environ 55 m.

Le 12 oct., l’équipe de midi a ouvert dans U2, à 160,5 m (95 m en avant de notre position de combat), une faille d’où se sont écoulées des quantités d’eau considérables. La galerie se trouvait à environ 30 cm sous l’eau au front de taille. Comme il n’y avait pas de couche aquifère, on a supposé qu’il y avait à proximité une grande cavité, peut-être une galerie. Il s’écoula plusieurs jours d’extraction d’eau et de boue. Ce n’est que le 16 oct. au matin que l’on put reprendre le travail au front de taille.

En démolissant la roche éboulée, il s’ouvrit un trou menant à une galerie française qui avait été creusée au grand profil (hauteur 160, largeur libre en haut 1,10, en bas 1,40) et étayée avec du bois carré. Les parements étaient très proprement étayés avec des planches découpées. La galerie avait été creusée avec une pente de 18° et mesurait 23 m de long. À l’extrémité opposée se trouvait un puits vertical dont la partie inférieure était éboulée. Vers la droite et vers l’arrière, des chambres y étaient raccordées, l’une pour une pompe, l’autre pour un treuil à main. En outre, un wagonnet d’argile Lettenton, des pics, des lampes, des amorces, des rails, des marteaux, des setzrages et des tuyaux ont été récupérés.

La galerie a été reconnue jusqu’au puits par Hauptmann Karau, Lt. Häusgen et Uffz. (sergent) Kebler.

Tunnel de Combres, secteur 17, galerie U, septembre 1916
Tunnel de Combres, secteur 17, galerie U, septembre 1916

Sous la protection d’un poste double au puits français, le trou de percement a été agrandi et l’on a commencé à dégager le puits éboulé. On a ensuite tenté de creuser le puits vers le haut afin de récupérer le plus possible de la galerie française. Au cours d’une pause d’écoute intercalée, Lt. Schmieding, Vzfw. (adjudant) Krebber et Uffz. Schreiber ont alors constaté de manière indiscutable des travaux ennemis au-dessus du puits, à savoir qu’on entendait clairement des circulations de wagons et des bruits de caisses (les phénomènes typiques des préparatifs d’une explosion).

Sur l’ordre du Kdr d. P. 14. bay. I.D. (14e division d’infanterie bavaroise), les travaux dans le puits français ont alors été suspendus et une ligne ainsi qu’un appareil d’écoute ont été installés au bas du puits. Pour barrer la route à une éventuelle explosion française, un barrage étanche aux gaz a été mis en place et une garde d’1 Uffz., 8 hommes a été postée dans la galerie.

Notre intention était d’amener l’ennemi à déclencher une explosion par compression afin de gagner du temps pour préparer notre propre explosion. Pour cette raison, on fit du bruit de temps en temps au bas du puits et des coups de mine furent également tirés. Le Français semblait attendre un moment plus propice et ne fit pas sauter la mine.

Hauteur de Combres, explosion du 19.10.1916, Bayern-Trichter
Hauteur de Combres, explosion du 19.10.1916, Bayern-Trichter

Le 18 oct. à midi, Lt. Schmieding reçut l’ordre de charger la galerie française.

Le 19 oct. à 17 h 30, elle fut mise à feu. Le résultat fut très bon.

Selon le rapport d’un Pion.Offz., 2 entonnoirs s’étaient formés. L’allemand avait environ 60 m de diamètre et 18 m de profondeur, le 2e se trouvait en direction du nord-est et était plus petit. Entre les deux, un pont de 7 à 10 m est resté intact.

L’infanterie occupa le versant sud du premier entonnoir, qui se trouve à environ 100 m en avant de notre ligne de première ligne.

Pour cette belle performance, des éloges ont été adressés à la compagnie ainsi qu’au P.M.K. 329 par la 14. bayr. I.D. et 90 M ont été octroyés sur les fonds de la division.

Cette explosion semble avoir fortement irrité l’adversaire, car depuis ce jour-là, le tir d’artillerie s’est fortement accru. Toutes les bouches de galerie sont constamment sous le feu, de sorte que l’acheminement de matériel de construction est extrêmement difficile.

Le 19 oct., Oberleutnant (lieutenant) Barry du F.A.R. 76 (76e régiment d’artillerie de campagne) arriva auprès de la compagnie et prit le commandement.

Le 20 octobre, le Lt. Blau est rentré de son congé de détente et a rejoint la P.M.K. 329 le 21 ; à sa place, le Lt. Vecqueray de la compagnie 329 a été muté à la compagnie 330.

Le 27 octobre à midi, la compagnie a été mise en alerte pour 15 h 00 par le Kdr. des pionniers de la 14e division d’infanterie bavaroise. À 15 h précises, la compagnie était prête à faire mouvement avec tous ses véhicules. Après une brève présentation, la compagnie est rentrée dans ses cantonnements.

Le 28, l’Offz.Stellv. Röstel est rentré d’un congé de 14 jours.

Pour l’instruction de la compagnie dans tous les types d’exercices, un service était prévu chaque après-midi à partir du 20 octobre.

Pour l’observation de la pente nord de la Combreshöhe, un poste d’observation d’officiers a été établi dans la plaine (poste Früh) avec la participation des officiers du 330.

Pour l’instruction équestre des jeunes officiers des formations de pionniers, des cours d’équitation ont été fixés tous les deux jours sous la direction de l’Obltn. Barry.

O.K. 1er novembre 1916
Pour l’exactitude :
Barry
Oberleutnant u Komp.Führer

Crête des Éparges, 1er novembre 1916, longueurs et profondeurs des galeries de combat, effectif de la compagnie
Crête des Éparges, 1er novembre 1916, longueurs et profondeurs des galeries de combat, effectif de la compagnie

Novembre 1916.

Après que la galerie U1-l eut atteint 112 m, les travaux y furent d’abord suspendus le 9 novembre, puis repris le 17 afin de la ramener à la même hauteur que U-Ort. Elle a atteint une longueur définitive de 123,50 m le 4 décembre et, à partir de ce moment, tout comme la galerie achevée U-Ort, elle a d’abord été utilisée uniquement comme galerie d’écoute.

Après l’explosion qui avait eu lieu le 19 octobre dans U2, les travaux de déblaiement de cette galerie ont été immédiatement menés énergiquement et, tout d’abord, les sacs de sable utilisés pour le bourrage ont été récupérés, dans la mesure où ils n’étaient pas écrasés. Lors de la progression ultérieure, le bourrage s’est toutefois révélé si fermement comprimé qu’il a fallu creuser une autre galerie à droite de la première. Lorsque la galerie eut atteint une longueur de 185 m, des travaux ennemis ont été entendus le 29 novembre 1916 par le Vzfw. Siebert à gauche du front de taille, à une distance estimée à environ 15 – 20 m. Les travaux se trouvant apparemment plus bas que le front de U2, la galerie a d’abord été poussée très laborieusement en direction des travaux ennemis. L’eau de pluie s’infiltrant par l’entonnoir a rendu nécessaire l’aménagement de plusieurs puisards, d’où les infiltrations ont pu être maîtrisées sans effort en les évacuant à bras.

U3-Ort had bereits seine endgültige Länge… wait, U3-Ort avait déjà atteint sa longueur définitive de 220 m et n’était plus utilisé que comme galerie d’écoute. De minimes quantités d’eaux d’infiltration se sont également manifestées dans cette galerie. U3-r a atteint au cours du mois de novembre une longueur de 56 m et a été aménagé au profil moyen avec des cadres de 1,60 x 0,80. Cette galerie aura vraisemblablement atteint sa longueur totale de 87 m au cours du mois suivant.

U3-l a été creusé jusqu’à 56 m, puis élargi sur 3 mètres supplémentaires en forme de chambre de mine. Les 16 premiers mètres sont au grand profil, les 40 derniers au petit profil. Les arrivées d’eau survenant également dans cette galerie ont pu être maîtrisées sans difficultés.

S-Ort a été amené au grand profil à une longueur de 175 m jusqu’au 29 novembre, puis réduit au profil moyen. Le 6 novembre, la galerie S-Ort a été ramifiée à 148 m et la nouvelle galerie S-r a été creusée jusqu’à 20 m de longueur au grand profil, et à partir de là au profil moyen. Les deux galeries S reçoivent une pente modérée pour surmonter l’épaisse couverture de terrain.

R-Ort a atteint en novembre une longueur de 179 m, dont les 175 premiers mètres sont étayés par un boisage de porte et le reste a été creusé au profil moyen en boisage par cadres.

R-l avait été commencé dans les derniers jours d’octobre et se trouvait à 25 m fin novembre. Les 20 premiers mètres sont creusés au grand profil avec un boisage de porte et les mètres suivants au profil moyen en boisage par cadres. Les deux galeries R opposent des difficultés considérables au forage, car les interstratifications concernées par les travaux de forage sont argilo-quartzeuses, avec des inclusions quartzeuses solides. En outre, la roche est constituée principalement de trois bancs de pierre très fermes, fortement quartzeux, et est très aquifère.

Dans toutes les galeries, nous profitons des expériences de l’hiver 1915-1916, qui nous ont enseigné à creuser continuellement toutes les galeries avec une pente régulière et à poser immédiatement des rigoles d’évacuation d’eau.

Irrité par l’explosion effectuée le 19 octobre dans U2, qui avait détruit une galerie ennemie touchée, l’adversaire a entamé dès le début du mois de novembre une activité de minage soutenue devant le secteur 17. Les tirs de mine, perçus plus rarement dans la première moitié du mois, sont devenus de plus en plus fréquents et ont été constatés dans toutes les galeries du secteur 17. Comme le travail de tir ennemi augmentait de plus en plus dans la seconde moitié de novembre, des observations approfondies ont été menées les 21 et 22 novembre et, à cette fin, l’ensemble des travaux dans les secteurs 16 et 17 a été suspendu. Le nombre de tirs de mine ennemis pendant cette période a été établi à 42 et 54 coups respectivement grâce à une écoute attentive dans toutes les galeries.

Crête des Éparges, Combres-Est, fin octobre 1916
Crête des Éparges, Combres-Est, fin octobre 1916

Pendant cette période, des postes en surface ont surveillé avec précision les tirs sur la hauteur de Combres afin de prévenir toute erreur. Les 23, 24 et 29 novembre, des officiers et des hommes de troupe ont pu constater de manière incontestable des travaux de mine ennemis à l’aide d’outils de retranchement devant la galerie U2. Concernant la distance et l’altitude des tirs ennemis ainsi que des travaux de mine, les hypothèses des équipes d’écoute divergeaient fortement, de sorte que l’emplacement des travaux ennemis ne pouvait être fixé avec une précision absolue. Selon l’estimation de l’Offz.Stellvertreter Röstel le 29 décembre, l’ennemi se trouverait à environ 20 m de U2, mais seuls les travaux futurs permettront d’établir un constat fiable.

Pour parer à toute éventualité, les 25 et 26 novembre, environ 500 quintaux d’explosifs ont encore été acheminés vers la hauteur de Combres et 400 quintaux ont été logés dans la galerie suspendue U1.

Le 11 novembre, l’Assist. Arzt Dr. Rother est revenu de l’hôpital militaire et a obtenu un congé de convalescence du 17 novembre au 30 novembre.

Pour des explosions réussies, le Ltn. Göbel a reçu le 29 novembre la Croix de fer de 1re cl.

Les hommes de troupe ci-après ont été décorés de la Croix de fer de 2e cl. :
Pionnier Albert Walenski, pionnier August Sawicki, pionnier Erwin Ruland, pionnier Louis Speczowins, pionnier Fritz Pälmer.

O.U., 1.12.16
Pour l’exactitude :
Barry
Hauptmann et chef de compagnie

Hauteur de Combres, 01.01.1917, longueurs et profondeurs des galeries de combat, effectif de la compagnie
Hauteur de Combres, 01.01.1917, longueurs et profondeurs des galeries de combat, effectif de la compagnie

Décembre 1916.

En décembre, les travaux de mine dans le secteur 17 ont pris un cours régulier, sans aucune perturbation du côté ennemi. Toutefois, l’adversaire a, comme auparavant, maintenu son activité de mine devant le secteur 17 en plein essor jusqu’à la dernière semaine du mois.

Des tirs de mines ennemis ont été constatés quotidiennement jusqu’au 23 décembre, puis jusqu’à la fin du mois une seule fois le 28 décembre. Le nombre initialement élevé de tirs de mines (jusqu’à 40 coups le 6 décembre) a diminué progressivement vers la fin du mois pour tomber à 2 coups, après quoi plus aucun travail ennemi n’a été intercepté à l’écoute. Ce phénomène laisse supposer que les galeries adverses ont été noyées en raison des pluies persistantes, car dans nos propres exploitations de galeries également, les conséquences du temps humide se font sentir de manière désagréable. La roche fortement perméable à l’eau ramollit et gonfle, ce qui fait que le boisage se déplace dans les galeries. Des forces considérables ont donc dû être mobilisées pour le drainage et l’entretien des galeries.

Des travaux ennemis avec des outils de retranchement n’ont pu être constatés qu’une seule fois au cours du mois, à savoir le 6 décembre entre 7 h 45 et 8 h 15 du matin dans U1.

Des travaux de mine ennemis avec des outils de retranchement ayant déjà été signalés les 23, 24 et 29 novembre devant U2, sans qu’il soit possible d’indiquer avec certitude et précision la position et la distance de ces travaux, un puits vertical de 8 m de profondeur a été amorcé à U3-r à une longueur de 50 m dans la paroi est, afin d’entreprendre de là, avec une nouvelle voie de fond, le minage en sous-œuvre des travaux ennemis. La chambre de treuil de 5 m et le puits eux-mêmes ont également été achevés au cours du mois de décembre, puis la nouvelle galerie de sous-œuvre U3-Schacht a été amorcée.

En décembre, U3-r et U3-l ont atteint des longueurs de 83,60 m et 58,20 m respectivement, puis les travaux ont été suspendus et elles n’ont plus été utilisées qu’à des fins d’écoute. Aucune chambre de mine n’a été construite pour le moment.

S-Ort et S-r ont été avancés dans le profil de cadre moyen de 1,60 x 0,80 m jusqu’à des longueurs de 214 m et 60 m respectivement, de même que R-Ort jusqu’à 207 m.

Le profil de cadre moyen s’étant avéré plus favorable à l’exploitation des galeries que le petit profil de 1,20 x 0,80 m jusqu’alors fréquemment utilisé, malgré ses dimensions plus importantes, les galeries ont été creusées à l’avenir uniquement dans le profil moyen jusqu’à leur longueur définitive.

La galerie R-l, avancée pour assurer la sécurité du Rössing-Graben, était initialement creusée jusqu’à 21,50 m en boisage de porte et à partir de là jusqu’à 34 m uniquement dans le profil de cadre moyen. Cependant, afin de pouvoir ultérieurement bifurquer R-l et l’utiliser comme galerie principale, les 13 derniers m ont été élargis aux dimensions du boisage de porte. La galerie a ensuite atteint une longueur de 42 m d’ici la fin décembre.

La 1. Res. Pi. 16 (1re compagnie de pionniers de réserve 16) ayant quitté le rattachement de la 19. Res.Div. (19e division de réserve) le 20.12.16, l’entretien et le drainage du tunnel Kaiser Wilhelm et des galeries de sortie correspondantes vers le sud, à savoir à partir de U1 jusqu’à l’extrémité du tunnel dans la hauteur de Herbeuville, ont été confiés à la Pionier-(Mineur-)Komp. 330 (compagnie de pionniers (sapeurs) 330). Pour ces travaux, 8 hommes de la 4. Landsturm-Pionier-Kompagnie (4e compagnie de pionniers du Landsturm) ont en outre été mis à la disposition de la Pionier-(Mineur-)Komp. 330. En raison de l’ampleur prise par les travaux, il a été provisoirement sursis, sur ordre du commandant des pionniers, à la poursuite du tunnel de contournement déjà amorcé entre les sorties 8 et 10.

Leutnant Göbel a été muté le 26 décembre au corps de troupes de remplacement à Mainz. Hauptmann Barry a obtenu un congé de convalescence de 14 jours du 26 décembre 1916 au 8 janvier 1917 et a été suppléé par le Leutnant Schmieding.

Le départ de 33 Unteroffizieren et hommes de troupe réclamés, qui ont dû être cédés pour les exploitations minières de la patrie sans qu’aucun espoir de remplacement de ces hommes ne puisse être donné, s’est fait sentir de manière très désagréable.

Longueurs et profondeurs, effectif de la compagnie, fin 1916
Longueurs et profondeurs, effectif de la compagnie, fin 1916

Pour des tirs de mine réussis, le Leutnant Schmieding a reçu le 21 décembre la Croix de Fer de 1re classe.

Ont été décorés de la Croix de Fer de 2e classe en décembre :
1.) Unteroffizier (sous-officier) Schwierziewski,
2.) Gefreiter (appointé) Bigos,
3.) Pionier Kampa.

En outre, ont reçu la Médaille de la Bravoure grand-ducale hessoise :
1.) Pionier Leichtweis, 2.) Pionier Stockum.

O.U., le 1er janvier 1917
Pour l’exactitude :
Barry
Hauptmann et chef de compagnie

Janvier 1917.

En janvier 1917, dans le secteur 17, hormis les travaux constants de réparation et d’assèchement ainsi que le service d’écoute régulier dans les galeries achevées U1, U2 et U3, on a travaillé principalement uniquement dans les galeries R et S et leurs galeries secondaires.

U3-l et le puits U3-Schacht n’ont été exploités que lorsque de la main-d’œuvre abondante était à disposition et ont été poussés au 31 décembre à une longueur de 64 m et 10 m respectivement.

Sur l’ordre de la 19. Res.-Division (19e division de réserve), une chambre de mine d’un volume d’environ 32 m³ a été construite à R-Ort à 207,30 m de longueur et le chargement a commencé. En raison des fortes arrivées d’eau, le fond de la chambre de mine a dû être muni d’un radier et le toit ainsi que les parois ont dû être revêtus de tôles et de carton goudronné.

Hauteur des Combres, explosion du 16 janvier 1917, entonnoir Graevenitz
Hauteur des Combres, explosion du 16 janvier 1917, entonnoir Graevenitz

Après la mise en place de la charge explosive de 350 Ztr. d’explosif le 7 janvier, on n’a tout d’abord posé qu’un bourrage de 5 m d’épaisseur, qui comportait sur la paroi droite une rigole d’eau en bois pour l’assèchement de la chambre de mine.

La charge explosive mentionnée avait à surmonter une couverture de terrain vierge de 22 m. Conformément à la taille de la charge, le bourrage définitif d’une longueur de 33 m, et ce désormais sans rigole d’eau, a été mis en place le 15 janvier, et la galerie a été achevée prête à être mise à feu jusqu’au 16 janvier.

Sur l’ordre de la division, la charge explosive a été mise à feu le 16 janvier à 17 h 45 depuis l’abri de secours.

L’explosion s’est déroulée parfaitement et l’exploration de la galerie de mine entreprise immédiatement après la mise à feu a montré que ni la galerie ni le bourrage n’avaient subi de dommages quelconques. On a donc immédiatement commencé le déblaiement du barrage, qui était resté intact sur une longueur de 8 m et a pu être enlevé sans difficultés.

L’entonnoir est circulaire, a un diamètre d’au moins 65 m et un bourrelet d’entonnoir d’environ 5 m de hauteur et de plus de 20 m de largeur. L’emplacement de l’entonnoir se trouve exactement à l’endroit où il devait être, un peu à l’ouest du point 351 sur la hauteur de la colline de la Grenade. La première tranchée française (9, 10, 11 et 15) est entièrement ensevelie, de sorte que l’adversaire, qui a occupé l’entonnoir contrairement à notre intention, a dû creuser une tranchée d’accès depuis l’ouest à travers le bourrelet de l’entonnoir.

L’explosion était liée à une entreprise de patrouille du Res.-Inf.-Rgt. 73 (73e régiment d’infanterie de réserve) et du 1. Res. Pi. 10 (1er bataillon de pionniers de réserve), qui nous a rapporté 12 prisonniers sans pertes. Du nouvel entonnoir dit « Grävenitz », on a pu encore ramener trois fois de suite 6, 13 et 6 prisonniers ainsi que 3 mitrailleuses. Le fait que ce ne soit pas nous, mais l’adversaire qui ait occupé l’entonnoir a rendu nécessaires de nouvelles mesures techniques de minage immédiates. La galerie sautée R-Ort a été immédiatement déblayée et se trouve actuellement de nouveau prête au chargement à son ancienne longueur avec une chambre de mine d’un volume de 10 m³ au milieu de l’entonnoir « Grävenitz ». Pour faciliter à l’infanterie l’occupation prochaine de l’entonnoir Graevenitz, une nouvelle explosion doit être préparée de part et d’autre, c’est-à-dire à l’est et à l’ouest de l’entonnoir Graevenitz. À cette fin, une chambre de mine d’un volume de 24 m³ a été tirée à l’est de l’entonnoir Graevenitz dans la galerie S-r à 78 m de longueur et cette galerie a également été rendue prête au chargement.

À l’ouest de l’entonnoir Graevenitz, une nouvelle galerie de combat R-l-1 a été amorcée le 20 janvier à partir de R-l à 50 m de longueur, laquelle a déjà atteint une longueur de 30 m. Après l’achèvement de ces travaux, elle devra ensuite être prolongée en direction de l’ouest parallèlement à la position en doigt française et servir de galerie pour d’autres galeries de combat à creuser vers la position en doigt. Dans quelques jours, cette galerie devrait elle aussi atteindre une longueur définitive d’environ 40 m, de sorte que l’on pourra également y commencer la construction de la chambre de mine.

Une nouvelle explosion de l’entonnoir Graevenitz apparaît indispensable, car les entreprises de patrouille ne permettent pas d’établir de manière certaine si et dans quelle mesure l’adversaire s’est déjà installé dans l’entonnoir et a préparé des contre-mesures contre une nouvelle explosion de notre part.

L’entonnoir est maintenu en tout temps sous un feu changeant d’artillerie et de minenwerfers, qui a coûté à l’adversaire, selon les déclarations des prisonniers, de nombreux morts et blessés. Par ailleurs, les galeries de combat du secteur 17 déjà prêtes au chargement ont été tenues en bon état et asséchées. Le service d’écoute a été poursuivi sur toute la largeur du secteur sans résultat. À différents jours, des munitions de mine ont été acheminées du dépôt de munitions de Hannonville vers le secteur 17.

Hauteur des Combres, explosions projetées en janvier 1917
Hauteur des Combres, explosions projetées en janvier 1917

Mis à part les tirs intenses sur les terrils (en particulier sur les terrils R et S) qui ont commencé immédiatement après l’explosion au chantier de mine R et qui ont duré depuis lors jour et nuit avec une intensité variable, il n’y a pas eu d’autres harcèlements de la part de l’ennemi.

Il convient également de noter que l’ennemi s’efforce activement depuis quelque temps de perturber les travaux de minage, en particulier sur les terrils, à l’aide de mines de 240 mm qui ont une portée de 1 500 m et une puissance de pénétration considérable. La sortie U1 et le tunnel de communication près de U3 ont été ensevelis ou écrasés sur une longueur de 6 m chacun par des coups au but de ces mines, bien que la couverture de terrain fût d’environ 5 m.

Ont reçu la Croix de fer de 2e classe :
1. Unter-Zahlmeister Höhne,
2. Gefreiter Steinberg,
3. Pionier Maczollek, 4. Pionier Jagodzinskiy, 5. Pionier Gabowski.

Unteroffizier Kieroth a été promu Vize-Feldwebel surnuméraire le 17 janvier.

Q.G., le 1er février 1917.
Pour l’exactitude
Barry
Hauptmann u. Kompagnieführer

février 1917.

Les tirs d’artillerie et de mines ennemis sur les terrils et les entrées de galeries dans le secteur 17, qui avaient déjà commencé le mois précédent, ont considérablement augmenté en intensité ce mois-ci. Le tunnel de Combres et les entrées de galeries ont ainsi été touchés pas moins de 8 fois, à savoir :

Hauteur de Combres, Kaiser-Wilhelm-Straße (actuelle D 113), 1916
Hauteur de Combres, Kaiser-Wilhelm-Straße (actuelle D 113), 1916

le 2.2.17 entre U2 et U3 sur une longueur de 6 m,
le 2.217 la sortie U1 sur une longueur de 6 m,
le 3.2.17 entre U2 et U3 sur une longueur de 15 m,
le 4.2.17 sortie et terril R détruits,
le 6.2.17 dans le plan incliné près de la sortie 3 sur une longueur de 5 m,
le 7.2.17 dans le plan incliné près de la sortie 3 sur une longueur de 7 m,
le 8.2.17 entre les entrées 8 et 9 sur une longueur de 6 m,
le 20.2.17 à la sortie S sur une longueur de 4 m,
le 26.2.17 à l’entrée de galerie R sur une longueur de 4 m,
le 26.2.17 entre U3 et U4 sur une longueur de 5 m,
le 26.2.17 de même le terril U3 pulvérisé. À cette occasion, le Pionier Somnitz a été légèrement blessé, ainsi que 2 grenadiers grièvement et 1 grenadier légèrement.

La circulation dans le tunnel a été interrompue ou entravée par les éboulements la plupart du temps pendant 1 à 2 jours, bien qu’une main-d’œuvre importante ait été affectée pour faire face à ces travaux de réparation extrêmement urgents. Il est maintenant prévu de remédier à cet inconvénient par la construction d’un nouveau tunnel de contournement (voir croquis page 31). La partie la plus fragile de l’ancien tunnel entre U1 et S, avec une couverture de terrain ne dépassant parfois guère 3 m, sera contournée en creusant un nouveau tunnel parallèle à 30 m au nord, avec une superposition moyenne de 15 m. Ces travaux de contournement ont été entamés le 5.2, et ce en quatre endroits simultanément. À U2, on a progressé vers l’ouest, à U3 vers l’est et l’ouest, et U4 a d’abord été poussé plus loin. La galerie U4 doit avoir une longueur de 30 m, puis être reliée à U3 et S.

Le 20.02, la liaison entre U2 et U3 était établie. Jusqu’au 28 février, le front de taille du puits U3 a atteint une longueur de 32,50 m ; U4 avait été creusé sur 30 m et 4 m avaient été avancés vers l’est et l’ouest.

La Pionier-Mineur-Kompagnie 329 (329e compagnie de pionniers-mineurs) a fourni quotidiennement environ 12 mineurs pour ces travaux de tunnel, et le Landwehr-Infanterie-Regiment 43 (43e régiment d’infanterie de Landwehr) (zutreffend : RIR 73 (73e régiment d’infanterie de réserve)) en moyenne 36 hommes comme équipe de transport. Comme les premiers 60 m de la galerie R sont particulièrement menacés par les tirs nourris d’artillerie et de mines en raison de la faible couverture et que, si cette galerie était touchée, nos travaux les plus importants seraient sans aucun doute temporairement interrompus, il a été décidé de construire un plan incliné reliant le tunnel de Combres à la galerie R (voir croquis page 31).

Cette mesure présente en outre l’avantage que la galerie R, qui est la seule galerie de combat s’amorçant sur la pente dégagée de la hauteur de Combres, bénéficie d’une liaison directe avec le tunnel de Combres.

Hauteur de Combres, Reconnaissance de la 19. Reserve-Division du 13.02.1917
Hauteur de Combres, Reconnaissance de la 19. Reserve-Division (19e division de réserve) du 13.02.1917
Tunnel de Combres, galerie R, plan incliné
Tunnel de Combres, galerie R, plan incliné

Lors du percement de la galerie R, l’extraction et la circulation pourraient ensuite être assurées sans entrave par le plan incliné vers le tunnel. Le 11.2., à environ 73 m à l’ouest de la galerie S, on a commencé à creuser le plan incliné « R » à partir du tunnel, lequel présentera une longueur d’environ 60 m pour une pente de 12°.

Notre activité de mine s’est étendue au prolongement des galeries de combat U1-l, U3-Schacht, U3-l, S-Ort, R-l-1 et R-l. Alors que les travaux dans U1-l, U1-Schacht, U3-l et S-Ort n’étaient menés que par intermittence en tant que travaux secondaires, les travaux de R ont été particulièrement intensifiés. R-l-1 a été suspendu le 10.2. à une longueur de 44,50 m et doté d’une chambre de mine de 24 cbm. À la fin du mois, cette galerie avait une longueur de 75,60 m et la galerie S-Ort une longueur de 229,20 m.

Dans U1-l et U3-l, des tirs de mines ont été déclenchés de temps à autre afin de tromper l’ennemi sur l’état d’avancement des travaux.

Contrairement au mois précédent, des tirs de mines ennemis ont de nouveau été entendus à l’écoute dans la première moitié de février, ce qui témoigne, comme le confirment des déclarations répétées de prisonniers, du fait que l’ennemi n’a pas encore interrompu son activité de mine devant le secteur 17. D’après les déclarations des prisonniers, l’ennemi pousse des galeries de mine depuis le trottoir (voir illustration p. 30) en direction du Grävenitz-Trichter, dont l’existence doit être considérée comme prouvée par le résultat d’écoute suivant. Ont été entendus à l’écoute le :

2.2.17 à S vers 17 h 30, 3 coups,
4.2.17 à S vers 15 h 00, 2 coups,
5.2.17 à S entre 12 h 00 et 13 h 00, 3 coups,
8.2.17 à R vers 14 h 00, 3 coups,
10.2.17 à S vers 16 h 30, 5 coups,
13.2.17 à S vers 16 h 30, 4 coups.

Aucun travail de mine avec des outils de tranchée n’a été constaté.

Afin de contrer les travaux de mine ennemis devant le secteur 17 et de les détruire, un projet de mine complet a été élaboré (voir croquis). Ce projet vise avant tout l’occupation du Grävenitz-Trichter par nos troupes et, par là même, le refoulement de l’ennemi de la colline du Granathügel. La division a approuvé la proposition de la P.M.K. 330 d’effectuer simultanément 4 sautes de mines et a ordonné les préparatifs nécessaires à cet effet. L’intention est de créer une série continue d’entonnoirs rattachée aux entonnoirs du secteur 16 pour la protection du secteur 17 et pour la défense contre les travaux de mine ennemis. En s’appuyant sur les Bayern-Trichter et Graevenitz-Trichter déjà existants, les galeries de combat U1-Ort, U3-Ort, S-r et R-l-1 doivent faire l’objet de sautes (voir croquis).

Hauteur de Combres, chaîne d'entonnoirs dans le secteur 17, sautes de mines prévues, février 1917
Hauteur de Combres, chaîne d’entonnoirs dans le secteur 17, sautes de mines prévues, février 1917

Jusqu’à la fin du mois, les chambres de mine avaient été aménagées à la taille requise dans les 4 galeries. Afin de ne pas attirer l’attention de l’ennemi sur notre intention, le travail se poursuit dans les galeries U1-l, U3-Schacht, U3-l, S-Ort et R-l qui ne sont pas encore avancées pour une explosion, et l’on tire surtout en alternance.

Le 17.2.17, la 19. Reserve-Division (19e division de réserve) a été relevée par la 9. Infanterie-Division (9e division d’infanterie), ce qui a placé la P.M.K. 330 dans la zone de commandement du Pionier-Bataillon 120 (120e bataillon de pionniers).

Le Res.-Infanterie-Regiment 43 (correctement : RIR 73) a également été relevé fin février, ce qui fit malheureusement cesser le soutien fourni par cette unité pour l’entretien du tunnel de Combres.

Pour des sautes de mines particulièrement réussies, le Hauptmann Barry s’est vu décernations la Croix de Fer de 1re classe le 20 février et, le 26 février, il a été distingué par la Croix hanséatique de Hambourg.

L’Unteroffizier Schulz a été promu au grade de Sergeant (sergent) titulaire le 28.2.17.

Ont été décorés de la Croix de Fer de 2e classe :
Le Pionier Lieberski, le Pionier Kersten, le Pionier Mielcarski, le Pionier Ogrodowski.

O.U., le 1er mars 1917.
Pour l’exactitude :
Barry
Hauptmann et Komp.Führer.

Crête des Éparges, longueurs et profondeurs des galeries de combat au 1er mars 1917
Crête des Éparges, longueurs et profondeurs des galeries de combat au 1er mars 1917

Mars 1917.

Au cours du mois de mars également, les travaux et les tirs dans les galeries de combat non préparées pour la destruction U1-l, U3-l, U3-Schacht et S-Ort furent poursuivis en alternance pour tromper l’ennemi et toutes les galeries furent assidûment écoutées pour détecter des travaux ennemis.

À la fin du mois, les différentes galeries atteignaient, suite aux travaux alternés, une longueur de

U1-l – 129,00 m,
U3-l – 66,40 m,
U3-Schacht – 20,70 m,
S-Ort – 238,35 m.

Notre travail de minage principal s’est poursuivi comme auparavant dans R-l, galerie qui avait été portée à une longueur de 95,00 m le 31 mars. Il est prévu, à partir de cette galerie, de miner systématiquement par en dessous la position en doigts de gant et de la réduire, contraignant ainsi l’ennemi à évacuer la colline du Granat.

Pendant ces travaux, les munitions nécessaires à l’exécution des destructions prévues furent acheminées et le 18 mars à 22 h 30, sur ordre de la division, on commença le chargement de U1-Ort. Les chambres de mine sont situées à U1-Ort à 176,00 m, à U3-Ort à 221 m, à S-r à 224 m et à R-l à 240 m de l’entrée de la galerie. Les dimensions des chambres sont de 20 à 30 m³, calculées pour recevoir des charges de 225 Ztr. à U1-Ort, U3-Ort et S-r et pour une charge de 125 Ztr. à R-l-1.

Le chargement et le bourrage se déroulèrent sans encombre, de sorte que les 4 chambres de mine purent être prêtes à être mises à feu dès le 25 mars. La longueur du bourrage était de 30,00 m pour chacune des charges. En outre, un barrage contre les gaz d’une épaisseur de 4 à 5 m fut ensuite placé devant chaque charge.

L’opération prévue pour la fin du mois de mars fut toutefois reportée au mois suivant.

Les travaux dans le tunnel de contournement n’ont pas pu être poussés de la manière souhaitée en raison de l’absence de l’infanterie et des interruptions dues au chargement des chambres de mine, pour lequel tous les hommes disponibles étaient nécessaires.

En outre, le vieux tunnel exigea des forces importantes pour son entretien et son assèchement en raison du dégel survenu et de fortes chutes de pluie et de neige. De plus, les 16 et 17, tous les hommes de la Pion. Min. Komp. 329 furent mis à disposition pour le chargement de la galerie du puits Bleu, qui fut fait sauter le 18 mars à 19 h 20.

Du 10 au 24 mars seulement, la compagnie reçut de nouveau en renfort 24 infanteristes du dépôt de recrues du Gren.-Regts. 7 pour remplacer les hommes du 43e (correct : 73e) rappelés. Jusqu’au 31 mars, le front de taille U3-West atteignit une longueur de 46,20 m, U4-Ost une longueur de 12,10 m et U4-West de 8,00 m.

Le plan incliné du tunnel de contournement vers la galerie R a pu être creusé jusqu’à une longueur de 40,20 m à la fin du mois, malgré l’absence de l’infanterie et le chargement des galeries.

Crête des Éparges, effectif de la compagnie au 11.03.1917
Crête des Éparges, effectif de la compagnie au 11.03.1917

Les bombardements des haldes par l’artillerie et les lance-mines se poursuivirent également au cours de ce mois, en particulier après la destruction de la galerie du puits Bleu effectuée à la section 16 le 18 au soir à 19 h 20.

Après les travaux de chargement éprouvants, un repos par équipes fut accordé aux hommes du 26 au 29 mars. Seuls les travaux de déblaiement et les travaux nécessaires, tels que l’assèchement, le service d’écoute et le creusement du plan incliné, furent poursuivis avec des équipes réduites de moitié.

Pendant la période de repos, la compagnie fut entraînée davantage à l’exercice et aux exercices avec masque à gaz, en particulier dans ce dernier domaine, l’état d’alerte aux gaz renforcé ayant été ordonné à la suite de déclarations de prisonniers selon lesquelles l’ennemi aurait installé des gaz.

Crête des Éparges, travail de mineur, 1916
Crête des Éparges, travail de mineur, 1916

L’alimentation et l’état de santé de la compagnie étaient bons.

Furent décorés de la Croix de fer de 1re classe en raison de performances remarquables lors de la mise à feu du cratère Graevenitz :

1) Sergeant Schulz,
2) Gefreiter Neugebauer,
3) Pionier Hergesell, 4) Pionier Strozyk, 5) Pionier Skupin, 6) Pionier Henneböhle, 7) Pionier Kahmeier, 8) Pionier Winter, 9) Pionier Pazola, 10) Pionier Ostaeck.

O.U., le 1er avril 1917.
Pour l’exactitude :
Barry
Hauptmann et chef de compagnie

Avril 1917.

Le mois d’avril a été placé sous le signe des explosions, probablement les plus grandes qui aient été réalisées jusqu’à présent dans cette guerre.

Dans le secteur 17, les galeries suivantes avaient été prévues à cet effet et préparées pour la mise à feu :

1) U1-Ort avec chambre de mine de 24 m³ pour 225 Ztr.,
2) U3-Ort avec chambre de mine de 24 m³ pour 225 Ztr.,
3) S-r-Ort avec chambre de mine de 24 m³ pour 225 Ztr.,
4) R-l-1 Ort avec chambre de mine de 15 m³ pour 125 Ztr.

Toutes les galeries mentionnées étaient déjà prêtes à être mises à feu dès le 24 mars. La date de mise à feu, fixée d’abord au 31 mars, a été reportée au 5 avril. L’ordre des explosions devait s’effectuer selon l’ordre de la division :

à 22 h 00 la galerie R-l-1,
à 22 h 03 la galerie U1-Ort,
à 22 h 15 la galerie U3-Ort,
à 22 h 35 la galerie S-r.

3 explosions dans le secteur 16 et une entreprise d’infanterie du Grenadier-Reg. 7 (7e régiment de grenadiers) ont précédé nos explosions d’environ 2 heures. Notre groupe d’assaut d’infanterie a pénétré dans les tranchées ennemies sur le Granathügel, a infligé des pertes sanglantes à l’ennemi et a fait prisonniers 3 hommes du franz. Inf.-Regt. 53 (53e régiment d’infanterie) (163. Infanterie-Division (163e division d’infanterie)). D’après leurs déclarations, le rég. 53 avait relevé dans la nuit du 29 au 30 mars le rég. 415 qui était engagé jusqu’alors sur la hauteur de Combres. (5. A.K. Gen.Kdo. 1c n° 764 secret du 9 avril 1917.)

En raison du long report de l’explosion, les barrages de 30 m de long ont dû être déblayés sur environ 5,00 m et reconstruits à neuf au cours des deux derniers jours précédant l’explosion, parce que les sacs de sable s’étaient tassés et ne rejoignaient plus hermétiquement le faîte. Pour plus de sécurité, un barrage contre les gaz d’une épaisseur d’environ 4,00 à 5,00 m a été placé devant chaque barrage à une distance d’environ 5,00 m. La munition d’explosion, le perdit ou le donarite, se trouvait uniquement dans les chambres de mine.

(Chaque charge était munie d’un double allumage qui avait été conduit à travers le bourrage. Les lignes d’allumage consistaient en un fil de cuivre bien isolé, le câble d’allumage de mine. À l’extrémité de la ligne d’allumage se trouvait chaque fois un allumeur à incandescence qui était fiché dans la cartouche percutante. Les charges explosives étaient protégées contre l’humidité aussi bien que possible avec du carton bitumé.)

Hauteur de Combres, photo aérienne Fl.A A.279 du 12 avril 1917
Hauteur de Combres, photo aérienne Fl.A A.279 du 12 avril 1917

Sur l’ordre du Kdr. des pionniers, ont été évacués pendant les explosions :

a) Dans la position : l’entonnoir Plehwig jusqu’à la sape 19, la position de combat et la 1re ligne – de 9 h 45 à 10 h 45,
b) Dans le tunnel : de C6 au plan incliné près de la sortie 3 – de 9 h 45 à 10 h 45.

L’éclairage et le courant de force ont été coupés dans les secteurs 16 et 17 de 9 h 45 jusqu’à la demande de rétablissement.

Les officiers, Unteroffiziere et hommes de troupe chargés des explosions étaient équipés d’appareils de sauvetage. Un détachement spécial se tenait à disposition auprès des appareils de sauvetage individuels mis en place dans l’ancien abri d’officiers. Le bouclage du tunnel a été effectué par des Unteroffiziere. Les grenadiers du secteur 17 étaient abrités en toute sécurité dans le plan incliné près de la sortie 3 et dans le tunnel de contournement près de U4.

« Le 5 avril, il a été réalisé à Combres par les compagnies de pionniers-mineurs 329 et 330 probablement l’une des plus grandes explosions de cette guerre, grâce à laquelle il a été possible de refuser aux Français la vue importante sur la plaine, de détruire une grande partie de la position ennemie et de faire avancer notre position. Un objectif a ainsi été atteint, vers lequel les chefs de compagnie, les officiers, les Unteroffiziere et les mineurs ont travaillé pendant des mois dans un accomplissement du devoir fidèle et sans répit.

Je félicite les deux compagnies pour ce succès remarquable et adresse à tous les participants mes chaleureux remerciements et ma plus totale reconnaissance. »

Malgré l’impact de mine entre U1 et U2 par une mine lourde, conséquence des entreprises précédentes dans le secteur 16, qui avait détruit la ligne d’allumage vers U1-Ort, R-l-1 et U1-Ort ont pu être mis à feu ponctuellement par le Leutnant Vecqueray et l’Offizierstellvertreter Köstel. À U3-Ort, où la ligne avait également été détruite par une chute de pierres, la mise à feu a été effectuée directement sur place par le chef de compagnie afin de ne pas avoir un retard supérieur à 5 minutes.

Description de l'explosion du 14 avril 1917, tirée de : v. Kaisenberg/v. Hirsch, Grenadier-Regiment Nr. 7, Oldenburg/Berlin, 1927
Description de l’explosion du 14 avril 1917, tirée de : v. Kaisenberg/v. Hirsch, Grenadier-Regiment Nr. 7 (7e régiment de grenadiers), Oldenburg/Berlin, 1927

La galerie S-r n’a pas pu être amenée à explosion malgré tous les efforts et essais de mise à feu sur place. La charge ou le dispositif d’allumage a probablement subi des dommages en raison du violent bombardement et de la pluie persistante qui a entraîné un report de la date d’explosion de 5 jours.

Le déblaiement du barrage dans S-r a été commencé immédiatement afin d’ajouter des munitions intactes à l’ancienne charge. Lors du nettoyage, il s’est avéré que les deux allumeurs à incandescence avaient été amenés à exploser, mais n’avaient pas mis à feu. Le matin du 13, la préparation de la charge a été ordonnée à nouveau et la date de l’explosion a été fixée au jour suivant.

Par un travail pénible, les chefs de section devant mettre vigoureusement la main à la pâte pour stimuler constamment les hommes, il a été possible de respecter le délai brièvement fixé.

Le 14, à 5 h 15 du matin, les tranchées ennemies 15, 16 et 17 et les fortes positions solidement installées là précisément depuis les dernières explosions ont alors été détruites et anéanties à l’heure exacte sur ordre de la division de S-r. L’heure de l’explosion avait été choisie de manière à atteindre également les relèves. (Rapport de prisonniers.)

La détonation, les secousses de la montagne de Combres et la chute de pierres ont été tout à fait considérables lors de l’ensemble des explosions. Le bourrage de toutes les galeries ayant fait l’objet d’explosions est resté intact, de sorte que les gaz d’explosion n’ont pas pu pénétrer dans les galeries. Les galeries situées immédiatement près des points d’explosion étaient plus ou moins enfoncées ou endommagées par la secousse. L’entonnoir de S-r présentait sur son bord sud-ouest un renflement curieusement très prononcé.

Les diamètres des entonnoirs sont d’environ :

pour U1-Ort (entonnoir Weber) env. 55 m,
pour U3-Ort (entonnoir Barry) env. 60 m,
pour S-r (entonnoir Prusse) env. 65 m,
pour R-l-1 (entonnoir Grenadier) env. 55 m.

Les entonnoirs ont en moyenne 10,00 m à 12,00 m de profondeur. L’explosion R-l-1 a eu un succès particulièrement bon, car elle a permis de faire sauter la tranchée d’accès occupée menant à l’entonnoir Graevenitz (R-Ort).

Crête des Éparges, après les explosions des 5 et 14 avril 1917
Crête des Éparges, après les explosions des 5 et 14 avril 1917

Devant toute notre position s’étend désormais un large obstacle, entonnoir contre entonnoir, grâce auquel une grande partie de la position ennemie a été détruite, la vue importante sur la plaine a été refusée aux Français et il a été possible, sur la partie occidentale de la hauteur, de pousser, d’aménager et d’occuper immédiatement cette nouvelle première ligne sur une largeur d’environ 350 m sur 60 à 100 m dans le prolongement de nos premières explosions du 5, en faisant passer la ligne de front qui menait jusqu’alors le long de la pente directement sur la crête des hauteurs. Les explosions ont donc eu un grand succès.

Crête des Éparges, vue depuis la tranchée Rössing en direction de Combres-Ouest, 1916
Crête des Éparges, vue depuis la tranchée Rössing en direction de Combres-Ouest, 1916

L’ordre de bataillon du 9 avril 1917, l’ordre de division du 15 avril 1917 et l’ordre journalier d’armée du 12 avril 1917 expriment en particulier aux Offizieren, Unteroffizieren et aux hommes de troupe des compagnies de mineurs leur plus entière reconnaissance pour les travaux laborieux menés pendant des mois :

1.) Ordre de bataillon du 9 avril 1917.
2.) Ordre de division du 15 avril 1917.
3.) Ordre d’armée du 12 avril 1917.

Avec l’explosion du 14 avril, une série d’explosions sur la Crête des Éparges a touché à sa fin. Une grande partie de la position française a ainsi été détruite, la vue sur la plaine a été refusée aux Français et notre position a pu être poussée plus loin sous la protection des entonnoirs.

Un objectif est ainsi atteint, vers lequel les chefs de compagnie, Offiziere, Unteroffiziere et mineurs ont tendu pendant des mois dans un accomplissement du devoir inlassable et fidèle sous une direction avisée.

J’exprime ma plus entière reconnaissance aux deux compagnies de mineurs 329 et 330 pour ce remarquable succès.
(signé Weber.)

Ordre d’armée du 12 avril 1917 :
Après de nouvelles explosions menées par la compagnie de sapeurs-mineurs 330, notre position la plus avancée dans le secteur du 1. Gren.-Regts. 7 (7e régiment de grenadiers) a été avancée de 60 à 100 m sur une largeur d’environ 350 m. (signé Fuchs.)

Le feu d’artillerie et de mines ennemi a commencé immédiatement le 5 après les premières explosions dans le secteur, alors qu’il n’avait commencé qu’après environ 20 minutes lors des explosions précédentes dans le secteur 16. Le bombardement portait principalement sur la position du secteur 16 et sur les haldes du secteur 17. La position avait été considérablement éprouvée par le bombardement.

Après l’explosion du 14, le feu de représailles ennemi de petits calibres a commencé après 3 minutes et avec l’artillerie lourde et les Minenwerfer (lance-mines) environ après 8 minutes. Entre 9 h et 11 h du matin, le bombardement a été particulièrement violent sur les haldes du secteur 17 et, pendant toute la journée suivante, l’adversaire a entretenu un feu d’artillerie et de mines très nourri sur l’ensemble du secteur 17.

Crête des Éparges, explosion allemande du 5 avril 1917, photographie française
Crête des Éparges, explosion allemande du 5 avril 1917, photographie française

La conséquence en fut que le tunnel de Combres fut enfoncé à divers endroits et que presque toutes les têtes de galeries et les haldes du secteur furent considérablement endommagées. En même temps, le feu battait la nouvelle 1re ligne, dont le tracé avait été relevé le 14 par un aviateur ennemi par bonne visibilité. (Rapport du Gren.-Rgt. 7 (7e régiment de grenadiers) du 15.4.17). La nouvelle ligne fut complètement détruite et le nouvel obstacle présentait des lacunes très importantes. L’ancienne ligne, les tranchées de communication et l’obstacle devant l’ancienne première ligne furent également fortement endommagés.

Nombre approximatif de coups de l’ennemi :
Artillerie : 2.300 coups de calibres léger et moyen, 200 coups de mortier de 22 cm,
Mines : 900 mines légères et moyennes, 50 mines lourdes.

Crête des Éparges, plan des galeries, printemps 1917
Crête des Éparges, plan des galeries, printemps 1917

Le feu violent et soutenu est la meilleure preuve que les têtes de mines ont infligé des dommages sensibles à l’ennemi.

Non seulement ces jours-là, aussi au cours de tout le mois, l’ennemi chercha à perturber nos travaux par des tirs sur les haldes. De plus, il s’efforce maintenant, par des travaux de contre-minage, de contrecarrer nos travaux qui menacent ses positions. Des déclarations de prisonniers nous avaient déjà signalé cette activité de minage. À la fin du mois, l’approche fut clairement constatée par l’écoute des détonations de mines en R-l et S-Ort.

Notre activité de minage principale s’est étendue, comme le mois précédent, à la conduite de l’ensemble des travaux dans la galerie R. R-l atteint à la fin du mois une longueur de 119,80 m, R-l-1 a été déblayé jusqu’à 35,50 m et R-Ort jusqu’à 194,00 m. Le plan incliné vers R a causé quelques difficultés en raison du minage par-dessous d’un abri d’infanterie situé dans R, il a atteint une longueur de 53,00 m. Outre ces travaux, les galeries endommagées par les explosions ont été pour la plupart déblayées et préparées pour le service d’écoute. Dans le tunnel principal, il s’agissait principalement de réparer les éboulements occasionnés par les bombardements. En outre, les travaux habituels de drainage et de réparation ont été effectués. Le tunnel de contournement a été achevé entre U3 et U4, il restait environ 23,00 m à percer. Un percement de U4 vers P pour l’évacuation des gaz de combat a été creusé et aménagé sur une longueur de 6,00 m.

Les équipes libérées dans le tunnel de contournement ont été affectées à la poursuite de ce tunnel à U4 vers l’ouest et à S vers l’est.

Malheureusement, après les explosions, les 24 fantassins mis à notre disposition nous ont été retirés et nous avons dû nous débrouiller avec nos propres hommes malgré l’ampleur des travaux. Le 19 avril, 18 hommes de l’Armierungskomp. Nr. 164 nous ont été attribués comme équipe de transport et, à partir du 25, quelques fantassins du Res.-Inf. Regt. 12 (12e régiment d’infanterie de réserve) pour les travaux de déblaiement dans le tunnel.

Le 25, la 9. Inf.-Div. (9e division d’infanterie) fut relevée par la 5. Res.-Inf.-Div. (5e division de réserve), et le Pion.-Batl. 120 (120e bataillon de pionniers) par le Pion.-Batl. 305 (305e bataillon de pionniers).

Pendant les périodes de repos, la compagnie a continué à être instruite par équipes à l’exercice et au lancement de grenades à main.

Ont reçu la Croix de fer de 1re classe :
Leutnant Vecqueray, diplôme de décernement du 25 avril 1417.

Ont été décorés de la Croix de fer de 2e classe :
Gefreiter Sworowski, Gefreiter Schmitz,
Pionier Kistner, Pionier Poporski, Pionier Kohlstadt.

L’ordinaire et l’état de santé de la compagnie étaient bons malgré la réduction de la ration de pain.

O.U., le 1er mai 1917.
Pour l’exactitude :
Barry
Hauptmann et chef de compagnie

Mai 1917.

Notre activité de minage principale s’est étendue comme auparavant également ce mois-ci à la conduite de l’ensemble des travaux dans la galerie R-Stollen, et la galerie S-Ort, située initialement près de R, a également été très activement exploitée.

Ont atteint à la fin du mois :
R-Ort 234,20 m,
R-l-1 65,70 m,
R-l-2 49,00 m sur un nouvel échelon
S-Ort 256 m.

R-Ort a été provisoirement suspendu le 2.5. Les autres galeries n’ont été utilisées que comme galeries d’écoute.

Les travaux dans le tunnel de contournement ont bien progressé. Le 22 mai, le percement a eu lieu dans la partie comprise entre U4 et S, de sorte que le tunnel est maintenant achevé de S à U2. Le plan incliné allant du tunnel vers la galerie R-Stollen a également été percé et achevé à l’exception de l’installation d’un treuil pour l’extraction. Dans le tunnel principal ont eu lieu les travaux habituels de réparation et de drainage.

Les travaux dans le tunnel de contournement ont bien progressé. Le 22 mai, le percement a eu lieu dans la partie comprise entre U4 et S, de sorte que le tunnel est maintenant achevé de S à U2. Le plan incliné allant du tunnel vers la galerie R-Stollen a également été percé et achevé à l’exception de l’installation d’un treuil pour l’extraction. Dans le tunnel principal ont eu lieu les travaux habituels de réparation et de drainage.

Les travaux dans le tunnel de contournement ont bien progressé. Le 22 mai, le percement a eu lieu dans la partie comprise entre U4 et S, de sorte que le tunnel est maintenant achevé de S à U2. Le plan incliné allant du tunnel vers la galerie R-Stollen a également été percé et achevé à l’exception de l’installation d’un treuil pour l’extraction. Dans le tunnel principal ont eu lieu les travaux habituels de réparation et de drainage.

L’activité de minage ennemie a été observée quotidiennement au cours du mois de mai. Non seulement en R-l, R-l-1, R-l-2, R-Ort et S-Ort, mais aussi en U3, des détonations de mines ennemies ont été entendues à l’écoute. Le nombre de tirs s’élevait à 50 – 70 par jour. La direction et la distance n’ont pas encore pu être déterminées jusqu’à présent. Les résultats d’écoute sont consignés dans le journal d’écoute du mois de mai. Les rapports quotidiens sur les détonations de mines témoignaient d’un travail extrêmement intense de l’ennemi, qui voit sa position menacée et veut empêcher une progression ultérieure de notre part par le contre-minage.

Le bombardement des déblais par l’artillerie et les mines a provoqué quelques perturbations, à savoir : le 1er mai sur le déblai S. Le 13 mai dans le tunnel près de U2 par le feu de mines. Le bombardement a duré de 5 à 7 heures de l’après-midi. Le 14 mai, à 4 heures du matin. Le 22 mai sur la voie de transport dans le village de Combres. Le 28 mai dans le tunnel entre l’entrée 7 et 8, où environ 4,00 m ont été enfoncés par une mine.

Crête des Éparges, effectif de la compagnie, longueurs et profondeurs des galeries de combat, 11 juin 1917
Crête des Éparges, effectif de la compagnie, longueurs et profondeurs des galeries de combat, 11 juin 1917

Les hommes, occupés jusqu’alors en 4 équipes, ont été répartis en 5 équipes, avec un temps de travail de 6 heures au lieu de 8, pour 24 heures de repos. En raison d’une alimentation plus restreinte, le service éprouvant a exigé ces mesures. L’Armierungskompagnie 2/117 a également mis à disposition 6 hommes de plus, soit 24 hommes. L’infanterie a fourni au mois de mai le nombre habituel d’hommes pour le tunnel de contournement.

Le 25 mai, la 5. Res.-Div. (5e division de réserve) a été relevée par la 45. Res.-Div. (45e division de réserve), le Pion.-Batl. 305 (305e bataillon de pionniers) par le Pi.-Batl. 34 (34e bataillon de pionniers). Pendant les périodes de repos, la compagnie a été occupée par équipes à des exercices et de la gymnastique.

Ont reçu la Croix de fer de 2e classe :
Le Pionier Schulik, le Pionier Nisdorf, le Pionier Domachowski, le Pionier Kowalski,
Le Gefr. Reuß, le Gefreiter Hinz, le Gefreiter Wilgeroth,
Le Pion. Gebauer et Gelleszun.

L’alimentation et l’état de santé de la compagnie étaient bons.

Du 12 au 25 mai 1917, le Leutnant Vecqueray, du 26 mai au 23 juin 1917, le Hauptmann Barry est en permission, son intérim est assuré par le Leutn.d.Ldw. Borchers.

O.U., le 1er juin 1917.
I.V.d.K.F.
signé Borchers,
Leutnant.
Barry
Hauptmann et chef de compagnie, le 24 juin 1917

Juin 1917.

L’activité de minage de l’ennemi s’est poursuivie tout au long du mois. Par des tirs de mine, dont le nombre s’élevait à environ 30 à 70 coups par jour, ainsi que par l’observation d’une activité intense sur les terrils ennemis au Trottoir et par la comparaison de clichés aériens de ces terrils avec ceux des mois précédents, cet effort extraordinaire de l’ennemi pour contrer nos travaux par la voie souterraine contre ses positions a été constaté. Cette activité de minage ennemie se limite toutefois, autant qu’il a pu être constaté, à l’aile gauche du secteur 17 contre les 4 entonnoirs occidentaux des galeries de combat S et R.

Les résultats d’écoute obtenus ont montré que l’ennemi se trouve avec ses travaux de minage devant les galeries de combat R et S, et ce probablement plus profondément que R. En déterminant aussi précisément que possible les directions des tirs de mine ennemis et en enregistrant ces directions à S-Ort, R-Ort, R-l-1 et R-l-2, des champs de minage ont été constatés, comme l’indique le croquis ci-contre, dont le combat, aux côtés de l’attaque contre la position ennemie au Finger, constitue notre tâche principale.

Crête des Éparges, explosions de R-L-2 et C5-Ort le 26 juin 1917, entonnoirs Eberhardt et Schroeter
Crête des Éparges, explosions de R-L-2 et C5-Ort le 26 juin 1917, entonnoirs Eberhardt et Schroeter

Pour perturber les travaux de minage ennemis et détruire les tranchées françaises 8 et 9 ainsi que la tranchée longeant celles-ci au nord entre 24 et 18, la galerie de combat R-l-2 a fait l’objet d’une explosion le 26 juin 1917 à 1 h 35, en liaison directe avec une explosion de C5-Ort dans le secteur 16 et une opération de patrouille d’infanterie. L’explosion s’est déroulée sans accroc à l’heure prescrite. Les tranchées françaises jusqu’à l’entonnoir Grenadiertrichter ont été détruites et une patrouille ennemie de 10 à 15 hommes, signalée peu avant l’explosion, a sauté avec elles.

Par l’entonnoir qui a reçu le nom d’Eberhardt-Trichter, l’ennemi a été considérablement touché et chassé des bords nord du Graevenitz- und Grenadier-Trichter. Le premier a pu maintenant être occupé par 2 postes doubles après percement du bourrelet d’entonnoir sud.

Le régiment d’infanterie ennemi en face, l’Infanterie Regiment 106 (106e régiment d’infanterie), a été identifié grâce aux restes des morts dans l’Eberhardt-Trichter.

Outre les succès en surface, l’activité de minage ennemie a indéniablement été elle aussi considérablement touchée.

La charge de R-l-2, 330 quintaux de Perdit, n’avait pas été placée, comme lors des explosions précédentes, dans une chambre de mine creusée en rotonde, mais sous une forme allongée (profil de galerie 1,00 x 0,80), afin de détruire avec un entonnoir ovale un morceau aussi long que possible des tranchées françaises, entre lesquelles la chambre de mine était parallèle. Le bourrage était de 36,00 m. Nos propres galeries voisines étaient presque intactes, de même que la digue était intacte et s’est avérée entièrement suffisante.

Lors du déblaiement de la digue, les 12 premiers mètres ont pu être enlevés sans difficulté ; au-delà, les sacs de sable du bourrage étaient de plus en plus tassés vers l’avant.

Contrairement à d’habitude, le tir de représailles français n’a pas commencé immédiatement après l’explosion. Ce n’est que 6 minutes après la 1re explosion de C5 que l’artillerie légère ennemie a commencé, et après 13 minutes, les Minenwerfer (lance-mines) ennemis et l’artillerie lourde sont entrés en action. Il convient de noter que le feu principal se situait sur la pente nord de la Crête des Éparges, le Ravin de la Mort et dans la plaine adjacente jusqu’à Saulx, et qu’il n’a été déplacé qu’au bout d’environ une heure vers les positions et les terrils des secteurs 16 et 17.

Pour combattre les travaux de minage ennemis sur l’aile gauche du secteur 17, deux échelons doivent être avancés. Comme premier échelon, dès que possible, une explosion de S-Ort après avancement d’environ 15 mètres supplémentaires, selon ce que les mesures adverses permettent encore. C’est ici que le champ de minage principal de l’ennemi doit être atteint et son activité de minage au moins stoppée. Pour la même raison, R-l-2 est déblayé et poussé plus loin vers le nord en passant sous l’Eberhardt-Trichter jusqu’à portée utile du champ de minage ennemi, puis fait sauter (voir croquis p. 51 et 53).

En tant que deuxième échelon, les galeries inférieures S-l et R-Schacht sont entre-temps poussées dans la direction indiquée par des pointures à une plus grande profondeur que S-Ort et R-l-2 contre le champ de mines ennemi, afin de pouvoir attraper et détruire l’ennemi en tout état de cause, même s’il devait se trouver très profondément.

Pour une meilleure extraction et aération, une liaison est prévue entre la galerie du puits R-Schacht et la galerie S-l (voir croquis p. 53).

Ont atteint à la fin du mois :
S-Ort une longueur de 284,00 m,
S-l une longueur de 31,00 m.
Pour R-Schacht, la recette a été achevée sur une longueur de 8,00 m.
R-l-2 a été déblayé jusqu’à 28,40 m.

Hauteur de Combres, dynamitage de R-l-2 (entonnoir Eberhard) le 26 juin 1917, résultats d'écoute
Hauteur de Combres, dynamitage de R-l-2 (entonnoir Eberhard) le 26 juin 1917, résultats d’écoute
Hauteur de Combres, plan d'attaque pour le secteur 17, juin 1917
Hauteur de Combres, plan d’attaque pour le secteur 17, juin 1917

Les galeries de combat U1, U2, U3, R-Ort et R-l ont été utilisées uniquement comme galeries d’écoute. Le puits U3 doit être poussé encore plus loin dans le même but.

Le tunnel de contournement entre U2 et U1 a été creusé jusqu’à 17,60 m. En parallèle se sont déroulés les travaux habituels de réparation et de drainage dans le tunnel principal et les galeries de combat.

Les perturbations dues au tir de mines et d’artillerie ennemi ont été moindres que le mois précédent. Le 7 juin, la circulation à l’entrée 2 a été interrompue par des tirs d’impact sur l’entrée, occasionnant des pertes en morts et en blessés pour le Res.-Inf. 211 (211e régiment d’infanterie de réserve), la Pion.-Komp. 21 (21e compagnie de pionniers) et la Pion.-Min.-Komp. 329 (329e compagnie de pionniers mineurs).

Le 21 juin, un feu nourri s’est abattu sur toute la hauteur de Combres ainsi que sur le camp Neujauer et sur le chemin à l’ouest d’Hannonville.

Les 24 soldats d’armement (Arm.-Btl. 117 [117e bataillon d’armement]) qui étaient jusqu’à présent à notre disposition nous ont malheureusement été retirés par le commandant du génie, de sorte qu’à certains endroits le travail a progressé plus lentement. De plus, les demandes de commandos d’écoute émanant de la 44. Res.-Div. (44e division de réserve) rattachée à l’ouest et de la 8. Landw.-Div. (8e division de Landwehr) rattachée au nord ont pris un nombre considérable des hommes les plus capables. Le Res.-Inf.-Rgt. 211 a mis à disposition en moyenne 8 – 14 hommes pour le tunnel et le tunnel de contournement.

Pendant les périodes de repos, la compagnie a été occupée par des exercices, du tir et de la gymnastique.

A reçu la Croix de fer de 1re classe : le Vizefeldwebel (vice-sergent-major) Siebert.

Ont obtenu la Croix de fer de 2e classe :
Le Gefreiter Wammermann,
Le pionnier Kordus, le pionnier König, le pionnier Münzberg, le pionnier Sobczak, le pionnier Solzbacher, le pionnier Fiebig, le pionnier Machnick, le pionnier Kräker, le pionnier Käsbauer.

L’état de santé et le ravitaillement de la compagnie étaient bons.

O.U. le 1er juillet 1917.
Pour l’exactitude.
Barry
Hauptmann et chef de compagnie

Juillet 1917.

Comme le mois précédent, l’activité minière de l’ennemi a été très intense au cours du mois de juillet. Le nombre de tirs de mines s’est élevé jusqu’au 17 à 40 – 50 par jour. Les résultats d’écoute ont montré que les travaux s’étaient considérablement rapprochés de nous et nous menaçaient à S-Ort.

C’est pourquoi, sur ordre de la 45. Res.-Division (45e division de réserve), pour la défense et la destruction des travaux de minage ennemis proches, la galerie de combat P-Ort a été fait sauter le 17.7., à 9 h 35 du soir, à une longueur de 302,00 m. La chambre avait été disposée vers le bas afin d’obtenir un effet plus important également en profondeur. La charge était de 420 Ztr. Perdit, le bourrage était de 40 m de long.

Étant donné que S-Ort avait été creusé sur environ 150 m en profil de cadres et en pente ascendante, l’introduction de la charge a exigé une main-d’œuvre considérable et un travail extrêmement intense. Tout le matériel a dû être passé à la main jusqu’au front de taille. Malgré cela, il a réussi en l’espace de deux jours à rendre S-Ort prêt à faire l’objet d’une explosion en instaurant des doubles postes et avec l’aide énergique de la Pion.-Min.-Komp. 329 et d’effectifs mis à disposition par l’Inft.-Rgt. 211 (211e régiment d’infanterie).

L’explosion s’est déroulée sans encombre à l’heure ordonnée. Le nouvel entonnoir, situé au nord-ouest de notre ligne d’entonnoirs précédente et appelé entonnoir Welsch (Welsch-Trichter), a un diamètre d’environ 55 m et présente sa partie ouverte en direction de l’ennemi. La principale projection de pierres est allée dans le Ravin de la Mort. Grâce à l’explosion, nous avons considérablement endommagé l’ennemi dans son activité, car jusqu’au 23 juillet, aucun tir de mine ennemi n’a été perçu à S-Ort.

L’ordre du pionnier n° 52 du 18 juillet 1917, l’ordre de division du 19 juillet 1917 et l’ordre du jour de l’armée du 28 juillet 1917 expriment leur reconnaissance à la compagnie en raison de la bonne préparation et du dynamitage préparé et exécuté avec beaucoup de circonspection et d’énergie (voir page suivante).

Hauteur de Combres, éloges, juin/juillet 1917
Hauteur de Combres, éloges, juin/juillet 1917

À la suite de l’explosion, une entreprise d’infanterie eut lieu à 9.45 du soir dans le secteur II, de plus une patrouille de la 1. Komp. 211. (211e régiment d’infanterie) partie du Graevenitz-Trichter se dirigea vers l’Eberhardt-Trichter et essaya d’y faire des observations sur l’ennemi. Un violent feu d’artillerie, de Minenwerfer et de mitrailleuse l’empêcha cependant d’atteindre le nouveau cratère. Elle retourna au Grenadier-Trichter, y aménaga des postes d’observation en direction de l’Eberhardt-Trichter et du Welsch-Trichter et rentra plus tard.

Du Grenadier-Trichter, les postes furent retirés après quelques jours, car il n’y a pas de liaison vers cet endroit depuis notre première ligne. On continua cependant à travailler à l’aménagement du Graevenitz-Trichter.

Crête des Éparges, explosion du 17.07.1917, Welsch-Trichter
Crête des Éparges, explosion du 17.07.1917, Welsch-Trichter

Le tir de barrage français consécutif à l’explosion commença immédiatement avec l’artillerie légère, avec l’artillerie lourde et les Minenwerfer environ 5 minutes plus tard, et se maintint très vif jusqu’à 10.15.

S-Ort fut déblayé après l’explosion. R-l-2 devint très éboulé, S-links fut poursuivi horizontalement et en outre le R-Schacht fut entamé.

Ils atteignirent jusqu’à la fin du mois :
S-Ort une longueur de 81, 50 m (selon un nouveau relevé),
S-links une longueur de 76,50 m (selon un nouveau relevé),
R-l-2 une longueur de 42,50 m (selon un nouveau relevé),
R-Schacht une profondeur de 15,80 m (selon un nouveau relevé).
Les autres galeries de combat ne furent utilisées, comme auparavant, que comme galeries d’écoute.

La main-d’œuvre nous faisant grand défaut, le tunnel de contournement entre U2 et U1 ne put pas être poursuivi au cours du mois de juillet. De même, seuls les travaux d’entretien nécessaires purent être exécutés dans le tunnel principal.

Le feu de harcèlement ennemi fut plus fort en juillet que le mois précédent ; ainsi furent enfoncés :
le 4 juillet l’entrée 1 sur une longueur de 8,00 m,
le 5 juillet la bouche de la galerie de U2,
le 16 juillet l’entrée 2 et le tunnel entre U1 et U 2.

Notre main-d’œuvre fut diversement affaiblie de manière considérable par le détachement de commandos d’écoute auprès de la 8. Landwehr-Division (8e division de Landwehr) et de la 44. Res.-Division (44e division de réserve). Du Infant.-Rgt. 211, 6 à 8 hommes se tinrent quotidiennement à notre disposition.

Pendant les périodes de repos, la compagnie fut occupée par l’exercice, le service de combat et la gymnastique.

Furent décorés de la Croix de Fer de 1. Klasse :
Gefreiter Langer le 30 juin 1917,
Unteroffizier Feller le 12 juillet 1917.

La Croix de Fer de 2. Klasse a été décernée à :

Pionier Roos, Pionier Riemer, Pionier Kuczinski, Pionier Adamcewski, Pionier Serwa, Pionier Jozwiak, Pionier Lusga, Pionier Koralewski, Pionier Pohl, Pionier Reins.

L’état de santé et le ravitaillement de la compagnie étaient bons.

Le 15 juillet, les Pioniere Becker et Winter furent blessés par des éclats d’obus sur le chemin de la position sur le talus U3, à savoir Becker dans le dos et aux deux bras et Winter légèrement à la tête.

O.U., le 1. August 1917
Pour l’exactitude :
B.
Hauptmann u. Komp.Führer

August 1917.

Fortement inquiet de nos travaux dans R-l-2, l’adversaire essaie de nous y arrêter et de nous empêcher d’attaquer sa position. Le 4 août, ses travaux (bruits de perforatrice et coups de pioche isolés) un peu plus bas que R-l-2 par la gauche furent parfaitement constatés. Dès le 5, à 9.30 de l’après-midi, il fit sauter une mine d’écrasement dans le rejet gauche de R-l-2, ce qui eut pour effet de nous enfoncer partiellement seulement environ 5 m de galerie, de perturber brièvement le chargement d’une contre-mine et d’ensevelir ce faisant 3 hommes du P.M.K. 330 (Pion. Beck, Kordes, Wycick) et le Pion. Ulbrich du P.M.K. 329 (voir croquis). En peu de temps, les ensevelis purent être dégagés sans dommage considérable. Lors des travaux de sauvetage, le Unteroffizier Stuhrmann et le Pionier Wlodarczak I se distinguèrent particulièrement (voir ordre du jour du corps d’armée du 12.8.17 à l’avant-dernière page).

Crête des Éparges, explosions fr. et all., août 1917
Crête des Éparges, explosions fr. et all., août 1917

Après cette explosion et notre contre-explosion du 16 août 1917, il fit de nouveau exploser une charge le 31 août 1917 à 5 h 40 du matin, et ce sur le côté droit de la galerie R.-l.-2 (voir le croquis 69). Cette explosion a écrasé environ 6 m de la galerie en avant du barrage qui était encore resté en place suite à notre explosion du 17 août 1917, le poste d’écoute, le Gefr. Swarowski, se trouvant légèrement enseveli. Il n’y a pas eu d’écrasement proprement dit, d’autant plus que notre galerie est restée complètement exempte de gaz. L’explosion n’a pas non plus surpris, car nous étions informés de l’état des travaux ennemis grâce à l’écoute. Des bruits de coups et de forage avaient été signalés à nouveau au préalable. Selon les phénomènes de fumée observés, l’explosion a creusé un entonnoir. Peu après l’explosion, l’ennemi a pris sous son feu les voies d’accès sur la hauteur d’Herbeuville.

Hauteur de Combres, ordre du jour du corps d'armée du 12 août 1917
Hauteur de Combres, ordre du jour du corps d’armée du 12 août 1917

Addendum :
La prise de vue aérienne précédente (voir page 80) a prouvé que l’ennemi a procédé le 31 août à une double explosion simultanée à gauche et à droite de la galerie R-l-2.

Alors que l’explosion à droite, c’est-à-dire à l’ouest de R-l-2, a creusé un entonnoir, l’explosion située au sud n’a provoqué à la surface du sol qu’un fort renflement composé d’énormes blocs de pierre. La photo de la page 65 permet d’identifier ce renflement comme une tache sombre en dessous du x, voir la prise de vue aérienne de la page 80.

Parallèlement à ces travaux ennemis, les autres travaux de minage de l’ennemi se sont poursuivis. Les tirs de mine constatés en août s’élèvent à 40 – 50 par jour. La volonté de l’ennemi de nous repousser de sa position en forme de doigt (Fingerstellung) est donc claire.

Comme déjà mentionné, nous étions précisément occupés le 5 août dans la galerie R-l-2 à bourrer la charge pour la contre-explosion lorsque l’explosion ennemie s’est produite. 100 quintaux de munitions (Perdit) et 2,00 m de barrage avaient déjà été mis en place. Nous avons pu commencer les travaux de déblaiement immédiatement après l’explosion, aucun dommage important n’étant survenu et seul le toit s’étant effondré sur environ 8 m. Les munitions étaient restées intactes, de sorte qu’après l’introduction de nouvelles munitions de mise à feu, les travaux de bourrage ont pu être poursuivis et achevés le 7 au matin. La charge devait maintenant rester en place jusqu’à ce que l’ennemi soit à nouveau détecté à proximité. À cet effet, un appareil d’écoute avait été intégré dans la chambre de mine, permettant d’écouter les travaux ennemis derrière le barrage. Pour le tromper de notre côté, un chantier a été amorcé à 12 m en arrière du barrage, approximativement parallèlement à R-l-2. Dans les premiers jours suivant l’explosion ennemie, aucun tir de mine ennemi n’a été perçu par la gauche dans la galerie R-l-2 ; ce n’est que le 8 que les premiers ont été signalés à nouveau.

Hauteur de Combres, explosion allemande du 16 août 1917, Fl. A. 279, 17 août 1917
Hauteur de Combres, explosion allemande du 16 août 1917, Fl. A. 279, 17 août 1917

Le 16 à 5 h 10 du matin, notre explosion a alors été exécutée à l’heure dite sur l’ordre de la 45. Reserve-Division (45e division de réserve), tandis que de 4 h 55 à 5 h 10 du matin, une importante opération de Stosstrupp (groupe d’assaut) avec un feu nourri d’artillerie et de Minenwerfer (lance-mines) a été menée contre le point d’appui français « le Chapeau » dans le secteur III.

Une observation depuis l’entonnoir Graevenitz a permis de constater une flamme jaillissante, signe que l’explosion avait creusé un entonnoir, comme on pouvait s’y attendre vu la superposition remuée par les explosions précédentes. La prise de vue aérienne (page suivante) montre le nouvel entonnoir sur le bord nord de l’entonnoir Eberhardt.

Dans la galerie de combat R et la galerie voisine S, le bourrage et la voie sont restés intacts.

L’ensemble de la galerie R n’a présenté aucun gaz lors de la reconnaissance effectuée immédiatement après l’explosion. Ce n’est qu’après que les mineurs eurent travaillé pendant environ une heure que du gaz se fit soudainement sentir. Les hommes devinrent en partie complètement inconscients, mais purent néanmoins s’extirper mutuellement à temps. La galerie fut donc immédiatement étayée après que la ventilation eut été commutée en mode aspirant.

Aucun véritable travail de minage n’a été repris jusqu’à présent dans R-l-2, hormis ceux destinés à tromper l’ennemi. R-l-2 a été utilisé uniquement comme galerie d’écoute et un appareil d’écoute a été installé en avant du barrage. Étant donné que la veille de notre explosion, l’ennemi avait encore tiré à son ancien emplacement d’explosion et que des tirs de mine réguliers avaient également été observés sur les autres chantiers ennemis, mais qu’après notre explosion et jusqu’au 19, aucun tir ennemi ni aucun autre travail de minage n’ont été signalés, on peut supposer avec certitude que notre explosion a causé des dommages considérables à l’ennemi. Les galeries de l’ennemi ont en tout cas été complètement envahies par les gaz pendant quelques jours à la suite de l’explosion, ce que l’on peut déduire de l’activité ininterrompue du ventilateur ennemi au niveau du trottoir, dont le bruit a résonné jusqu’à notre position d’entonnoir pendant trois jours et trois nuits pleins après notre explosion. Le bruit de ce ventilateur n’est sinon perçu que par intermittence (voir à droite).

Une opération de patrouille du Reserve-Infanterie-Regiment 211 (211e régiment d’infanterie de réserve) menée à la suite de l’explosion contre la sape française près du repère 22a a trouvé la sape évacuée à ce moment-là.

C’est relativement tard après l’explosion, vers 5 h 25, que l’adversaire a ouvert un feu nourri d’artillerie et de mines sur la hauteur de Combres (principalement sur le secteur I c-d) et sur les voies d’approche vers Combres, Herbeuville et l’Ost-Tranchée. À cette occasion, le tunnel entre S et U4 a été enfoncé sur une longueur d’environ 20 m par une mine lourde.

Il était frappant de constater que l’adversaire avait déjà dirigé un feu intense les deux jours précédents, les 14 et 15.8., sur l’entonnoir Graevenitz et principalement sur le secteur Id.

L’ordre de division du 16.8.27 exprime sa reconnaissance à tous les participants de l’opération.

Hauteur de Combres, explosions fr. dans la zone de l'entonnoir Eberhardt les 5 et 31.08.1917
Hauteur de Combres, explosions fr. dans la zone de l’entonnoir Eberhardt les 5 et 31.08.1917

Ordre de division du 16.8.1917.
« L’opération de la nuit dernière, à laquelle ont pris part des membres de toutes les composantes de la division, a rempli son objectif. L’opération a été habilement soutenue par des opérations secondaires des régiments 210 et 211 ainsi que des mineurs. J’exprime à tous les participants, et en premier lieu aux mineurs, toute ma reconnaissance pour cela. »
signé v. Eberhardt.

Comme les explosions ennemies mentionnées se situent encore à plus de 170 m en avant de notre première ligne, il n’y a rien à craindre, d’autant plus que la galerie du puits R (R-Schacht-Stollen), située à 17 m sous la galerie R-l-2, permettra d’atteindre et de saisir l’adversaire à brève échéance. En conséquence, la galerie du puits R est activement poussée en direction de l’entonnoir Eberhardt. Pour faire face aux autres travaux ennemis, la galerie S-links est creusée plus loin vers l’avant entre l’entonnoir Grenadier et l’entonnoir Welsch, et un puits est en outre foncé dans S-links afin de pouvoir saisir l’adversaire par en bas depuis cet endroit, tout comme avec le puits prévu à S-Ort, au cas où il se trouverait plus bas que nos niveaux d’attaque précédents (voir page 75).

Ont atteint à la fin du mois :
la galerie du puits R (R-Schacht-Stollen) une longueur de 34,70 m,
S-links une longueur de 130,90 m,
le puits S-links une longueur de 3,60 m,
S-Ort a été de nouveau déblayé et étayé à 283 m. Pour l’amorçage du nouveau puits, le petit profil a été retaillé des mètres 192 à 205 aux dimensions du grand profil, puis la confection d’une chambre de puits a été entamée.

Tunnel de Combres, secteurs Linden-Tunnel et Speich-Tunnel, 1917
Tunnel de Combres, secteurs Linden-Tunnel et Speich-Tunnel, 1917

Les travaux du tunnel de contournement de U2 à U1 ont également été suspendus ce mois-ci en raison d’un manque de main-d’œuvre. Dans le tunnel principal, les travaux habituels de réparation et de drainage ont été exécutés.

Nos effectifs de travail ont de nouveau été très affaiblis par les commandos d’écoute et de construction. C’est ainsi que Lt. Vecqueray avec 1 homme ont été détachés au commando de construction Vecqueray à Billy et que Lt. Schmieding avec 1 Uffz. et 8 hommes ont été commandés auprès de la Südarmee de Metz pour écouter les travaux ennemis.

Le 29, 15 hommes de la compagnie d’armement (Armierungskomp.) 2/117 ont cependant été mis à notre disposition. La P.M.K. 329 s’est vu adjoindre la section allant de U1 à la sortie 2 afin d’assurer une répartition plus équitable des travaux de réparation dans le tunnel de Combres.

Le feu de harcèlement ennemi n’a en général pas été aussi intense que les mois précédents. Le 11 août, à 6 h du soir, le tunnel près de U3 a été enfoncé sur environ 20 m par une mine ennemie, tuant un homme de la 5/211. Les travaux de sauvetage avaient été immédiatement entamés par nos soins et la P.M.K. 329.

Le 13 août, la sortie 2 a également été enfoncée sur 5 m par une mine ennemie.

Enfin, le tunnel fut, comme déjà souligné, enfoncé sur une longueur de 20 m entre S et U4 après l’explosion du 16 août.

Pendant les temps de repos, la compagnie a été occupée par l’exercice et la gymnastique. Le 11 août, la compagnie a célébré sa première année d’existence en organisant des jeux de gymnastique et de combat.

Ont été décorés de la Croix de fer de 2e classe :
le pionnier Karl Schneider, le pionnier Richard Schinski.

L’état de santé et l’alimentation de la compagnie étaient bons.

Le 30 août, la 45e division de réserve (Res.-Div.) a été relevée par la 240e I.D., et le bataillon de pionniers (Pion.-Batl.) 345 (commandé par Hauptm. Welsch) par le bataillon de pionniers (Pion.-Batl.) 240 (commandant Hauptmann Brüger).

O.U., le 1er septembre 1917
Pour l’exactitude :
Barry
Hauptmann et chef de compagnie (Komp. Führer).

Septembre 1917.

Après ses tirs à la fourche et ses mines d’écrasement du 31.8.17, l’ennemi s’est de nouveau approché de notre galerie de combat R-l-2, tant par la gauche que par la droite. À partir du 3 septembre, des bruits de minage ennemis (coups, frappements et roulements) ont également été signalés à plusieurs reprises à proximité immédiate de R-l-2.

De manière inattendue, l’ennemi a fait sauter le 21.9.17, à 6.30, deux mines d’écrasement au niveau de l’entonnoir Welsch, c’est-à-dire au niveau de la galerie S-Ort. Exactement comme le 31.8. (voir relevé aérien A, page 96), l’ennemi a tenté cette fois encore de cerner notre galerie avec un tir à la fourche qui enserre la galerie comme une pince. (voir croquis p. 90). Les deux explosions coïncident avec les travaux qui avaient été déterminés en juin par des relevés d’orientation précis à la boussole (voir page laissée en blanc). Des coups de mine n’ont plus été signalés par la suite à partir de ces galeries.

Hauteur de Combres, entrées de galeries et haldes ennemies, 05.09.1917
Hauteur de Combres, entrées de galeries et haldes ennemies, 05.09.1917

L’ennemi semble donc avoir creusé ces galeries plus tôt et les avoir préparées pour l’attaque avant que nous ne soyons arrivés à proximité avec S-Ort. Les explosions du 21.9. dans la galerie de combat S-links n’ont plié que quelques cadres de galerie. En outre, environ 12,00 m en arrière du front de taille, quelques mètres de terrain supérieur se sont effondrés.

De manière tout à fait remarquable, la galerie S-Ort, qui était située à proximité immédiate des explosions françaises, n’a présenté aucun dommage, de sorte que même l’écouteur présent dans S-Ort pendant l’explosion n’a rien ressenti d’autre que la détonation et la secousse dans la roche. Cela ne peut s’expliquer que par le fait que les ondes de choc du tir à la fourche se sont brisées dans les environs de S-Ort et ont mutuellement neutralisé leurs effets ; car autrement, la galerie S-links, située à 45 m de là, n’aurait pu présenter aucun dommage.

Hauteur de Combres, secteur 17, explosions en septembre 1917
Hauteur de Combres, secteur 17, explosions en septembre 1917

Les hommes n’avaient pas été blessés par l’explosion, car c’était précisément la relève, et les galeries sont également restées constamment exemptes de gaz.

Le nombre de tirs ennemis dans le secteur de compagnie s’est maintenu en septembre au même niveau qu’auparavant, à environ 40 – 50 coups par jour. À proximité immédiate de nos travaux, l’ennemi ne tire que quelques coups faibles, et ce simultanément avec d’autres plus éloignés, afin de nous tromper. Son activité reste donc toujours aussi intense.

La galerie de combat R-l-2, détruite dans une petite partie par les mines d’écrasement du 31.8., a été déblayée jusqu’à l’ancienne digue en évitant le moindre bruit, chargée de 100 Ztr. d’explosif et, après que de nouveaux bruits de minage ennemis proches eurent été signalés à partir du 3, a été mise à saut sur ordre de la division le 10.9., à 9 h du matin, afin d’arrêter l’ennemi dans la poursuite de ses travaux.

Jusqu’au 25.9., les écouteurs n’ont plus constaté de travaux de minage ennemis à proximité immédiate de la galerie dans R-l-2. On peut en conclure avec certitude que notre explosion a eu le succès escompté. Dans le nouvel entonnoir, un souterrain français revêtu de bois de charpente a été constaté par Hauptmann Barry et Leutnant Borchers le 18.9., à environ 8,00 m sous terre et à 15 m du bord oriental de l’entonnoir. Deux jours plus tard, l’ennemi avait déjà rendu méconnaissable cette galerie mise à nu en enlevant la charpente en bois et en comblant l’ouverture.

En raison du brouillard dense, l’explosion elle-même et le comportement de l’ennemi immédiatement après l’explosion n’ont pu être observés.

Le tir de représailles avec de l’artillerie et des mines a fait défaut, contrairement à ce qui s’était passé auparavant.

La galerie de combat S-links, très peu endommagée par l’explosion ennemie du 21.9.17, a été redéblayée en quelques heures. Ensuite, étant donné que les tirs de mine ennemis s’étaient considérablement rapprochés de nous au niveau de l’entonnoir Welsch, la galerie de combat S-links a été mise à saut sur ordre de la division le 29.9., à 4 h du matin, pour parer à des travaux de minage ennemis proches au niveau de l’entonnoir Welsch. La charge explosive était de 350 Ztr. de Perdit. Avec cette charge, l’explosion a bien creusé d’entonnoir malgré la forte couverture de 30 m. (voir photographies aériennes page 96B). Nos propres galeries et l’entonnoir Graevenitz sont restés intacts. Quelques jours plus tard, la présence de bois de blindage et de bois équarri a été signalée dans le nouvel entonnoir, ce qui permet de conclure avec certitude que des installations de minage ennemies ont été détruites. Aucun tir de mine ennemi proche n’a plus été signalé jusqu’à la fin du mois.

Le feu de mitrailleuse ennemi s’est déclenché immédiatement après le sautage, l’artillerie légère environ 5 minutes plus tard, l’artillerie lourde et le Minenwerfer (lance-mines) environ 10 minutes plus tard. Le bombardement a duré environ 1 heure.

La galerie du puits R a été poussée en direction de l’Eberhardt-Trichter. Le R-l-2 lui-même a été étayé et n’a plus été utilisé que comme galerie d’écoute. Le puits S-gauche a été entièrement foncé et aménagé, et une recette a ensuite été amorcée. À S-Ort, on a commencé à foncer un puits à 215,00 m de longueur, qui, tout comme le puits S-gauche, doit être foncé jusqu’à la courbe de niveau 300. Avec les galeries de fond de puits, nous serons alors assurément plus bas que l’adversaire.

Crête des Éparges, secteur 16, sautage du 5 septembre 1917, Müller-Trichter
Crête des Éparges, secteur 16, sautage du 5 septembre 1917, Müller-Trichter

Ont atteint à la fin du mois :
la galerie du puits R, une longueur de 73,30 m,
le puits S-gauche, une profondeur de 14,75 m,
le puits de S-Ort, une profondeur de 3,60 m,
S-gauche a sauté à 170,70 m.

Les autres galeries de combat ont été utilisées comme galeries d’écoute, drainées et entretenues.

Les travaux de réparation habituels dans le tunnel, en particulier près des entrées 1 et 2, ont été exécutés sans incidents. Des coupures de courant nous ont souvent perturbés dans nos travaux, car les treuils et les ventilateurs s’arrêtaient.

Du bataillon de fortification Armierungsbataillon 2/117 (2e bataillon de fortification 2/117), 15 hommes étaient disponibles chaque jour.

Le tir de harcèlement ennemi n’a pour ainsi dire pas pesé du tout de tout le mois sur nos déblais et nos entrées de galerie.

Pendant les périodes de repos, la compagnie a été occupée par des exercices de manœuvre et de la gymnastique.

Ont été décorés de la Croix de fer de 1re classe :
Leutnant Borchers,
Unteroffizier Guschke.

La Croix de fer de 2e classe a été attribuée à :
pionnier Elsner, pionnier Brisch, pionnier Bogdanski, pionnier Wlodarczak II.

L’état de santé et le ravitaillement de la compagnie étaient bons.

Pendant la période du 1er septembre au 31 septembre, la compagnie a été subordonnée à la 240. Infanterie-Division (240e division d’infanterie) et affectée au commandant des pionniers de la 240e I.D. (Hptm. Brüger).

O.U., le 1er octobre 1917.
Pour l’exactitude :
Barry
Hauptmann et chef de compagnie.

Octobre 1917.

L’activité de mine ennemie a continué d’être extrêmement intense en octobre. Le nombre signalé de tirs de mine s’est maintenu au niveau antérieur de 40 à 50 par jour. De plus, des bruits de mine ont été signalés à plusieurs reprises à proximité de la galerie de combat R, ainsi le 5 entre 4 h et 4 h 30 de l’après-midi, tant dans la galerie du puits R par les équipes au travail que par l’écouteur en R-l-2, le 6.10 à 18 h, également en R-l-2, le 17 à 9 h 25 du matin dans le puits R, et le 18 en R-l-2. Le 20, l’adversaire a été remarquablement calme, de sorte que l’on soupçonnait déjà une explosion de sa part. Les travaux dans la galerie du puits R ont par conséquent été menés avec une prudence accrue et l’écouteur en R-l-2 a été retiré plus en arrière. De même, un message radio français a été intercepté le 28, selon lequel l’adversaire avait l’intention de faire sauter une mine, sans toutefois qu’il ne se produise rien. Une patrouille du régiment d’infanterie de Wesel (56e régiment d’infanterie de réserve) a signalé le 14 à 9 h 20 de l’après-midi des bruits de mine ennemis entre l’Eberhardt-Trichter et la tranchée ennemie 23 am Finger (voir p. 52). Il ne semble toutefois s’agir que de travaux dans la tranchée même ou sur des abris, d’autant plus qu’ils ont été observés ou entendus à proximité immédiate de la tranchée et à quelques mètres de profondeur seulement.

Crête des Éparges, Graevenitz-Trichter, Trichterstellung, 1919
Crête des Éparges, Graevenitz-Trichter, Trichterstellung, 1919

Le maintien de la ligne Eberhardt-Trichter – Welsch-Trichter est pour l’instant notre principal objectif, ensuite seulement vient l’attaque contre la ligne ennemie am Finger. En conséquence, les travaux dans les galeries R et S sont également organisés. Les galeries R-Schacht-Stollen, S-links, S-links-Schacht-Stollen et S-Ort ont été poussées approximativement dans la même direction de 305° à 307° et doivent si possible être poussées d’abord jusqu’au bord est de la ligne de cratères (Welsch-Eberhardt-Trichter). Le plan d’attaque et de défense contre le Finger est représenté sur le croquis ci-contre à l’échelle 1:1000. Dans S-links et S-Ort, de même que dans le puits S-Ort, nous avons dû surmonter de grandes difficultés d’eau lors des fortes précipitations survenant, car les quantités de pluie s’accumulant dans les cratères cherchaient leur écoulement naturel à travers les galeries de combat.

C’est pour cette raison que nous avons dévié latéralement du fond de l’entonnoir avec S-links et S-Ort et que nous avons créé de bonnes installations d’évacuation des eaux dans les galeries. S-links a été creusé immédiatement après sa mise à feu le long du bourrage à gauche, et S-Ort a été remis en service à la fin du mois. Comme protection de l’aile gauche, le R-Schacht-Stollen-links a de nouveau été occupé.

Ont atteint à la fin du mois :
R-Schacht-Stollen une longueur de 112,70 m,
R-Schacht-Stollen-links une longueur de 23,10 m,
S-links une longueur de 163,90 m,
S-links-Schacht-Stollen une longueur de 17,00 m,
S-Ort une longueur de 90,00 m,
S-Ort-Schacht une profondeur de 11,80 m.

Crête des Éparges, secteur 16, entonnoir Werder, 1919
Crête des Éparges, secteur 16, entonnoir Werder, 1919

Les travaux de réparation habituels dans le tunnel et dans les galeries, en particulier des travaux d’assainissement d’envergure, ont été exécutés. Les coupures de courant fort, qui sont devenues de plus en plus fréquentes et sensibles ces derniers temps en raison de la forte dégradation du câble, ont souvent provoqué de longues pannes. Ces interruptions ont souvent duré des heures et ont eu pour conséquence que, sans compter l’arrêt complet de l’extraction, les ventilateurs de tous les puits et de leurs galeries ne pouvaient pas non plus fonctionner, et les équipes devaient alors être retirées des galeries de combat par manque d’alimentation en air. De telles interruptions fâcheuses doivent naturellement réduire les performances, et la situation des mineurs employés dans les galeries de puits pourrait également devenir très critique, voire sans issue, lors de dynamitages de l’ennemi.

Crête des Éparges, longueurs et profondeurs, 1er novembre 1917
Crête des Éparges, longueurs et profondeurs, 1er novembre 1917

Pour la reprise de l’exploitation du R-Schacht-Stollen-links, le commandant du génie mit à la disposition de la compagnie 10 hommes supplémentaires de la compagnie d’armement 2/117 et 10 hommes de la compagnie sœur 329.

À la fin du mois, S-Ort fut occupé par des hommes de la compagnie de mineurs du génie 329 sur ordre du commandant du génie.

Il n’y a pas eu de tirs de harcèlement ennemis sur nos terrils au cours du mois d’octobre.

Pendant les périodes de repos, la compagnie a été occupée par des exercices de manœuvre et de gymnastique, et a également reçu une instruction poussée par des exercices répétés avec des masques à gaz et des appareils de sauvetage autonome.

A été décoré de la Croix de fer de 1re classe : le pionnier Beyer I.

Ont reçu la Croix de fer de 2e classe les pionniers : Frick, Klinkenberg, Paetz, Rauschenberg, Ribitzki.

Par l’ordre de division du 11 octobre 1917, le commandement tactique des opérations de minage à Combres a été confié à Hauptmann Karau, Pion.-Min.-Komp. 329. Pendant le congé de Hauptmann Barry du 1er au 21 octobre, le Leutnant Borchers a dirigé la compagnie.

L’état de santé et l’alimentation de la compagnie étaient bons.

O.U. le 1er novembre 1917.

Pour l’exactitude :
Barry
Hauptmann et chef de compagnie

Novembre 1917.

L’ennemi s’était déjà fait remarquer en octobre par de nombreux tirs de mines ainsi que par des bruits de coups et de minage. Cependant, aucune explosion n’avait encore eu lieu de sa part. Au début de novembre, le nombre de tirs de mines ennemis s’est maintenu au même niveau qu’auparavant, soit 36 à 40 coups par jour. Cela a duré jusqu’au 7.

Crête des Éparges, explosion française près du R-Schacht-Stollen, 8 novembre 1917
Crête des Éparges, explosion française près du R-Schacht-Stollen, 8 novembre 1917

Le 8 novembre 1917 à 18 h 50, alors que nous étions précisément en train de charger le R-Schacht-Stollen, il mit toutefois à feu une puissante mine d’écrasement, dont la forte secousse tellurique fut nettement perceptible dans le cantonnement d’Hannonville.

Sous l’effet de l’explosion, des gaz carboniques pénétrèrent avec une violence extraordinaire dans le R-Stollen et dans l’ensemble du réseau de tunnels depuis le Stollen C6 jusqu’à l’entrée 1 (voir croquis p. 106). L’explosion se produisit au moment de la relève, alors que tous les mineurs se trouvaient dans la partie supérieure du R-Stollen (voir croquis et profil p. 107).

Selon les déclarations des personnes intoxiquées par les gaz, les mineurs occupés ici à acheminer des munitions furent d’abord projetés au sol par le souffle de la détonation, puis étourdis par la vague de gaz suivant avec une pression encore plus grande.

Au total, 11 mineurs (voir récapitulatif p. 122) de la Pionier-Min.-Komp. 330, 9 infanteristes du Res.-Inf.-Rgt. 56 et un observateur d’artillerie furent immédiatement tués, et environ 31 hommes tombèrent malades des suites d’une intoxication par les gaz. Parmi les personnes intoxiquées par les gaz, un mineur supplémentaire (le Pionier Kampa) décéda le 14 novembre des suites d’une fracture du crâne subie lors de la chute.

Hauteur de Combres, explosion française du 08.11.1917
Hauteur de Combres, explosion française du 08.11.1917

En raison de la violence de la pression atmosphérique lors de l’explosion, plusieurs autres victimes avaient également été projetées au sol avec une telle force qu’elles eurent le crâne fracturé. À l’extrémité supérieure du puits R se trouvaient 6 hommes qui ont dû être tués sur le coup par le monoxyde de carbone jailli du puits sous une forte pression, car ils furent retrouvés dans une attitude détendue, assis pour se reposer, sans aucune défiguration du visage. Les infanteristes tués et intoxiqués par les gaz se trouvaient dans le tunnel de Combres et y ont été victimes du monoxyde de carbone qui y avait pénétré (voir croquis p. 106).

À la suite des secousses de l’explosion, la galerie du puits R, dans la chambre de mine de laquelle 80 Ztr. de munitions avaient déjà été introduits, fut plus ou moins fortement détruite et ensevelie jusqu’au puits R. La galerie voisine S resta intacte et exempte de gaz, de sorte que les travaux de minage purent y être poursuivis sans perturbation.

Les travaux de sauvetage furent entrepris immédiatement après l’explosion par le Leutnant Borchers, en collaboration avec les Unteroffiziere se trouvant encore en position et les hommes de troupe de la Pion-Min.-Komp. 330. Le Leutnant Borchers alla d’abord à la rencontre des troupes en fuite et les renvoya immédiatement hors du tunnel fortement gazé à l’air libre. Entre-temps, les Unteroffiziere s’étaient équipés d’appareils de sauvetage autonome dans l’abri des Unteroffiziere et pénétrèrent dans la galerie R gazée par l’entrée de la galerie.

Hauteur de Combres, explosion française près de la galerie du puits R le 08.11.1917, situation des accidentés
Hauteur de Combres, explosion française près de la galerie du puits R le 08.11.1917, situation des accidentés

Après avoir envoyé à l’air libre les troupes se trouvant dans le tunnel de Combres, le Leutnant Borchers prévint d’abord le Komp. Führer de la 7. Komp. du Res.-Inf.-Rgt. 56, situé dans ce secteur, du danger de gaz menaçant et fit immédiatement évacuer les abris d’infanterie dans le tunnel de contournement et la cuisine dans la galerie U4. Il s’équipa ensuite d’un appareil de sauvetage autonome dans l’abri des officiers et monta avec le Pionier Schwarz par le Bremsberg R vers la galerie de combat R. Dans le Bremsberg R, ils trouvèrent les deux premiers morts.

Entre-temps, les travaux de sauvetage dans la galerie de combat R avaient déjà bien progressé malgré la forte concentration de gaz, de sorte que 5 morts avaient pu être récupérés. Sortir les accidentés de cette galerie glissante et sombre, dont l’installation d’éclairage avait été détruite, fut extrêmement difficile pour les équipes de sauvetage. Néanmoins, en déployant toutes leurs forces et sans tenir compte du danger permanent de devenir eux-mêmes victimes des gaz toxiques, les équipes de sauvetage réussirent à récupérer en peu de temps tous les accidentés se trouvant dans la galerie. Venant de la Pion.-Min.-Kompagnie 329, le Vizefeldwebel Michalski ainsi que les Unteroffiziere August et Kleegräfe s’étaient précipités pour porter secours.

Ce qui caractérise le dévouement avec lequel les travaux de sauvetage ont été menés, c’est le fait que le Leutnant Borchers, le Gefreite Langer et le Pionier Grabowski ont agi jusqu’à ce qu’ils perdent eux-mêmes connaissance et soient évacués comme intoxiqués par les gaz.

Hauteur de Combres, liste de différents sauveteurs du 08.11.1917
Hauteur de Combres, liste de différents sauveteurs du 08.11.1917

Les performances de chacun ressortent du récapitulatif suivant :

Ceux qui figurent dans le tableau ci-dessus ont été proposés de très haut lieu pour l’attribution de la médaille commémorative de sauvetage en cas de péril. Les Pioniere Piotrowiak, Mroz I, Poganatz, Kaminiarz, Molzahn, Löffler I et Kaczmarek II ont plus tard, après avoir aidé à l’évacuation des infanteristes, transporté à plusieurs reprises les morts acheminés jusqu’au Bremsberg R plus loin jusqu’au terril.

Les autres travaux de sauvetage et l’inspection du lieu de l’accident furent entrepris et menés à bien sous la direction du Komp. Führer immédiatement accouru, en collaboration avec les autres officiers de compagnie.

L’ordre du jour du corps d’armée du 13.11.1917 exprime sa reconnaissance aux personnes mentionnées ci-dessus ainsi qu’aux participants de la Pion.-Min.-Komp. 329 et de la 2. Komgagnie Armierungsbataillon 117. (Voir l’ordre au verso).

Lors de l’inhumation des tués, S. E. le général des pionniers (général de corps d’armée) Schroeter déclara entre autres :

« Nous sommes fiers de vous, mineurs ; c’est uniquement grâce à vous que nous avons tenu la hauteur de Combres. Le combat sous terre est le plus difficile. Sur terre, dans les airs, sur l’eau, nous pouvons voir l’ennemi, mais vous ne pouvez que le deviner. Après ce malheur, remettez-vous au travail avec un courage nouveau et ne vous reposez pas avant que vos camarades tombés au champ d’honneur ne soient vengés. »

L’inhumation des 11 premières victimes eut lieu le 11 novembre au cimetière militaire d’Hannonville s/l Côtes dans une crypte commune, à laquelle fut inhumé le 16 novembre le 12e mineur décédé par la suite. (Illustrations p. 114 et 115 et 197).

Vers 21 h 00, c’est-à-dire environ 2 heures après l’explosion, un officier de la compagnie, le Leutnant Schmieding, descendit dans le puits sous la surveillance du chef de compagnie avec un appareil respiratoire et constata que les 2 m inférieurs du puits étaient remplis de débris de bois de cadres et de masses de roche.

L’aérage du puits et de la galerie fut réglé en aspiration immédiatement après l’explosion afin de débarrasser rapidement le puits et la galerie de tout gaz.

Dès midi le jour suivant (9 novembre), les travaux de déblaiement dans le puits avaient progressé au point qu’il était possible de pénétrer dans la galerie du puits.

La galerie du puits était remplie presque jusqu’en haut de masses de roche et de bois éclatés provenant du boisage et privée de tout son boisage. La plus grande partie du boisage se trouvait en bas, dans et contre le puits même. Dans la galerie du puits stagnait au début un gaz blanc, qui fut toutefois évacué grâce à l’avancement progressif des manches d’aération.

Le 14 novembre, il était déjà possible de progresser jusqu’à 110 m, c’est-à-dire jusqu’à la chambre de mine. La galerie était privée de son boisage sur toute sa longueur, lequel, écrasé et éclaté, avait pour la plupart été projeté jusqu’en bas dans le puits. Le ventilateur situé à l’embranchement vers la galerie du puits R gauche était complètement pulvérisé et projeté à 40 m. Les manches d’aération et le matériel de forage étaient broyés et tordus, et sur les parements apparaissaient les éraflures et les traces de glissement de la roche balayée au passage. Les coudes de la galerie situés à 70 et 80 m de distance du puits ainsi que la pente en cet endroit avaient presque disparu et étaient aplanis sous l’effet de la violence de l’explosion (voir croquis p. 106).

Jusqu’aux 3/4 de sa hauteur totale d’environ 1,60 à 1,80 m, toute la galerie était remplie de masses de roche et recouverte par endroits d’une fine poussière terreuse sur une hauteur d’une paume de main. Après le déblaiement et le boisage de la galerie, on put alors rouvrir la chambre de mine, qui était entièrement ensevelie jusqu’à la voûte.

Crête des Éparges, ordres du corps d'armée et de la division après l'explosion française du 8 novembre 1917
Crête des Éparges, ordres du corps d’armée et de la division après l’explosion française du 8 novembre 1917

Le 16 novembre, les munitions se trouvant dans la chambre de mine (80 Ztr. Perdit) furent trouvées intactes. Selon toute vraisemblance, le foyer de l’explosion s’était trouvé à droite en avant de la chambre de mine, et ce un peu plus haut, car les masses de roche avaient été projetées vers la paroi gauche de la chambre de mine et y avaient été fortement comprimées.

Dès le 17 novembre, la galerie du puits R fut rechargée et déclarée prête à exploser le 19 novembre au matin. Le 19 novembre à 12 h 00, la galerie fut ensuite mise à feu sur ordre de la 121e division et sans incident. L’ennemi s’était déjà considérablement rapproché. Les derniers tirs de mine et bruits de minage avaient été signalés une heure encore avant l’explosion. La secousse de la hauteur de Combres provoquée par l’explosion fut exceptionnellement violente. Du fait de l’explosion, qui avait formé un entonnoir, aucun gaz nocif ne pénétra dans nos galeries, ni à travers le bourrage ni à travers la roche. Tandis que la galerie R restait indemne à la suite de l’explosion, la galerie de combat voisine S-l était enfoncée sur une longueur de 60,00 m. L’effet de l’explosion s’était donc manifesté de cette manière intense jusqu’à 90 m de la chambre de mine, ce qui permettait de conclure avec certitude que les travaux français constatés par explosion devant la galerie du puits R et entre la galerie du puits R et S-gauche étaient totalement détruits.

Crête des Éparges, ordre du jour de l'armée du 25 novembre 1917
Crête des Éparges, ordre du jour de l’armée du 25 novembre 1917

Il convient de souligner tout particulièrement la performance remarquable de la compagnie précisément lors du chargement de cette galerie, après qu’elle eut été détruite le 8 novembre par l’explosion ennemie. Malgré le danger permanent d’être devancé par l’ennemi par une explosion hâtive, officiers, Unteroffiziere et hommes de troupe rivalisèrent d’ardeur pour rendre la galerie prête à exploser le plus rapidement possible afin de venger leurs camarades tués.

L’ordre du jour de l’armée du 25 novembre 1917 exprime sa reconnaissance à la compagnie. (voir l’ordre ci-contre).

Deux heures après la mise à feu de la galerie du puits R, la galerie de combat de S-Ort fut également sautée avec succès pour parer aux travaux de minage ennemis. La galerie avait été temporairement confiée à la compagnie 329 en raison de la surcharge de travail de la compagnie. Après l’explosion, elle fut reprise par la Pion.-Min.-Komp. 330 et, en échange, la galerie R fut cédée à la Pion.-Min.-Komp. 329. Les notes ultérieures concernant la galerie R se trouvent donc désormais dans le journal de marche de la Pion.-Min.-Komp. 329.

Le résultat de la reconnaissance menée le 24.11. par Hauptmann Barry et Leutnant Schmieding dans le champ d’entonnoirs des entonnoirs Eberhardt et Welsch permit de déterminer avec précision l’emplacement et la taille des nouveaux entonnoirs de mine (voir à ce sujet la photographie aérienne ultérieure p. 121). Il convenait de noter dans l’entonnoir Eberhardt la présence de cadres de galerie et de madriers d’origine ennemie, provenant d’une ancienne galerie française.

Après l’explosion ennemie du 8.11., les tirs de mines ennemis diminuèrent considérablement, de sorte que l’on pouvait supposer que l’explosion par écrasement avait également gazé les propres galeries de l’adversaire. Jusqu’au 19.11., le nombre de tirs augmenta à nouveau lentement, sans dépasser toutefois 20 à 30 coups par jour. Après notre explosion du 19.11., le nombre de tirs de mines ennemis diminua à nouveau sensiblement pour n’être plus que de 10 à 15 coups les premiers jours. Les tirs proches cessèrent d’abord complètement et ne furent signalés à nouveau qu’à partir du 23.11. devant S-links, accompagnés de bruits de minage dans le flanc droit. Cela nous incita à creuser immédiatement une chambre de mine à 180 m de longueur dans S-links et à préparer tout pour le chargement. Mais dès le 25.11.17 à 7 h de l’après-midi, pendant ces travaux, l’ennemi fit sauter une charge à droite de la galerie de combat S-links, plus précisément une explosion par écrasement. Celle-ci ensevelit complètement les 9 derniers mètres de la galerie ainsi que la chambre de mine déjà achevée, et éboula fortement 9 autres mètres de la galerie. Heureusement, il n’y eut pas de pertes, car l’explosion eut lieu au moment de la relève. Les autres galeries restèrent intactes. Aucun gaz n’avait pénétré dans nos galeries. Les travaux de déblaiement furent immédiatement entrepris et la chambre de mine fut à nouveau prête à être chargée dès la fin du mois.

Hauteur de Combres, chaîne d'entonnoirs début 1918
Hauteur de Combres, chaîne d’entonnoirs début 1918

L’artillerie ennemie n’ouvrit pas le feu lors des explosions de l’adversaire, mais bien lors de notre explosion du 19.11. Peu après l’explosion, l’artillerie légère entra en action, puis les Minenwerfer ouvrirent le feu à 12 h 15 et l’artillerie lourde à 12 h 20, et ils le maintinrent avec une assez grande intensité jusqu’aux environs de 1 h 00 de l’après-midi.

Parallèlement à ces travaux de sautage, les travaux en cours dans les autres galeries de combat se poursuivirent. Jusqu’à sa cession à la Pion.-Min.-Komp. 329, le R-Schacht-links a une longueur de 26,80 m.

À la fin du mois, les longueurs atteintes étaient les suivantes :
S-links-Schacht une longueur de 44,80 m,
S-Ort-Schacht la profondeur finale de 18,00 m.

Les chambres de mine se trouvaient :
dans le R-Schacht-Stollen à 115,00 m,
dans S-links à 180,00 m,
dans S-Ort à env. 90,50 m.

La charge explosive dans le R-Schacht-Stollen était de 550 Ztr. pour une couverture de 28 m, et de 240 Ztr. dans S-Ort pour une couverture de 14 m. Après l’explosion, S-Ort a été déblayé à nouveau jusqu’à 56,50 m et, en raison de sa faible profondeur, il doit être abandonné en tant que galerie de combat et utilisé uniquement comme galerie d’écoute.

Les travaux de réparation habituels dans le tunnel et dans les galeries ainsi que les travaux de drainage furent poursuivis.

Hauteur de Combres, portes d'aération après l'explosion française du 08.11.1917
Hauteur de Combres, portes d’aération après l’explosion française du 08.11.1917

Afin d’éviter des accidents tels que celui du 8.11., il fut décidé de sécuriser toutes les galeries de combat en service par rapport au tunnel de Combres et au tunnel de contournement au moyen de portes d’aération. Les galeries de combat sont donc fermées par des portes d’aération doubles qui forment chaque fois ensemble un sas. La disposition des portes d’aération devant la galerie S ressort du croquis ci-contre (p. 124). Les travaux préparatoires ont été commencés immédiatement.

Pour faire face aux travaux consécutifs à l’explosion française du 8.11., des infanteristes du Res.-Inf.-Reg. 36 (36e régiment d’infanterie de réserve) avaient été temporairement mis à la disposition de la compagnie. La compagnie d’armement 2/117 fournit également au mois de novembre 20 hommes comme équipe de transport. Des compagnies de pionniers 260 et 241 de la 121. Inf.-Div. (121e division d’infanterie), un total de 5 hommes fut détaché chaque jour pour être formé au service d’écoute.

Hauteur de Combres, portes d'aération dans le tunnel de Combres, nov. 1917
Hauteur de Combres, portes d’aération dans le tunnel de Combres, nov. 1917

Le Leutnant Borchers a été détaché pour deux jours à l’école Arendt à Jarny. Les stations Arendt présentes sur le front doivent entrer en contact plus étroit avec les compagnies de mineurs, car les bruits électriques ennemis de perforatrices et d’autres machines peuvent y être détectés par leur intermédiaire.

Le feu de harcèlement ennemi a été faible sur notre secteur. Le 5 novembre, lors d’un tir de mines mutuel, la S-Rigge a été détruite par des coups au but, de même que le tunnel entre les entrées 10 et 11, enfoncé sur environ 6,00 m.

Crête des Éparges, fosse commune pour les tués du 08.11.1917 au cimetière militaire allemand d'Hannonville s.l. Côtes
Crête des Éparges, fosse commune pour les tués du 08.11.1917 au cimetière militaire allemand d’Hannonville s.l. Côtes

Une patrouille d’infanterie a constaté le 7 novembre, au nord-ouest du Welsch-Trichter, des bruits de moteur et un tube d’aération d’environ 70 cm (/). Des grenades à main et, quelques jours plus tard, une charge concentrée ont été jetées dans le tube par les patrouilles.

Pendant les périodes de repos, la compagnie a poursuivi son instruction dans l’exercice et la gymnastique ainsi que dans le service de sauvetage avec l’appareil à oxygène de l’armée.

L’Unteroffizier Suhrmann a été décoré de la Croix de Fer de 1re classe.

Ont reçu la Croix de Fer de 2e classe :
Le Gefreiter Papajewski, le pionnier Czarnecki, le pionnier Ellerkmann, le pionnier Molzahn, le pionnier Löffler I, le pionnier Piotriwiak, le pionnier Kaminiarcz, le pionnier Poganatz, le pionnier Kaczmarek II, le pionnier Müller, le pionnier Murach, le pionnier Nadstoga, le pionnier Kurczyk, le pionnier Hilbig, le pionnier Hein, le pionnier Herden, le pionnier Pfitzner, le pionnier Schindler, le pionnier Rausch, le pionnier Löffler II, le pionnier Olbrich, le pionnier Fritsche, le pionnier Weinitschke, le pionnier Regitz, le pionnier Wojcziesak, le pionnier Vömel.

L’état civil des tués du 8 novembre ressort du tableau suivant :

La responsabilité exclusive de toute la guerre de mines à Combres, confiée le mois précédent au chef de la Pion.-Min.-Komp. 329 (329e compagnie de sapeurs-mineurs) à l’exclusion du commandant des pionniers, a été rendue aux chefs respectifs des deux compagnies de mineurs pour les secteurs qui leur étaient attribués. Les compagnies de mineurs ont dès lors été subordonnées directement au General-Kommando et n’ont été subordonnées que tactiquement à la 121. Inf.-Div. (121e division d’infanterie). Les compagnies sont restées subordonnées au commandant des pionniers du Pion.-Batl. 121 (121e bataillon de pionniers) uniquement sous l’angle disciplinaire et économique.

O. U. du 1er décembre 1917.

Pour l’exactitude :
Barry
Hauptmann et chef de compagnie.

Crête des Éparges, tués par l'explosion française du 08.11.1917
Crête des Éparges, tués par l’explosion française du 08.11.1917

Décembre 1917.

L’adversaire a poursuivi son activité de mines dans les premiers jours du mois de la manière habituelle. Les travaux suivants ont été signalés devant S entre les galeries S-links et S-Ort. Le 3 décembre, à 14 h 00, notre camp a fait sauter ponctuellement, sur ordre de la 121. Inf. Div., la galerie S-l, prête à être chargée dès la fin novembre, pour parer et détruire les travaux de mines ennemis proches. La charge était de 600 quintaux de perdite. L’explosion a creusé un entonnoir. Le diamètre de l’entonnoir est d’environ 60,00 m, l’entonnoir est situé directement à l’ouest du Welsch-Trichter et porte le nom de Below-Trichter (voir p. 133).

Crête des Éparges, explosion du 03.12.1917, Below-Trichter
Crête des Éparges, explosion du 03.12.1917, Below-Trichter

Le bourrage est resté intact, de même que la galerie S-Ort. Dans la galerie du puits R, quelques mètres ont été enfoncés. Toutes les galeries sont restées exemptes de gaz.

Le feu d’artillerie et de mines ennemi n’a commencé qu’à 2 h 15 et a été particulièrement intense sur les secteurs Id et e. Un coup au but devant le K.T.K. droit a provoqué l’explosion d’un stock de mines et a détruit le Pionier-Park, les entrées de tunnel 1 et 2 ainsi que la Haspelbahn. Après l’explosion, on n’a plus entendu que des tirs de mines ennemis lointains en nombre variable de 17 à 35 coups par jour, preuve que les travaux ennemis proches avaient été détruits.

Le 10 décembre, à 7 h 33 du matin, la compagnie 329 a fait sauter la galerie de combat R-Ort, également pour parer aux travaux de mines ennemis proches.

S-links a été immédiatement déblayé et poussé plus avant après son explosion le 3, de même la galerie du puits S-l située sous S-links a été vigoureusement poussée en avant.

Alors que pendant la première moitié du mois, seuls des travaux de minage ennemis ont été perçus dans les échelons arrière, à partir du 16 décembre, des tirs proches ont de nouveau été signalés devant S. Le nombre oscillait entre 20 et 30. Le 21 décembre, on a ensuite constaté dans le puits S-l, sur la paroi gauche, des forages à la machine électrique, et de même le lendemain lors du quart de nuit. Les deux constats ont été immédiatement signalés par l’officier de service, le Vizefeldwebel Siebert. Sur l’ordre du chef de compagnie, le Hauptmann Barry, une chambre de mine a été immédiatement creusée à 69 m dans la galerie du puits S-links et son chargement a débuté le 22 décembre. L’explosion devait agir comme une mine d’écrasement. La charge était de 150 quintaux de Perdit. Le 23 décembre à 9 h 15, la galerie a été fait sauter sur ordre de la division à partir de la bouche de la galerie S et le travail signalé a été détruit.

Contre toute attente, des gaz se sont accumulés dans la galerie de combat S, si bien que quelques barrages contre les gaz ont été hâtivement installés dans le tunnel de Combres. Après la construction des barrages, l’aération devait être modifiée, un travail qui a été exécuté par le Hauptmann Barry, l’Offz. Stellvertr. Röstel, l’Unteroff. Guschke et l’Unteroffz. Schwierziewski.

Pendant ce travail, à 11 h 20 du matin, le Français a fait sauter sa mine. Une flamme immense jaillit à grande vitesse par la bouche de la galerie S. Toutes les personnes se trouvant dans la galerie S ont été projetées à travers les airs sur de nombreux mètres et violemment jetées au sol. Le Hauptmann Barry, qui se trouvait le plus en avant, a subi de graves brûlures à la tête et aux mains ainsi que de fortes contusions et a dû être transporté à l’hôpital militaire en tant que blessé grave. L’Unteroffizier Schwierziewski a été tué. Le Feldwebel (sergent-major) Röstel et l’Unteroffizier Gusch en sont quittes avec des contusions, le Gefr. Skrotzki a subi une fracture de la cuisse.

Hauteur de Combres, tunnel de Combres, bouche de galerie, 1917
Hauteur de Combres, tunnel de Combres, bouche de galerie, 1917

Des gaz ont également pénétré dans la galerie U3, tuant 2 hommes de la compagnie de pionniers-mineurs 329. La galerie elle-même a été gravement endommagée, tout le boisage de S-rechts, S-Ort et S-links a été arraché par le souffle jusqu’à 150 m de la bouche. Les déblais des parois et de la voûte ont rempli la voie sur environ 1 à 1,30 m. Le puits S-Ort, le puits S-l et S-Ort (petit profil) étaient restés intacts.

Hauteur de Combres, Uffz. Schwierziewski, tué le 23 décembre 1917
Hauteur de Combres, Uffz. Schwierziewski, tué le 23 décembre 1917

Le Leutnant Häusgen (Pion.-Min.-Komp. 329) a tenté, avec l’Unteroffizier Bigos, 330, de pénétrer dans la galerie S quelques heures après l’explosion ennemie. Les gaz d’explosion ennemis se sont toutefois enflammés à leurs lampes. Tous deux en sont sortis avec de légères brûlures.

Jusqu’à la fin du mois, aucun tir d’explosion ennemi n’a été entendu, de sorte qu’il faut supposer que les travaux ennemis ont également été affectés par l’explosion. Les travaux de déblaiement dans la galerie S ont été immédiatement repris. Comme des tirs d’explosion ennemis ont de nouveau été entendus à l’écoute en C5 et C4, le puits C6 a été de nouveau déblayé et porté à une longueur de 139 m. Le puits S-Ort a été achevé au mois de décembre et la galerie du puits S-Ort a été poussée de 12,70 m en direction de l’entonnoir Welsch. Les travaux de déblaiement dans S-l et S-Ort ont atteint respectivement 65,00 m et 220,00 m. En raison de l’intensification des travaux, seuls les principaux dégâts ont pu être réparés dans le tunnel de Combres. La progression des portes d’aération en construction a également été entravée par cela.

Des remplaçants sont arrivés à la mi-décembre pour les soldats tombés au mois de novembre. Pour le reste, la main-d’œuvre était la même que le mois précédent.

À part les jours des explosions, le feu de harcèlement ennemi a été faible sur notre position. Le 10 décembre, le tunnel entre la sortie 1 et la sortie 2 a été légèrement enfoncé par des tirs de mines.

Pendant les périodes de repos, la compagnie a poursuivi son instruction par l’exercice, la gymnastique ainsi que dans le service de secours au moyen d’appareils à oxygène.

Leutnant Schmieding était en permission du 8 au 21 décembre 1917. Leutnant Borchers du 22 décembre 1917 au 15 janvier 1918.

Pendant la permission du Leutnant Borchers, le Leutnant Schmieding commande la compagnie pour le Hauptmann Barry blessé.

Ont été décorés de la Croix de fer de 2e classe :
Pionier Kaczmarek I, Pionier Denker, Pionier Bartsch, Pionier Spitzer, Pionier Somnitz.

O.U., le 1er janvier 1918.

Pour l’exactitude :
I.V.d.K.F.
signé Schmieding
Leutnant

Janvier 1918.

L’explosion ennemie du 23.12.17 avait déjà montré que l’adversaire s’efforce très sérieusement et très activement de nous évincer peu à peu de la ligne Eberhardt-Welsch-Trichter avec nos dispositifs de sécurité souterrains, pour s’emparer de l’entonnoir Graevenitz et surtout de ceux du Granathügel et du Storchnest. La gravité de la situation est en outre renforcée par le fait que l’adversaire a également repris son activité à droite du Kampfstollen U3.

La situation plus tendue a nécessité l’engagement de deux compagnies de sapeurs-mineurs supplémentaires, arrivées au milieu du mois, le 13.1. la Pionier-Mineur-Komp. 325 (compagnie de sapeurs-mineurs 325) et le 15.1. la bayr. Mineur-Kompagnie 5 (compagnie de sapeurs-mineurs bavaroise 5).

Par décision du Gen. Kds. V. A.K. du 19.1.18 Abtl. Ig Pi n° 145/12 Geh., les compagnies furent regroupées en un bataillon, le bataillon Karau (sans dotation).

Le bataillon réglementa la répartition du travail des compagnies comme suit :
1.) La Pionier-Mineur-Kompagnie 329 (compagnie de sapeurs-mineurs 329) exploite les galeries de combat en R, le plan incliné U3 (U3-Bremsberg) et un côté de la liaison par tunnel de S à la sortie 2.
2.) La Pionier-Mineur-Kompagnie 330 exploite les galeries de combat à S et l’autre côté du tunnel de contournement de S à la sortie 2.
3.) La Pionier-Mineur-Kompagnie 325 exploite la galerie de combat à U3 droite, C6 et la voie de liaison entre l’entrée 2 et la 4. En outre, elle doit entretenir le tunnel entre l’entrée 4 et l’entrée 11.
4.) La Bayr.-Mineur-Kompagnie 5 exploite C4, C5 et le contournement d’U1 vers l’ancien tunnel en direction de C6. En outre, elle doit entretenir le tunnel entre l’entrée 4 et la sortie est.

En raison de la nouvelle répartition, la compagnie céda le 13.1. la galerie de combat C6 à la Pionier-Mineur-Kompagnie 325 et ne conserva comme secteur de combat que la galerie S avec ses bifurcations et ses puits.

Crête des Éparges, secteur Combres-Ost, décembre 1917
Crête des Éparges, secteur Combres-Ost, décembre 1917

Le plan d’attaque élaboré par le Hauptmann Karau s’articule selon les directives suivantes :

a) réduire les champs de mines du système principal ennemi sur l’aile gauche (Finger),
b) prendre ce système de flanc par un ouvrage plus important (U3),
c) araser méthodiquement la pente nord de Combres, en liaison avec la destruction du champ de mines ennemi devant l’aile droite, et la rendre intenable pour l’adversaire.

La Kompagnie 330 (330e compagnie) a donc pour mission, avec les galeries du puits S-links (S-links-Schacht-Stollen) et les galeries du puits S-Ort (S-Ort-Schacht-Stollen), de concert avec la Pionier-Mineur-Kompagnie 325 (325e compagnie de pionniers-mineurs) qui exploite les galeries du puits R (R-Schacht-Stollen), de détruire les principaux champs de mines ennemis sur le Finger et d’englober si possible la 1re ligne ennemie lors des explosions.

Crête des Éparges, plan d'attaque Karau, secteur R à C4, 21 janvier 1918
Crête des Éparges, plan d’attaque Karau, secteur R à C4, 21 janvier 1918

La Kompagnie 330 (330e compagnie) a donc pour mission, avec les galeries-puits S-links et S-Ort, de concert avec la Pionier-Mineur-Kompagnie 325 (325e compagnie de pionniers-mineurs) qui exploite les galeries-puits R, de détruire les principaux champs de mines ennemis sur l’éperon et d’englober si possible la 1re ligne ennemie lors des explosions.

Les trois galeries-puits sont creusées parallèlement. Il est à peine envisageable que la ligne ennemie puisse être atteinte par un assaut brusqué.

Nous devons donc nous attendre à des sauts de mines de l’ennemi et être à tout moment en mesure de faire sauter nos propres mines

Les tirs de mine ennemis écoutés dans la galerie de combat S furent peu nombreux au cours du mois de janvier, avec une moyenne quotidienne signalée de 10 à 12 coups, qui augmentèrent toutefois pour atteindre 20 certains jours à partir de la mi-mois. Aucun travail à l’outil à main ou à la foreuse n’a été perçu.

Le 30.1, à 6.50 de l’après-midi, l’ennemi fit toutefois sauter une mine d’écrasement en demi-gauche devant S-gauche, par laquelle la galerie du puits de S-gauche fut légèrement enfoncée sur 15,00 m. Les galeries voisines ne furent pas endommagées. Peu de temps après la détonation, des gaz de pétardement pénétrèrent, emplissant toute la galerie S jusqu’à l’entrée. Grâce aux portes d’aération à fermeture étanche du tunnel principal et du tunnel de contournement, qui furent immédiatement rendues étanches par l’intervention rapide du Sergeant Gürke, les gaz ne pénétrèrent pas dans le tunnel. Il n’y eut pas de pertes parmi les hommes, car c’était précisément la relève. Dès le soir du 31.1, toutes les activités à S purent reprendre.

De notre côté, aucune explosion n’a eu lieu en janvier.

Après l’achèvement des travaux de déblaiement, on atteignait à la fin du mois :
pour la galerie du puits de S-gauche, une longueur de 66,00 m,
pour la galerie du puits de S-Ort, une longueur de 49,40 m.
S-Ort n’a été utilisé que comme galerie d’écoute après avoir été remis en état jusqu’à 255,00 m.
S-gauche a été entièrement bourré jusqu’au puits de S-gauche.

Afin d’obtenir une meilleure ventilation, un percement a été amorcé vers le sud en face du puits de S-gauche, qui doit aboutir à l’entonnoir Graervenitz.

Les coupures de courant et l’eau nous ont donné beaucoup de fil à retordre dans les puits, en particulier à S-Ort.

Hauteur de Combres, répartition du travail du bataillon Karau, janvier 1918
Hauteur de Combres, répartition du travail du bataillon Karau, janvier 1918

Nous avons eu de très fréquentes interruptions de travail dans le puits de S-gauche en raison des gaz des explosions de décembre 1917 libérés lors de la poursuite du creusement.

Après l’arrivée des nouvelles compagnies de mineurs, les Armierungssoldaten 2/117 nous ont été retirés.

Le feu de harcèlement ennemi fut peu nourri sur notre secteur, à l’exception du jour de l’explosion.

Pendant les périodes de repos, la compagnie a été maintenue en état opérationnel par des exercices, de la gymnastique et des appels, et a poursuivi son instruction dans le service de sauvetage avec des appareils à oxygène.

Pour le Leutnant Schmieding, qui a été chargé des fonctions d’adjudant du nouveau bataillon, le Leutnant Borchers a pris la compagnie.

Ont été décorés de la Croix de Fer de 1re classe : le Vizefeldwebel Kieroth et le Pion. Mielczarek.

Ont été décorés de la Croix de Fer de 2e classe : le Gefreiter Zabski, les pionniers Sauer, Scharf, Pfau, Opitz.

Hauteur de Combres, secteur 16, vue vers l'est, 1919
Hauteur de Combres, secteur 16, vue vers l’est, 1919

Le Vizefeldwebel Siebert a été promu Offizier-Stellvertreter le 28 janvier, l’Unteroffz. Gürke au rang de Sergeant le 20. . Le Gefreiter Przysiecki a été promu Unteroffizier. Ont été nommés Gefreite les pionniers Ambrosy, Schinski, Marczinscyk et Adamczewski.

L’anniversaire de l’Empereur a été célébré conformément aux circonstances par un service religieux de campagne, de la musique militaire et une réunion conviviale.

O. U., le 1er février 1918.

I.V.d.K.F.
signé Schmieding
Leutnant

Février 1918.

Tout au long du mois, seuls quelques tirs de mine ennemis ont été signalés, bien que le nombre ait atteint 18 certains jours, tandis que d’autres jours ils ont fait complètement défaut. En revanche, à partir du 17.2, des bruits de minage ennemis (coups et piochements) ont été signalés presque quotidiennement dans la galerie du puits de S-gauche, tant en demi-gauche vers l’avant qu’en demi-droite vers l’avant, à divers moments de la journée. La distance est estimée à environ 30 à 40 m.

Le 24.2, les bruits de minage des travaux écoutés en demi-droite vers l’avant de la galerie du puits S ont également été constatés dans le puits de S-Ort. Nous nous trouvons donc, avec nos deux galeries de puits, face à deux travaux ennemis. Rien de précis ne peut être établi quant à l’altitude des travaux, mais il ne semble pas y avoir de grande différence de hauteur. Après mûre réflexion, nous avons continué à avancer tranquillement dans nos deux galeries dans les directions ordonnées, en ne retirant la garnison de la galerie que pendant les heures de saut habituelles de l’ennemi, de ½6 à 8 heures du matin et de l’après-midi.

Ni par l’ennemi ni par nous il n’a été fait sauter de mines au cours du mois de février.

Les travaux ont suivi leur cours ordinaire, abstraction faite des perturbations souvent importantes dues aux défauts de la ligne à haute tension.

Ont atteint à la fin du mois :
le S-links-Schacht-Stollen une longueur de 84,00 m,
le S-Ort une longueur de 79,80 m,
la montée en S-links une longueur de 39,50 m, y compris la partie horizontale.

Le S-Ort a été abandonné fin du mois en tant que galerie d’écoute et est en cours de bourrage ; au 28.2., 8,00 m de bourrage avaient été mis en place. Aucun travail n’a pu être effectué sur le tunnel de contournement.

Afin d’avoir de l’occupation pour les équipages pendant les périodes où ils étaient retirés du front, la compagnie s’est fait attribuer par le tunnel le tronçon allant de S jusqu’à l’entrée 2, y compris le tunnel de contournement. En outre, quelques équipes ont travaillé à l’élargissement de la bouche de la mine S et sur le terril de S.

Les travaux habituels de réparation et de drainage ont été exécutés.

Tunnel de Combres, tunnel de contournement entre l'entrée 2 et la sortie 2, début 1918
Tunnel de Combres, tunnel de contournement entre l’entrée 2 et la sortie 2, début 1918

Pour écouter les bruits de minage ennemis, l’appareil d’écoute Dolezalek nous a été affecté, avec lequel nous avons obtenu d’excellents résultats. C’est également aux essais réalisés avec cet appareil que l’on doit la détection des travaux ennemis, que nous avons ensuite pu percevoir à l’oreille.

À part les 24 et 25.2., il y a eu peu de tirs de harcèlement sur notre secteur. Le 25.2., une mine ennemie a enfoncé le tunnel à l’est de la sortie 2 sur 4 m et a perturbé la circulation dans celui-ci. Les travaux de déblaiement sont en cours.

Le 18.2., un état d’alerte accru a été ordonné pour les secteurs divisionnaires 2 et 3, des agents ayant fait savoir que les Français voulaient lancer une entreprise importante.

Crête des Éparges, position d'Herbeuville, position d'alerte du bataillon de pionniers Karau, février 1918
Crête des Éparges, position d’Herbeuville, position d’alerte du bataillon de pionniers Karau, février 1918

Notre bataillon de pionniers s’est également mis en état d’alerte à titre d’exercice, dont le déclenchement, après la composition du bataillon et pour les hommes eux-mêmes, a été très instructif.

En cas d’alerte, le bataillon occupe la position d’Herbeuville (2e position), la compagnie le secteur allant de la voie d’approche B jusqu’à 200 m à l’ouest au-delà de la voie d’approche D.

Le 8.2., le commandant en chef Generalleutnant (général de division) Excellence Fuchs a visité le bataillon, s’est fait faire un exposé détaillé par le Hauptmann Karau sur la situation à Comber et a salué la compagnie ; il s’est exprimé de manière très élogieuse, en particulier sur les anciennes compagnies.

Le pionnier Kops s’est vu conférer par lui la Croix de fer de 2e classe.

Le Hauptmann Barry était encore en congé en raison de ses blessures. Le 18.2., le Leutnant Henkel, de l’état-major du pionnier 58, est arrivé dans notre compagnie en tant qu’affecté, après un cours de chefs de compagnie à Jeumont, pour y servir comme chef de section.

Malheureusement, nous avons eu 2 morts au mois de février : le pionnier Kister a trouvé la mort le 6 février dans la galerie de combat S en touchant la ligne à haute tension, le Gefr. Schreiber le 21.2. au puits S-l, également en touchant la ligne à haute tension du treuil qu’il servait. Tous deux sont enterrés dans le cimetière d’Hannonville s.l.C.

Le 27.2. avant-midi, 1 officier et 9 hommes ont été faits prisonniers par le Regt. 7 (121. I.D.). Étant donné que les prisonniers avaient auparavant stationné à Comber, diverses questions leur ont été posées par le Hauptmann Karau et le Leutnant Borchers au sujet de la guerre des mines française. Il n’y avait toutefois rien de particulier à en tirer, car, en tant qu’infanteristes, ils n’avaient pas été laissés entrer dans les galeries.

Pendant les périodes de repos, la compagnie a été maintenue en état opérationnel par des exercices, des lancers de grenades à main et des appels, et on a commencé à former la compagnie au service du génie.

Crête des Éparges, ruines de Combres sous les Côtes, printemps 1918
Crête des Éparges, ruines de Combres sous les Côtes, printemps 1918

L’état de santé et le ravitaillement de la compagnie étaient bons.

Hauptmann Barry a été décoré de la croix de chevalier de l’ordre de la Maison Hohenzollern avec glaives.

Ont reçu la croix de fer de 2e classe :
Les pionniers Schmitz, Hentschler, Scholz, Slachiera et Buchta.

O.U., le 1er mars 1918.

Pour l’exactitude :
I.V.d.K.F.
Borchers
Leutnant

Crête des Éparges, secteur 17, premier échelon, mars 1918
Crête des Éparges, secteur 17, premier échelon, mars 1918

Mars 1918.

Les bruits de minage devant le puits-galerie S-gauche, déjà signalés le mois précédent, ont également été signalés presque chaque jour au cours du mois de mars et écoutés à l’oreille nue sans appareil. D’après les résultats de l’écoute, il s’agissait des travaux ennemis déjà mentionnés à droite et à gauche de la galerie de combat. Les coups de mine ont été relativement peu signalés, avec un maximum de 8 à 10 coups par jour.

Le fait que l’adversaire a pris toutes les mesures de précaution pour parer à notre attaque souterraine sur sa position en doigts est prouvé par la déclaration d’un prisonnier de guerre du 2. franz. Inf.-Rgt., fait prisonnier le 27.3.18 près de Les Eparges. Il a déclaré : la Cote de Combres était entièrement minée. Il aurait lui-même participé au chargement des mines. Selon ses dires, 26 t d’explosifs ont été utilisées. Cependant, le minage de cette cote n’était pas resté inconnu du côté allemand.

Malgré le danger imminent d’explosion, nous avons poursuivi calmement notre galerie S dans la direction ordonnée afin d’attendre un moment propice pour une mise à feu et, comme auparavant, nous avons retiré les équipages le matin et le soir.

Sur l’aile gauche de notre système de mines, l’adversaire s’était approché à tel point que dès le 9.3, à 9 h 00 du matin, la Komp. 329 dut faire sauter le puits-galerie R-gauche au moyen d’une charge d’écrasement. En raison de l’explosion dans notre propre système et du dégagement de gaz, l’explosion de la Komp. 329 entraîna des pertes graves. Le responsable de la mise à feu, Leutn. Bodesohn, les Offizierstellvertreter Langer et Michalski et 1 Unteroffizier ont été gravement brûlés, 2 Unteroffiziere plus légèrement brûlés. Plus tard, lors des travaux de déblaiement, 1 Unteroffizier et 1 homme furent tués par les gaz d’explosion, et le Leutnant Strotmann fut très gravement intoxiqué par les gaz.

Le jour de l’explosion, nous avons commencé à creuser la chambre de mine dans le puits-galerie S-gauche à une longueur de 90,00 m, l’adversaire s’étant approché de très près et la situation promettant maintenant un bon effet. La charge était calculée à 1000 Ztr. pour une superposition de 40,00 m. La chambre de mine devait avoir un volume de 80 cbm et le bourrage devait être mis en place sur toute la longueur de la galerie, soit 90,00 m. Pour le creusement de la chambre, la mise en place de la charge et le bourrage, on avait estimé un temps de travail d’au moins 3 semaines. On réussit cependant, grâce à l’attribution de primes de travail, à l’endurance inlassable et acharnée de la compagnie et à l’aide d’équipes détachées des autres compagnies du Batl. Karau, qui assurèrent le transport des munitions et des sacs de terre pendant le chargement, à venir à bout de tout le travail en l’espace de 14 jours.

Crête des Éparges, secteur 17, premier échelon, profilés, mars 1918
Crête des Éparges, secteur 17, premier échelon, profilés, mars 1918

La galerie fut bourrée jusqu’au puits S-gauche et pourvue ensuite de solides étançons, l’effet d’une si grande charge n’étant pas encore connu.

Par précaution, les galeries de combat S-gauche et S-Ort étaient bien bourrées et fermées par un bloc de béton de 1,00 m d’épaisseur afin de tenir à l’écart les gaz pénétrants. De même, un barrage contre les gaz de 4,00 m d’épaisseur, bien calfaté avec de la boue, avait été posé dans S-Ort, dans le grand profil en deçà du puits. De plus, le percement de S-gauche jusqu’au jour étant achevé, toutes les mesures de précaution imaginables avaient été prises pour rendre impossible toute pénétration de gaz dans nos galeries. Peu avant la mise à feu, des papiers pour oxyde de carbone furent en outre installés à divers endroits afin de détecter immédiatement d’éventuels gaz pénétrants. Par sécurité, 3 lignes de mise à feu avaient été installées pour la charge.

Crête des Éparges, secteur 17, échelon arrière, mars 1917
Crête des Éparges, secteur 17, échelon arrière, mars 1917

Sur ordre de la division, la mise à feu a eu lieu le 26 mars, à 8 h 30, sous la direction du Lt. Borchers. En raison des fortes secousses attendues, la division avait ordonné l’évacuation complète des secteurs de combat c et d.

Une fois l’évacuation signalée comme effectuée, la mise à feu a eu lieu ponctuellement. La secousse fut considérable. Les tunnels et les galeries restèrent exempts de gaz et purent être réoccupés immédiatement après la mise à feu. Le S-Ort-Schacht-Stollen et le R-Schacht-Stollen-rechts furent tous deux écrasés sur environ 20,00 m.

Grâce à l’observation par des officiers (le Lt. Zeidler 325, les Offizierstellvertreter Röstel et Siebert 330) depuis la plaine, l’effet réussi de la mise à feu sur le système de mines ennemi a été constaté. Peu après la mise à feu, des gaz denses se sont échappés de 2 montages et enfin d’une bouche située sur les déblais ennemis, et en outre, des hommes ont dévalé les déblais tête baissée.

Dans l’après-midi du 26, des transports ont été constatés à partir des bouches. Toutes les observations permettent de reconnaître clairement qu’avec la mise à feu, nous avions rudement pris le Français et fortement perturbé et gazé son réseau de galeries.

La mise à feu a produit un entonnoir d’environ 82,00 m de diamètre. La photographie aérienne indique 2 entonnoirs plus petits dans l’entonnoir principal. L’existence de ceux-ci confirme le rapport antérieur concernant les travaux de minage ennemis à droite et à gauche de la mise à feu. La mise à feu, la plus importante depuis la conduite de la guerre des mines à Combres, nous a donc apporté un plein succès.

L’ordre du bataillon du 26 mars 1918 et l’ordre du commandement de l’armée C du 31 mars 1918 expriment la reconnaissance de la compagnie :

1.) Ordre du bataillon du 26 mars 1918

Bataillon Karau. N° 605
Ordre des mineurs.

« Les chefs, officiers et hommes de troupe de la compagnie de pionniers-mineurs 330 ont démontré à nouveau leur savoir-faire lors de la mise à feu d’aujourd’hui. Par des observations d’officiers, il est établi que nous avons convenablement pris le Français. Ce succès est dû, outre au commandement, à la tenace endurance et à l’intrépidité souvent éprouvée de tous les participants, aux braves Unteroffizieren et hommes de troupe. La compagnie est assurée de la gratitude et de la reconnaissance de tous les supérieurs pour ce qui a été accompli au cours des dernières semaines.

Je décide que deux jours de repos seront accordés aux Unteroffizieren et aux hommes de troupe, durant lesquels seuls l’appel ou un autre service léger seront tenus. La compagnie prendra les dispositions supplémentaires. »

M.d.F.b.
signé Karau

2). Commandement de l’armée C – Ia Pi. N° 11602/5086/18 N° 482
Éloge du bataillon Karau
31 mars 1918.

« Le bataillon de mineurs Karau a exécuté le 26 mars 1918 à Combres, après un travail de plusieurs semaines des plus intenses et périlleux face à des mines ennemies prêtes à être mises à feu, la plus grande mise à feu d’entonnoir depuis la conduite de la guerre des mines locale, laquelle fut couronnée d’un plein succès grâce à des mesures techniques et tactiques circonspectes et opportunes.

J’exprime ma reconnaissance particulière et mes chaleureuses félicitations à la compagnie 330, principalement concernée, ainsi qu’à tous les autres participants du bataillon pour cette brillante performance technique de minage. »

Le commandant en chef
signé Fuchs

Aucun feu d’artillerie ni de mines ennemi ne s’est manifesté après la mise à feu

Jusqu’au 31 mars, les travaux ennemis n’ont plus été signalés. Le 31 cependant est apparu mi-droite en avant du S-Ort-Kampfstollen un nouveau travail ennemi, non encore signalé jusqu’alors, qui s’est déjà approché si près qu’on peut l’entendre à l’oreille et qui nous obligera à faire sauter S-Ort dans le plus bref délai.

Tunnel de Combres, R-Schacht-Bremsberg, mars 1918
Tunnel de Combres, R-Schacht-Bremsberg, mars 1918

Les travaux de galerie prirent un cours normal au mois de mars, abstraction faite des perturbations dues au courant fort.

La galerie du puits S-links a été élargie jusqu’à 90,00 m et minée. La galerie du puits S-Ort a atteint une longueur de 91,30 m. Les mètres enfoncés par le sautage avaient été déblayés à nouveau à la fin du mois.

Le percement vertical dans S-links a abouti à la surface du sol à une longueur de 56,00 m et a été pourvu de marches et d’un grillage métallique.

La galerie du puits S-links est déblayée et doit être orientée vers la gauche selon un nouveau projet élaboré par le Leutnant Borchers, Bodesohn et Strotmann ainsi que l’Offizierstellvertreter Siebert, et amenée à un niveau inférieur au moyen d’un plan incliné de freinage.

Des travaux ont été effectués par intermittence sur le tunnel de contournement, de même que les travaux habituels de réparation et de drainage dans le tunnel, et l’effondrement survenu le mois précédent dans le tunnel entre la sortie 2 et la sortie 3 a été entièrement déblayé.

Il y a eu relativement peu de tirs de harcèlement sur notre secteur.

Le commandement de la compagnie était assuré par le Lt. Borchers. Le Lt. Henkel a été muté le 16.3.18 au Pion.-Batl 19 (19e bataillon de pionniers) et le Lt. Fries, de la Bayr. Min.-Komp. 5, a été commandé à la compagnie comme chef de section.

Pendant les périodes de repos, la compagnie a été maintenue en état opérationnel par des exercices et des appels et a reçu une formation complémentaire au service du génie.

L’état de santé et le ravitaillement étaient bons

La Croix de fer de 2e classe a été décernée au : pionnier Stickel.

Pour l’exactitude :
I.V.d.K.F.
Borchers
Leutnant.

Avril 1918 :

Hannonville s.l.C., 1.5.1918.

Après notre sautage de la galerie du puits S-links le 26 mars 1918, le Français avait été très calme, au début du mois d’avril, il est redevenu très actif devant notre galerie de combat S ainsi que devant la galerie de combat R de la Pionier-Mineur-Kompagnie 329.

Dans la galerie du puits S-Ort, des bruits de minage assidus ont été écoutés en face et sur la droite. Des coups de mine ont été signalés quotidiennement de plus grande distance. Du 12 au 13.4., les coups de mine ont cessé, en revanche les bruits de minage dans la galerie du puits S-Ort ont été perçus à nouveau sans appareil d’écoute. L’interruption temporaire des coups de mine et le minage alterné n’ont rien de remarquable et l’hypothèse d’un sautage ennemi n’était pas fondée.

Hauteur de Combres, sautage du 16.04.1918, entonnoir Werder
Hauteur de Combres, sautage du 16.04.1918, entonnoir Werder

C’est alors que le 13.4., à 3.30 de l’après-midi, à une heure jamais observée auparavant, l’adversaire fit sauter une mine devant S-Ort. Deux courageux mineurs, des hommes qui étaient toujours les plus proches de l’ennemi, l’un décoré de la Croix de fer de 1re classe, le pionnier Beyer I, et le Gefreiter Marczinzyk I, y trouvèrent une mort héroïque, tandis que deux autres, le Gefr. Marczynzyk II et le pionnier Koj, furent légèrement blessés.

La galerie de combat fut écrasée et fermée hermétiquement sur 30,00 m, de sorte que les deux morts n’ont pas pu être dégagés jusqu’à la fin du mois, malgré un travail acharné et extrêmement dangereux en raison des gaz pénétrants, au cours duquel tous ceux qui y travaillaient ont donné le meilleur d’eux-mêmes et ont risqué leur vie.

Les travaux de déblaiement durent finalement être entièrement suspendus certains jours, des quantités importantes de gaz se dégageant lors du tir sur les masses de terre comprimées.

De même, l’ennemi fit sauter une mine un jour plus tard, c’est-à-dire le 14 avril, à l’aile gauche de notre système de mines devant R, écrasa la galerie et ensevelit 8 courageux mineurs de la P.M.K. 329, l’un d’eux, qui put être dégagé, étant victime des émanations de gaz immédiates.

Les autres galeries de combat, y compris S-inks, furent épargnées par le sautage.

Les deux sautages prouvent à nouveau qu’il importe à l’adversaire de nous chasser de la colline aux obus et que nous devons donc en tout cas pousser nos têtes de galerie en avant de la ligne Eberhardt-Welsch-Trichter.

De notre côté, la compagnie 329 fit sauter avec succès à l’aile droite la galerie de combat du puits C6-Schacht-Stollen dans le secteur du 1er bataillon du IR 377 (377e régiment d’infanterie) le 16.4.18 afin de détruire les travaux de minage ennemis devant l’entonnoir Weber et l’entonnoir Karau. Cela créa l’entonnoir Werder (voir page 168).

La compagnie exploita la galerie de combat du puits S-Ort-Schacht-Stollen, qui avait atteint une longueur de 113,50 m le jour du sautage, et entama un niveau inférieur vers la gauche selon un nouveau projet, après la réparation du puits R-links et le déblaiement de la digue dans la galerie du puits S-links à 50,00 m.

La nouvelle galerie bifurque vers la gauche à environ 45°, a été élargie jusqu’à 15 m et pourvue à son extrémité d’une chambre de freinage pour un treuil. De là, un plan incliné de freinage est amorcé parallèlement à l’ancienne galerie de combat, lequel se trouvait à une profondeur de 15,60 m à la fin du mois. Ce plan incliné doit permettre d’atteindre un niveau inférieur afin de progresser sous les entonnoirs dans une zone plus profonde.

Des travaux ont été effectués par intermittence sur le tunnel de contournement, dont 23,00 m avaient été creusés à la fin du mois, de même que des travaux d’élargissement de l’entrée de S ainsi que les opérations habituelles de drainage et de réparations dans le tunnel de S jusqu’à l’entrée 2.

Il y a eu relativement peu de tirs de harcèlement sur notre secteur, pas même après les sautages. Nous avons eu à souffrir à plusieurs reprises de perturbations dues au courant fort, qui sont espérons-le éliminées après la modification du réseau à courant fort.

Hauteur de Combres, sautage de la galerie du puits C-6 (nouvelle désignation : Cassel 2), entonnoir Werder, 16.04.1918
Hauteur de Combres, sautage de la galerie du puits C-6 (nouvelle désignation : Cassel 2), entonnoir Werder, 16.04.1918

Des ventilateurs plus puissants nous ont aidés à réoccuper plus rapidement que d’habitude les galeries fortement gazées par les explosions.

Le 24, une nouvelle répartition des travaux a été effectuée, qui n’a toutefois pas touché la Kompagnie 330. Ensuite, les Bavarois ont reçu l’échelon arrière élaboré par un projet et l’exploitation principale de l’U3-Bremsberg.

Crête des Éparges, entonnoir Bayern, à l'arrière-plan entonnoir Werder et Ravin de la Mort, 1919
Crête des Éparges, entonnoir Bayern, à l’arrière-plan entonnoir Werder et Ravin de la Mort, 1919

Hauptmann Barry est rentré à la compagnie le 2.4.18. Il n’a toutefois pas pris le commandement de la compagnie, mais a été détaché à l’état-major du bataillon Karau, car il ne s’était pas encore rétabli et avait obtenu un congé pour une cure qu’il a commencée peu après. À partir du 17.4., pour 6 semaines de cure à Wiesbaden, puis encore 2 semaines de post-cure à Miltenberg a.M.

Leutnant Borchers a conservé le commandement de la compagnie et a été nommé chef de compagnie par l’ordre du bataillon du 20.4. 8. Leutnant Borchers a été détaché du 17.4.18 – 21.4.18 pour le cours de gaz, selon l’ordre du 20.4. kdt.

Pendant les périodes de repos, la compagnie a été maintenue en état opérationnel par des exercices et des appels et a continué à être formée au service du génie.

L’état de santé et le ravitaillement de la compagnie étaient bons.

Ont été décorés de la Croix de Fer de 2e classe : Unteroffizier Winter, Pionier Kaiser, Pionier Kaczkowiak, Pionier Neuhaus, Pionier Werner II.

Pour l’exactitude :
(signé) Borchers
Leutnant u. Komp. Führer

Mai 1918.

Hannonville s.l.C., 1.6.1918.

En ce mois-ci, la compagnie a travaillé dans la galerie de combat S, à l’entrée déchiquetée de la galerie S et au maintien du tunnel de Combres de S jusqu’à l’entrée 2. Il n’a pas été possible de travailler au tunnel de contournement en raison d’un manque de personnel.

Dans la galerie de combat S, on a travaillé à trois endroits. La galerie amorcée le mois dernier pour passer sous les travaux de minage ennemis dans le puits S-gauche a été poursuivie. Dans le puits S-Ort, le 5.5., de manière similaire à S-gauche, un nouveau front de taille a été amorcé pour l’échelon plus profond, à environ 20 m à l’ouest du puits, provisoirement appelé plan incliné du puits S-Ort (S-Ort-Schacht-Bremsberg). Le troisième lieu de travail était l’ancienne galerie S-Ort. À une longueur de 101,00 m, elle a été dotée d’une chambre de mine et chargée le 2.5. avec une charge d’écrasement de 150 Ztr. Après l’achèvement de la mine, la galerie a été aménagée pour l’écoute avec l’appareil et à l’oreille, afin de pouvoir observer en permanence les Français. L’explosion ne devait avoir lieu que si l’ennemi attaquait de manière perturbatrice notre échelon arrière, qui n’était pas encore prêt pour l’explosion.

L’activité de minage ennemie a de nouveau été très active. Devant les fronts de taille de S, des travaux ont été observés quotidiennement du 1er au 25 mai. Les premiers jours, il ne s’agissait que de tirs de mines, qui ont été parfaitement perçus à semi-droite et à semi-gauche de nos chantiers. Les tirs étaient si nombreux — par exemple 82 tirs signalés le 18.5. — et écoutés de directions si diverses qu’il fallait absolument compter avec 3 à 4 travaux de minage ennemis audibles depuis la galerie S. Nous n’avons obtenu des résultats d’écoute concernant des travaux de fouille audibles à l’oreille nue que le 23 et le 24 mai.

Offz. Stellv. Röstel, ainsi que le Vzfw. Kieroth ont constaté que le Français travaillait à proximité de notre mine achevée. Au même moment, des travaux ennemis ont également été constatés dans la galerie R de la compagnie voisine 329, de sorte que la compagnie a été contrainte d’y charger également.

Nous avons encore attendu pour mettre à feu notre explosion que les travaux de chargement de la compagnie 329 soient suffisamment avancés pour qu’une contre-explosion ennemie sur l’aile gauche ne puisse plus nuire aux mineurs travaillant en R. La galerie du puits S-Ort a ensuite été mise à feu le 25.5.18 au soir. L’explosion s’est déroulée conformément au plan.

De notre côté, tout est resté intact. Grâce à de nouveaux ventilateurs plus puissants, les gaz ont été évacués en quelques heures, de sorte qu’aucun retard n’a affecté nos travaux.

L’explosion a dû secouer les Français, car jusqu’à présent, on n’a plus entendu de loin que deux tirs de mines une seule fois. Quelques jours plus tard, le 28.5., la Pionier-Mineur-Kompagnie 329 a également fait sauter une mine. Elle a également obtenu un calme provisoire complet devant son secteur.

Aux deux explosions de notre côté ne répondent aucune explosion des Français ce mois-ci.

Crête des Éparges, secteur Combres-Ost, mai 1918
Crête des Éparges, secteur Combres-Ost, mai 1918

La galerie sautée de S-Ort-Schacht est déblayée à nouveau pour servir de galerie d’écoute, car les travaux dans l’étage inférieur n’ont pas encore assez progressé pour pouvoir passer à l’offensive.

À l’exception de quelques petites interruptions, le courant de force n’a pas fait défaut ce mois-ci.

Le tir de harcèlement sur le secteur a été modéré de bout en bout.

État des travaux fin mai :
S-links-Schacht-Stollen 24,00 m,
S-Ort-Schacht-Stollen 66,70 m,
S-Ort-Schacht-Bremsberg 6,50 m.

Crête des Éparges, secteur de Combres-Est, mai 1918
Crête des Éparges, secteur de Combres-Est, mai 1918

La galerie sautée de S-Ort-Schacht est déblayée à nouveau pour servir de galerie d’écoute, car les travaux dans l’étage inférieur n’ont pas encore assez progressé pour pouvoir passer à l’offensive.

À l’exception de quelques petites interruptions, le courant de force n’a pas fait défaut ce mois-ci.

Le tir de harcèlement sur le secteur a été modéré de bout en bout.

État des travaux fin mai :
S-links-Schacht-Stollen 24,00 m,
S-Ort-Schacht-Stollen 66,70 m,
S-Ort-Schacht-Bremsberg 6,50 m.

Modifications dans la compagnie :
Selon l’ordre de mineurs du 4.5.18, le chef de compagnie, Leutnant Borchers, a été investi du commandement de la Pionier-Min.Komp. 325. Le commandement de la compagnie pour le Hauptmann Barry, en congé de cure, a été repris jusqu’à nouvel ordre par le Leutnant der Reserve Vecqueray, qui a été commandé en retour à la compagnie à cet effet.
Le 15.5.18, la compagnie a reçu un nouvel officier, le Leutnant der Reserve Niemeier, qui avait été muté de la Pionier-Mineur Kompagnie 398, selon la disposition de la Gruppe Argonnen, Abtl. IIa n° 726.

Sergeant Dirkes a été blessé le 17.5 en position au bras gauche et au menton par l’explosion d’un lance-mines.

Décorations :
Les hommes de la compagnie ont reçu pour la première fois cinq jours de repos pour des prestations brillantes à Combres. Pendant la période de repos, ils ont été occupés de manière appropriée.

Des décorations personnelles ont été obtenues par :

la Croix de fer de 1re classe :
Unteroffizier Jatzek

Ont été décorés de la Croix de fer de 2e classe, les pionniers : Amler, Friebe, Beyer II, Kliemek.

La Médaille de sauvetage sur ruban a été décernée à l’Offizier-Stellvertreter Michalski, Pionier-Min.-Kompagnie 329.

Médaille commémorative « Pour sauvetage en cas de danger », 1918
Médaille commémorative « Pour sauvetage en cas de danger », 1918

La Médaille commémorative pour sauvetage en cas de danger a été décernée à : le Sergeant Schreiber, les Unteroffz. Lechleiter, Voss, Przysiecki, Stuhrmann, le pionnier Grabowski, le Gefr. Langer, le pionnier Solzbacher et Ellerkmann.

L’état de santé et le ravitaillement dans la compagnie étaient bons.

Pour l’exactitude :
(signé) Vecqueray
Leutn. d. Res.

Juin 1918.

Hannonville s.l.C., 1.7.18.

Après notre sautage de S-Ort-Schacht-Stollen le 25 mai, un plus grand calme s’est établi, de sorte que nous pouvons supposer que nous avons fortement endommagé les Français.

Les travaux de déblaiement ont été menés à marche forcée afin d’avoir une protection bonne et suffisante pour notre étage inférieur à S-Ort-Bremsberg. Le 9 juin, la galerie mesurait déjà 81,50 m de long et on a commencé à creuser la chambre de mine par tir, cette longueur nous promettant une sécurité suffisante pour S-Ort-Bremsberg. La chambre a été creusée à une taille de 16 m³ et devait contenir 200 Ztr. Le 12 juin, les travaux avaient progressé au point que l’on pouvait commencer le chargement.

Crête des Éparges, secteur 17, Finger-Stellung, juin 1918
Crête des Éparges, secteur 17, Finger-Stellung, juin 1918

Pour obtenir de bons résultats d’écoute, un appareil d’écoute fut alors installé à 15 m, exploité en permanence par un opérateur d’écoute. Les autres sacs de terre furent empilés sur la paroi. Les premiers travaux ennemis furent entendus le 23 juin avec et sans appareil, et ils s’intensifièrent de jour en jour au point que la compagnie fut contrainte de faire sauter la galerie le 27/6.

Au même moment, la mine du plan incliné U3 (U3-Bremsberg) fut mise à feu, là où le Français avait fait sauter une mine le 5/6 à 20 h 05.

Avec ces deux explosions, nous aurons certainement neutralisé le Français entre S-l et U3, de sorte que nous aurons la paix un certain temps devant ce secteur de combat.

Les gaz s’échappèrent en fortes quantités et sortirent par l’orifice de la galerie. Grâce à l’installation d’une nouvelle gaine d’aération vers l’orifice S (S-Mündloch), les gaz furent aspirés au point que la galerie était déjà exempte de gaz le 29/6 et que le déblaiement put commencer.

Les travaux dans le plan incliné S-Ort (S-Ort-Bremsberg) furent fortement compromis par une venue d’eau considérable. Ce n’est qu’en installant une pompe à ailettes dans le plan incliné et une pompe électrique plus grande dans le puits S-Ort (S-Ort-Schacht) que les travaux purent reprendre.

Les travaux dans le puits S-l (S-l-Schacht) firent des progrès favorables. Le plan incliné atteignit le 20 juin une longueur développée de 40 m et une profondeur verticale de 20 m. À 40 m, la progression fut poursuivie à l’horizontale.

Les travaux à l’orifice S (S-Mündloch) furent achevés ; de même, les travaux habituels de drainage et de réparation furent exécutés dans le tunnel depuis S jusqu’à l’entrée 2.

Probablement induit en erreur par nos travaux énergiques dans S-l et le plan incliné S-Ort (S-Ort-Bremsberg), l’adversaire fit sauter une mine le 15 juin à 8 h 40 du matin en avant de R et S-l, sans nous causer le moindre dommage. Les travaux furent repris dès 10 h du matin, l’explosion fut observée depuis l’entonnoir d’Ölsner – probablement une mine de compression surchargée dont la formation d’entonnoir fut imparfaite. L’entonnoir se trouve au nord-nord-ouest de l’entonnoir de Graevenitz, à environ 120 m en avant.

L’activité de minage ennemie ne fut pas aussi intense que le mois précédent, mais elle augmenta considérablement vers la fin du mois.

En raison de réparations majeures et mineures sur les deux treuils, les rendements dans les galeries de combat furent sensiblement réduits.

Le tir de harcèlement sur le secteur fut modéré d’un bout à l’autre.

État des travaux fin juin :
Puits S-l (S-l-Schacht) 51,00 m,
Puits S-Ort (S-Ort-Schacht) 40,00 m, après l’explosion du plan incliné S-Ort (S-Ort-Bremsberg) 14,00 m.

L’état de santé et le ravitaillement de la compagnie étaient bons.

Le 1/6, le Unterzahlmeister Sobe prit en charge la gestion de la caisse pour le Unterzahlmeister Höhne, k.w., rétrogradé au grade de Unteroffizier.

Le Hauptmann Barry rentra de son congé de détente le 13/6 et fut détaché à l’état-major du bataillon Karau. Le 15/6, le Hauptmann Barry prit le commandement du bataillon Karau en remplacement du Hauptmann Karau, en congé jusqu’au 30 juillet 18.

Crête des Éparges, rebaptisation des galeries de combat par ordre du bataillon Karau, 202/18 secret, juin 1918
Crête des Éparges, rebaptisation des galeries de combat par ordre du bataillon Karau, 202/18 secret, juin 1918

Le Leutnaut Vecqueray prit un congé de détente de 3 semaines le 30/6/18. L’intérim fut assuré par le Leutnant Niemeier.

Pendant les périodes de repos, la compagnie fut perfectionnée par des exercices, le service de combat et de tir ainsi que la gymnastique.

Le Sergeant Lechleitner fut décoré de la Croix de fer de 1re classe.

La Croix de fer de 2e classe fut décernée à : les pionniers Schmidt, Koj, Maron, Maul, Geisenheimer, Musialik, Renner, Olech et Tabaczynski.

Furent promus : les Unteroffiziere Feller et Lechleitner au grade de Sergeant, le Gefreiter Behricke au grade de Unteroffizier.

Pour l’exactitude :
(signé) Niemeier
Leutnant der Res.

Juillet 1918.

Rapport de minage du 3 juillet au 18 juillet 1918.

1. Activité de minage propre.

Dans la dernière période de rapport, les galeries de combat Cöln 2 et Unna 2 ont été chargées, tandis que Unstrut 2, Schelde 2 et 3, Saale 3 et Rhein 4 ont été poussées plus loin. À Unna 2, à une longueur de 110 m, un rameau a été poussé vers la droite afin de détruire les travaux ennemis qui s’y trouvaient.

Unstrut 2 a actuellement une longueur de 169,60 m, l’avancement a posé de grandes difficultés en raison des gaz d’oxyde de carbone qui se manifestaient sans cesse.

Hauteur des Combres, plan des galeries, nouvelles désignations, juillet 1918
Hauteur des Combres, plan des galeries, nouvelles désignations, juillet 1918

Schelde 2 a été entièrement déblayée après notre explosion par compression du 27 juin, de sorte que l’on a pu commencer à creuser une nouvelle chambre de mine.

Schelde 3 n’a pu être occupée qu’en cas d’effectifs suffisants.

Saale 3 a fait des progrès très satisfaisants et se trouve déjà avec son front de taille sous le bord nord de l’entonnoir Below.

Hauteur des Combres, tunnel de contournement, 1918
Hauteur des Combres, tunnel de contournement, 1918

L’avancement dans Rhein 4 est très faible, d’une part en raison de l’afflux important d’eau, et d’autre part pour la raison que la compagnie 329 a été appelée en renfort des autres compagnies.

Des travaux de contre-mine n’ont pas pu être réalisés en raison de la forte épidémie de grippe qui s’est déclarée, ce qui a réduit l’effectif pendant longtemps à la moitié de l’effectif habituel.

Le tunnel de contournement et les travaux de tunnel au niveau du K.T.K. n’ont pu être occupés que peu de jours.

2. Activité de minage de l’ennemi.

Le nombre de tirs ennemis signalés est frappant par sa faiblesse. Devant l’ensemble du secteur, on n’a entendu que 10 tirs à grande distance dans la première quinzaine du mois. En revanche, on a constaté d’autant plus de bruits de travail avec l’appareil d’écoute. À droite de Unna 2, le Français a amorcé une nouvelle galerie dans le Ravin de la Mort, avec laquelle il essaie de nous envelopper par la droite. (Voir le croquis ci-contre).

Depuis le 8 juillet, nous nous sommes à nouveau approchés de l’ennemi dans Unstrut 2 au point que ses travaux sont audibles avec l’appareil. Le 13 juillet, l’adversaire a également été repéré à nouveau devant Schelde 2, devant la digue à Rhein 3. Dans Saale 2 en revanche, aucune activité ennemie n’a été remarquée jusqu’à présent malgré une écoute constante.

3. Intentions propres.

La galerie chargée Cöln 2 reste en l’état jusqu’à nouvel ordre avec un bourrage provisoire de 5 m.

Unna 2 est également chargée et ne doit pas être mise à feu jusqu’à ce que les nouveaux travaux ennemis soient présumés au niveau du rameau de droite.

Dans Unstrut 2, nous aurons probablement approché l’ennemi d’assez près dans un avenir prévisible pour qu’il faille à nouveau faire sauter la mine.

Schelde 2 sera rechargée après l’achèvement de la chambre de mine en cours de construction et restera ensuite en attente jusqu’à ce que l’ennemi s’en soit suffisamment approché.

Les plans inclinés Schelde 3 et Rhein 4 continuent d’être foncés.

Saale 3 doit provisoirement continuer à être poussée en avant, l’adversaire n’y ayant jusqu’à présent jamais été détecté malgré des écoutes minutieuses.

Si les effectifs de main-d’œuvre sont suffisants, les travaux dans le tunnel de contournement et au K.T.K. seront également menés.

Rapport de minage du 19 juillet au 3 août 1918 :

1. Activité de minage propre.

Rien n’a plus été modifié aux galeries de combat Cöln 2 et Unna 2 signalées comme chargées dans le dernier rapport. Unna 2 se trouve prête à être mise à feu, tandis qu’à Cöln 2, le bourrage n’a pas encore pu être mis en place.

Au cours de la dernière période de rapport, les galeries Unstrut 2 et Schelde 2 ont en outre été achevées pour être prêtes à être mises à feu, tandis que Rhein 3 est chargée depuis la fin du mois de juin, de sorte qu’actuellement les galeries Cöln 2, Unstrut 2, Unna 2, Schelde 2 et Rhein 3 peuvent être sautées. (voir croquis). On a jusqu’à présent renoncé à une mise à feu parce que l’ennemi ne s’était pas encore approché de suffisamment près.

Tunnel des Combres, au plan incliné Schelde 3, 1918
Tunnel des Combres, au plan incliné Schelde 3, 1918

Dans la Staffel Unna 2, on a commencé le creusement de la chambre de mine, car nous sommes assez avancés pour détruire les déblais ennemis repérés.

Dans Saale 3, à une longueur de 100 m, on a également commencé le creusement d’une chambre de mine, qui a actuellement un volume d’environ 100 m³. Il reste les deux plans inclinés Schelde 3 et Rhein 4. Tous deux, après avoir été suspendus pendant un certain temps par manque de main-d’œuvre, ont été repris et ont actuellement une longueur de 16 et 26 m respectivement.

Comme travaux annexes, seul le percement au niveau du K.T.K. vers le nouveau tunnel a été achevé ; les travaux d’élargissement et les nouveaux travaux dans le tunnel près de l’entrée 4 ont été poursuivis.

2. Activité de minage de l’ennemi.

Au cours des 14 derniers jours, on n’a presque pas entendu de tirs de mines ennemis, en revanche, pendant les pauses d’écoute, on a très souvent détecté des travaux ennemis à l’appareil d’écoute, de sorte qu’il est fort probable que l’ennemi travaille maintenant avec des haveuses et ne tire que lorsqu’il doit traverser de fortes couches de roche. Il reste cependant curieux que l’ennemi ne se soit approché nulle part assez près depuis longtemps pour pouvoir être entendu à l’oreille nue. Cela s’explique peut-être par le fait qu’il travaille actuellement principalement sur l’étage arrière, situé plus bas.

Depuis le 8 juillet, nous nous sommes à nouveau approchés de l’ennemi à Unstrut 2 au point que ses travaux sont audibles à l’appareil. Le 13 juillet, l’adversaire a également été repéré de nouveau devant Schelde 2, devant la digue à Rhein 3. En revanche, dans Saale 2, aucune activité ennemie n’a été remarquée jusqu’à présent malgré une écoute constante.

3. Nos propres intentions.

La galerie chargée Cöln 2 reste en l’état jusqu’à nouvel ordre avec un bourrage provisoire de 5 m.

Unna 2 est également chargé et ne doit pas faire l’objet d’une explosion jusqu’à ce que l’on soupçonne de nouveaux travaux ennemis sur la Staffel de droite.

À Unstrut 2, nous serons probablement assez près de l’ennemi dans un avenir prévisible pour qu’il faille à nouveau faire sauter une mine.

Schelde 2 sera chargé à nouveau après l’achèvement de la chambre de mine en cours et restera ensuite en place jusqu’à ce que l’ennemi s’en soit approché suffisamment près.

Le fonçage des plans inclinés Schelde 3 et Rhein 4 se poursuit.

Hauteur de Combres, travaux prévus, juillet 1918
Hauteur de Combres, travaux prévus, juillet 1918

Dans la Staffel Unna 2, on a commencé le creusement de la chambre de mine, car nous sommes assez avancés pour détruire les déblais ennemis repérés.

Dans Saale 3, à une longueur de 100 m, on a également commencé le creusement d’une chambre de mine, qui a actuellement un volume d’environ 100 m³. Il reste les deux plans inclinés Schelde 3 et Rhein 4. Tous deux, après avoir été suspendus pendant un certain temps par manque de main-d’œuvre, ont été repris et ont actuellement une longueur de 16 et 26 m respectivement.

Comme travaux annexes, seul le percement au niveau du K.T.K. vers le nouveau tunnel a été achevé ; les travaux d’élargissement et les nouveaux travaux dans le tunnel près de l’entrée 4 ont été poursuivis.

2. Activité de minage de l’ennemi.

Au cours des 14 derniers jours, on n’a presque pas entendu de tirs de mines ennemis, en revanche, pendant les pauses d’écoute, on a très souvent détecté des travaux ennemis à l’appareil d’écoute, de sorte qu’il est fort probable que l’ennemi travaille maintenant avec des haveuses et ne tire que lorsqu’il doit traverser de fortes couches de roche. Il reste cependant curieux que l’ennemi ne se soit approché nulle part assez près depuis longtemps pour pouvoir être entendu à l’oreille nue. Cela s’explique peut-être par le fait qu’il travaille actuellement principalement sur l’étage arrière, situé plus bas.

Hauteur de Combres, plan de travail, juillet 1918
Hauteur de Combres, plan de travail, juillet 1918

3. Nos propres intentions.

Sous peu, les galeries de combat Unna 2 Staffel et Unstrut 2 seront mises à feu.

Schelde 2 et Rhein 3 restent prêts à être mis à feu pour assurer la sécurité de leurs plans inclinés jusqu’à ce que l’ennemi soit assez près pour pouvoir être atteint avec succès ou que les plans inclinés aient progressé au point d’être endommagés par une explosion ultérieure.

Dans Saale 3, on prépare une explosion d’environ 2 500 quintaux, destinée à détruire tous les travaux ennemis devant R et S, afin de percer ensuite avec Schelde 3 et Rhein 4 jusqu’au Finger.

Unstrut 2 sera déblayée après l’explosion, le cas échéant elle doit être mise à feu en même temps que son antenne (tir en fourche), lorsque celle-ci aura progressé de 20 m de plus.

Unna 2 sera poussée plus loin avec l’approche de la chambre de mine. L’antenne ne sera pas déblayée.

Si les forces sont suffisantes, on travaillera à l’avancement dans le tunnel de contournement et aux travaux urgents de réparation du tunnel de Comber.

Août 1918.

Rapport de mine du 3 au 18 août 1918.

1. Activité de mine propre.

Rien n’a été modifié aux galeries Unstrut 2, Schelde 2 et Rhein 3 qui avaient été signalées comme prêtes à faire sauter dans le dernier rapport.

L’antenne 1 d’Unna 2 a été creusée jusqu’à 71 m, puis, en raison du rapprochement des travaux ennemis, on a commencé le tir de la chambre de mine. Le 12 août, les travaux de chargement étaient terminés. Le 15 août à 8 h 30, il a été procédé à la mise à saut d’Unna 2 et de l’antenne 1 d’Unna 2 pour parer aux travaux ennemis que l’adversaire avait entrepris depuis environ le début du mois de juillet dans le Ravin de la Mort et avec lesquels il visait manifestement une poussée de flanc contre tout notre système.

Crête des Éparges, saut d'Unna 2 et du puits d'Unna 2 le 15.08.1918, entonnoir Gayl et entonnoir Graham
Crête des Éparges, saut d’Unna 2 et du puits d’Unna 2 le 15.08.1918, entonnoir Gayl et entonnoir Graham

Au même moment, Cöln 2 a sauté afin d’empêcher l’adversaire de s’implanter davantage vers l’est.

Les 3 explosions ont été des tirs d’entonnoirs et se sont déroulées conformément aux prévisions. Comme on a pu l’observer depuis la plaine, les déblais projetés par les deux entonnoirs des galeries d’Unna ont dévalé la pente dans le Ravin de la Mort et ont presque entièrement enseveli l’entrée de la galerie française nettement visible avant les explosions. Le but défensif des explosions est ainsi pleinement atteint.

Mais en même temps, la pente dans le Ravin de la Mort est désormais tellement abaissée par ces 3 explosions qu’une nouvelle attaque de mine de flanc de l’adversaire depuis le Ravin de la Mort est exclue de toute probabilité, ce qui constitue ainsi un nouveau pas en avant.

Crête des Éparges, saut de Cöln 2 le 15.08.1918
Crête des Éparges, saut de Cöln 2 le 15.08.1918

Parmi les autres galeries, l’antenne 1 d’Unstrut 2 a été poussée avec toutes les forces afin d’être mise à feu en même temps qu’Unstrut 2. Cependant, les travaux ennemis, que l’on peut entendre de plus en plus clairement chaque jour (en avant de l’antenne), se rapprochent si rapidement qu’on ne peut espérer devancer l’adversaire par une mise à feu simultanée d’Unstrut 2, qui est pourtant prête. Une décision du groupe a été demandée. C’est pourquoi on n’effectue actuellement plus que des travaux de feinte dans l’antenne, jusqu’à ce que les travaux ennemis soient neutralisés par une explosion d’Unstrut 2.

Schelde 3 n’a progressé que faiblement, car il ne pouvait guère être occupé par manque d’hommes.

Dans Saale 3, la chambre de mine a été achevée le 17 août, elle a un volume de 220 m³.

Rhein 4 a progressé de manière assez régulière, bien que les travaux aient été très entravés par un fort afflux d’eau inattendu.

En ce qui concerne les travaux de tunnel, la nouvelle réfection à l’entrée 4 a été poursuivie. Le contournement entre la sortie 2 et S n’a pu être que très peu occupé par manque d’effectifs.

2. Activité de mine de l’ennemi.

L’activité ennemie a été assez intense pendant la période indiquée. Les travaux ennemis se sont à nouveau caractérisés cette fois-ci par le fait que l’adversaire n’a presque pas eu recours au procédé de tir, mais a apparemment utilisé à grande échelle des machines à saigner.

Crête des Éparges, explosions réalisées 1916 - 1918
Crête des Éparges, explosions réalisées 1916 – 1918

L’ennemi s’est concentré principalement sur notre aile droite. Devant les galeries d’Unna, il a été extrêmement actif jusqu’aux explosions du 15 août. Il a également été souvent entendu devant Unstrut 2. Devant Unstrut 2 Staffel 1, l’activité ennemie a pu être constatée quotidiennement.

Vers la fin de la période de rapport, le Français s’était déjà approché ici à tel point que l’on pouvait entendre clairement au moyen de l’appareil d’écoute le roulement des wagonnets de mine. Selon toute vraisemblance, il s’agit du travail dirigé contre Unstrut 2 et dont l’explosion du 5 juin de cette année a coûté 8 hommes à la b. M.K. 5.

Crête des Éparges, Finger-Stellung, 1940
Crête des Éparges, Finger-Stellung, 1940

Comme Unstrut 2 lui-même est chargé et bourré, il est bien entendu impossible d’observer l’ennemi aussi bien et en toute sécurité depuis cet endroit.

Devant notre aile gauche, l’ennemi a été moins actif, mais il a été constaté à plusieurs reprises devant Rhein 3, Saale 3 et Schelde 2.

Maintenant que le choc de flanquement de l’ennemi contre notre système a été définitivement mis en échec par les explosions du 15 août, il faut s’attendre à une activité renforcée de sa part devant le reste de notre front, et le Français va probablement y progresser avec un nouvel échelon, selon toute vraisemblance plus profond. En effet, comme l’ont montré les observations depuis la plaine, l’ennemi semble actuellement occupé à la création d’un échelon arrière, un fait sur lequel nos résultats d’écoute en juin attiraient déjà l’attention (rapport de minage du 3 au 18 juin 1918).

Au centre de nos plans se trouve actuellement la forte explosion de Saale 3 de la P.M.K. 330, qui sera la plus grande de toutes celles exécutées par nous et l’une des plus grandes jamais réalisées dans la lutte des mines (2 500 quintaux). Elle doit détruire les travaux ennemis devant Rhein-Schacht, Saale-Schacht et Schelde-Schacht. Les préparatifs de cette explosion sont d’une envergure considérable et prendront au moins le reste du mois, mais dureront probablement encore plus longtemps.

Rhein 4 et Schelde 3 continuent d’être creusés jusqu’à la profondeur souhaitée de 20 m, pour être poussés vers le Finger après l’explosion de Saale 3.

Crête des Éparges, au total 135 explosions de 1915 à 1918
Crête des Éparges, au total 135 explosions de 1915 à 1918

Les charges dans Rhein 3 et Schelde 2 continuent de rester en place pour la protection des travaux de creusement dans Rhein 4 et Schelde 3. Unstrut 2 doit être fait sauter dès que le travail ennemi qui s’approche pourra être efficacement intercepté.

Unstrut 2 Staffel 1 est ajourné jusqu’à l’explosion d’Unstrut 2, étant donné que, comme exposé précédemment, une explosion efficace dans la Staffel ne peut être effectuée compte tenu de la situation tactique, mais que d’autre part l’explosion d’Unstrut 2 dirigée contre le travail ennemi enfoncera sans aucun doute la pointe de la Staffel, ce qui rend naturellement illusoire toute poursuite du creusement de la Staffel jusqu’à l’explosion d’Unstrut 2. Après l’explosion d’Unstrut 2, le creusement de la Staffel devra alors être repris avec toutes les forces.

Unna 2 est remis en état à nouveau et dévié un peu vers la gauche, pour servir de sûreté de flanc droite pour Unstrut 2. Unna 2 Staffel 1 n’est pas remis en état, le but de la Staffel étant rempli.

Crête des Éparges, entonnoir Graevenitz, 1918
Crête des Éparges, entonnoir Graevenitz, 1918
Crête des Éparges,
Hauteur de Combres, « Le mineur dans la guerre », rapport du pionnier Ahrens, PMK 330, été 1918
Hauteur de Combres, « Le mineur dans la guerre », rapport du pionnier Ahrens, PMK 330, été 1918

Cöln 2 est provisoirement mis en attente.

En ce qui concerne les travaux de tunnel, la poursuite de l’aménagement entre les entrées 4 et 5 ainsi que l’achèvement du contournement entre la sortie 2 et S sont prévus.

À partir du puits Unna, il est prévu de creuser un montage dans le but d’assurer une meilleure aération, qui débouchera à proximité de la tranchée de combat 1.

De plus, il a été confié au bataillon la construction d’une série de salles des machines avec des galeries de logement attenantes pour le 18e détachement de courants forts.

La détermination plus précise de l’emplacement et de l’aménagement de ces ouvrages nécessite encore un accord plus précis avec le détachement de courants forts, lequel a été entamé.

Rapport de mine du 18 août au 3 septembre 1918.

1. Activité de mine propre.

Rien n’a été modifié aux charges déjà prêtes de Unstrut 2, Schelde 2 et Rhein 3. Le point central de toute notre activité a consisté dans les travaux de chargement à Saale 3. À cette fin, tous les hommes disponibles des 3 autres compagnies ont été mis à la disposition de la P.M.K. 330. Il a ainsi été possible d’obtenir que, dès le 2 septembre, toute la charge de 2 500 Ztr. soit mise en place — une très grande partie de la charge se compose de mines moyennes et lourdes, par ailleurs inutilisables autrement — et que 48 m soient bourrés. En raison de cette concentration sur Saale 3, les autres travaux ont été quelque peu mis en retrait.

Unna 2 a continué à être déblayé et la galerie a été déviée vers la gauche à 170 m, de nouveaux travaux de déblaiement s’étant avérés inopportuns.

Contrairement à nos intentions antérieures, Unstrut 2 échelon 1 a été de nouveau poussé de l’avant, car d’après les derniers résultats d’écoute, le travail ennemi se trouve encore plus éloigné qu’on ne devait initialement le supposer.

Schelde 3 a été suspendu pendant la période du rapport en raison d’un manque de personnel.

Rhein 3 a bien progressé. Son plan incliné a été foncé jusqu’à la profondeur prévue, malgré des venues d’eau souvent à peine maîtrisables.

Le montage amorcé au puits Unna dans le but d’assurer une meilleure aération a bien progressé.

Dans le tunnel, le nouvel aménagement aux entrées 4 et 5 a été poursuivi. Le contournement entre la sortie 2 et S a été interrompu pendant la période du rapport.

La construction de l’escalier de combat entre U1 et U2 a été reprise et approche de son achèvement.

2. Activité de mine ennemie.

L’activité ennemie a été peu active. Elle s’est principalement concentrée sur Unstrut 2 échelon 1. Cependant, d’après les derniers résultats d’écoute, l’ennemi semble tout de même se trouver plus éloigné qu’il n’était probable d’après les premiers rapports d’écoute. Devant Unna 2, l’ennemi n’a plus été détecté, ce qui indique que nos sautages du 15 août ont eu l’effet escompté.

3. Intentions propres.

L’intention est de faire sauter Saale 3 le plus tôt possible pour aérer les autres galeries, mais il s’écoulera vraisemblablement encore un certain temps avant le sautage, car un sautage d’une telle puissance nécessite naturellement des mesures de précaution et de sécurité élaborées avec précision.

Hauteur de Combres, cimetière français et entrées de galerie dans le secteur « Trottoir », 1918
Hauteur de Combres, cimetière français et entrées de galerie dans le secteur « Trottoir », 1918

Unna 2 continue d’être prolongé.

La charge dans Unstrut 2 reste provisoirement en attente, car en raison de la modification de la situation tactique devant les galeries Unstrut, le sautage conjoint de Unstrut 2 et de l’échelon pourra finalement être rendu possible.

Unstrut 2 échelon 1 est prolongé jusqu’à ce que la situation tactique rende un sautage nécessaire.

Schelde 3 doit être poursuivi en fonçage dès que, après le sautage de Saale 3, des hommes seront de nouveau disponibles.

Crête des Éparges, Ravin de la Mort, 1918
Crête des Éparges, Ravin de la Mort, 1918

La charge dans Schelde 2 demeure également en place pour la protection des travaux de fonçage dans Schelde 3.

Dans Rhein 4, le pied du plan incliné (Bremsberg) doit être aménagé à plus grande échelle comme recette et doté d’installations suffisantes pour l’exhaure, puis la galerie sera poursuivie à l’horizontale dans la même direction.

La charge dans Rhein 3 sert également à l’avenir de charge de protection.

Le creusement de la voie montante au puits Unna-Schacht doit être activement poussé afin d’obtenir le plus rapidement possible une meilleure ventilation.

Dans quelle mesure les travaux de tunnel peuvent être dotés en personnel est une question de personnel.

Certes, après la mise à feu de Saale 3, des hommes seront à nouveau disponibles, mais le retrait de 2 compagnies à des fins d’instruction imposera une répartition du travail qui permettra d’entretenir en tout premier lieu uniquement les galeries de combat.

Sont envisagés la poursuite du nouvel aménagement du tunnel près de l’entrée Eingang 4, la poursuite du creusement du contournement entre la sortie Ausgang 2 et S, ainsi que l’achèvement de l’escalier de combat entre U1 et U2.

Crête des Éparges, note : galeries prêtes à l'explosion le 12 septembre 1918
Crête des Éparges, note : galeries prêtes à l’explosion le 12 septembre 1918

Les locaux pour la section de courant fort ne pourront être entrepris qu’au milieu du mois.

En septembre 1918 prennent fin les notes chronologiques ainsi que la guerre des mines à Combres.

Dans la nuit du 12 septembre 1918 commença l’offensive alliée sur le Saillant de Saint-Mihiel. Conformément aux ordres, le bataillon Karau quitta l’installation de guerre des mines sur la Crête des Éparges et prit vers 7 h 00 du matin sa position d’alerte sur la Herbeuville-Höhe. Dans la soirée du 12 septembre 1918, le bataillon Karau entama sa retraite, d’abord comme disponibilité vers Hannonville s.l. Côtes, puis dans la soirée du 13 septembre 1918 vers Pareid derrière la Michel-Stellung.

Sur la base des notes consignées dans les journaux de marche de la 13. Landwehr-Division (13e division de Landwehr), en particulier du LIR 60 (60e régiment d’infanterie de Landwehr), qui, avec le LIR 15 (15e régiment d’infanterie de Landwehr), maintint d’abord les positions à Combres malgré une supériorité française massive, il faut partir du principe que les quatre charges explosives mentionnées dans le rapport dans les galeries Saale 3, Unstrut 2, Schelde 2 et Rhein 3 se trouvent encore aujourd’hui profondément enfouies dans la montagne de la Crête des Éparges.

La charge explosive dans la galerie Saale 3 est, avec 125 tonnes (2 500 Zentner), la plus grande de loin de la Première Guerre mondiale.

Crête des Éparges, faire-part de décès du 13 octobre 1918 pour le Lt.d.R. Erich Bodesohn, PMK 329, tué le 12 septembre 1918, aujourd'hui KGS Troyon
Crête des Éparges, faire-part de décès du 13 octobre 1918 pour le Lt.d.R. Erich Bodesohn, PMK 329, tué le 12 septembre 1918, aujourd’hui KGS Troyon