Argonne – IIe ligne d’Argonne
en raison de faits récents (juillet 2026) :
En raison d’une attaque de scolytes (Borkenkäfer) et de la sécheresse de ces dernières années, une grande partie de la forêt de conifères plantée dans les années 1960 dans la zone du sud de la forêt de la Gruerie est morte et sera bientôt entièrement éliminée. Il est prévu de procéder à un reboisement avec des essences d’arbres mieux adaptées aux conditions climatiques actuelles. Les photos contenues dans l’article montrent l’état encore intact de la forêt jusqu’en 2018. Elles sont conservées à des fins de documentation.

Au nord de la route de Varennes (D 38) se trouvent les restes d’une position de repli allemande, la soi-disant IIe ligne d’Argonne. On y trouve des sections de tranchées bien conservées, des restes de réseaux de barbelés, de grandes galeries, des abris ainsi que divers aménagements en béton pour mitrailleuses et Minenwerfer (lance-mines).


Le secteur central de l’Argonne était passé en août 1917 sous la responsabilité de la württembergischen 2. Landwehr-Division (2e division de Landwehr du Wurtemberg), qu’elle devait tenir avec les Landwehr-Regimentern 120, 122 und 125 jusqu’à la fin des combats d’Argonne en octobre 1918. Progressivement, la conviction s’imposa du côté allemand que, si les moyens de la guerre de mines en Argonne permettaient de fixer des troupes ennemies dans une mesure non négligeable, ils consumaient également des ressources propres dans une proportion inacceptable et ne permettaient d’atteindre aucun succès tactique notable. La supériorité du côté français en artillerie, en munitions, en troupes et en tous les approvisionnements était écrasante. On décida donc de préparer l’arrêt de la guerre de mines et l’on commença à planifier plusieurs positions de repli afin de permettre une organisation en profondeur des unités et une conduite de la guerre plus élastique.
Entre autres, les unités de la Landwehr commencèrent la construction de la II. Argonnen-Linie. Celle-ci devait partir de Varennes-en-Argonne à l’est, passer d’abord juste au nord de la route de Varennes, puis rejoindre par la zone du Mortier-Tal et de la Hubertus-Höhe les secteurs de position des West-Argonnen situés au nord de la Harazée et de Vienne-le-Château.
Les planifications pour la nouvelle position furent menées avec la plus grande méticulosité. Des esquisses, des plans et des cartes de position furent confectionnés, dont une grande partie est conservée aux Hauptstaatsarchiv Stuttgart. Cependant, ces planifications détaillées ne parvinrent pas à masquer le fait qu’à la fin de la troisième année de guerre, le côté allemand manquait déjà de tout ce qui aurait été nécessaire pour l’aménagement approprié d’une telle ligne de défense selon des standards militaires modernes : matériaux de construction, ciment, armement en mitrailleuses et Minenwerfer (lance-mines). Mais avant tout, le personnel qualifié et formé pour de tels travaux de construction faisait défaut.
Ainsi, les travaux de construction débutèrent plutôt lentement vers septembre 1917. Il était prévu plusieurs abris-cavernes profonds pouvant accueillir jusqu’à 150 soldats. Ceux-ci ainsi que la tranchée avant furent en grande partie achevés. Quant aux secteurs de position s’étendant vers l’arrière, la mise en pratique à partir des plans ne réussit toutefois le plus souvent que sous la forme d’un tracé plat ou d’un tracé effectué à la chaux sur le sol de la forêt.
En février 1918, la guerre des mines fut complètement arrêtée. L’ancienne ligne avant fut allégée et céda la place à une ligne d’avant-postes où ne restaient que quelques points d’appui isolés, dont les garnisons devaient se replier immédiatement en cas d’attaque ennemie. Le dispositif de la guerre des mines fut pourvu de réseaux de barbelés, partiellement fait sauter et abandonné à la nappe phréatique montante. La ligne principale de résistance fut repliée dans l’ancienne troisième tranchée, c’est-à-dire la position que les Allemands avaient tenue en juillet 1915. Dans cet état, le front se figea jusqu’en septembre 1918 et il n’y eut plus que des actions isolées sans importance stratégique notable.















Le matin du 26 septembre 1918 débuta l’offensive Meuse-Argonne des troupes franco-américaines. Vers 5 h 30, des unités de la 77th US Infantry Division pénétrèrent profondément dans le système de positions allemand après un intense feu de préparation d’artillerie. À l’est de là, dans la vallée de l’Aire, la 28th US Infantry Division attaqua les positions de la 1. Garde-Division (1re division de la Garde). Les régiments de la Garde venaient tout juste d’être retirés des durs combats du Chemin des Dames et ne représentaient plus qu’une fraction de leur effectif réel. À l’ouest de l’Argonne, des unités françaises de la 4e armée se tenaient prêtes à attaquer la 9. Landwehr-Division (9e division de Landwehr) et la 76. Reserve-Division (76e division de réserve) allemandes. Jusqu’au soir du 26 septembre, l’ensemble du système de positions allemand de première ligne en Argonne centrale avait été enfoncé jusqu’à la Varenner Straße.
À partir du 27 septembre 1918, les unités américaines étendirent leur avance à l’est de la crête principale de l’Argonne contre la 1. Garde-Division. Les unités de la Garde n’étaient plus en mesure d’assurer une défense. La 2. Landwehr-Division (2e division de Landwehr) fut menacée sur son flanc par la progression rapide des Américains. Certes, la II. Argonnen-Linie put encore être tenue pendant toute la journée du 27 septembre 1918. Le soir venu, l’ordre de retraite fut cependant donné. Fin octobre 1918, le front avait été déplacé hors de la forêt d’Argonne. La supériorité ennemie était écrasante et une défense durable n’était plus possible pour les Allemands.















On trouve encore aujourd’hui à certains endroits des vestiges évocateurs du système de positions allemand au nord de la route de Varennes. En partant du parking situé immédiatement à l’embranchement de la D 38 vers le camp romain (Abris du Kronprinz) débute un sentier de découverte de la nature (Arboretum de Varennes-en-Argonne) qui englobe les parties orientales du système de positions, ainsi que les entrées impressionnantes de l’abri-caverne IV. On peut par ailleurs suivre sur de grandes distances la tranchée de première ligne de la position à partir de divers points de départ le long de la route de Varennes (D 38) tout en y associant les différents points d’appui et abris-cavernes.




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